ÉNERGIE ET LINKY

Publié le par Résistance verte

 

C'est aller vite que de dire que la France est massivement importatrice d'électricité. La balance annuelle exportatrice est excédentaire aussi bien pour la France que pour l'Allemagne. Les deux sont les plus gros producteurs européens (environ 550 et 600 TWh par an sur un total de 3000 TWh). Les abonnés domestiques ne consomment que 37% de la production mais l'industrie et les services tournent et consomment aussi bien le jour que la nuit. En l’absence de soleil, le nucléaire français fournit l'industrie lourde (Ruhr) et quand le soleil donne, il vient refroidir les grands bureaux français mais aussi les supermarchés et le Steel (0,1% d'abonnés consomment 40% !).

Quant au gaz, il existe des capacités de stockage en souterrain et en réseau assez énormes en France (près d'une année de consommation. L'angoisse "ukrainienne" actuelle sur le gaz est celle des spéculateurs qui se sont acoquinés avec Gazprom). Depuis quelques décennies, ces capacités de stockage sont alternativement remplies et vidées au gré des prix de marché et des besoins. Les besoins en gaz concernent aussi la production électrique, l'Allemagne est championne en ce domaine. Les arrangements franco-allemands ne manquent pas. Pour l'Europe entière nous dit-on, c'est à tel point que les deux compères n'ont pas hésité à faire passer le nucléaire et le gaz sous le statut européen d'énergie renouvelable, ce qui libère pas mal de subventions publiques pour ces "énergies" dont la vocation est surtout capitaliste.

Une autre chose à propos de cet article, ce n'est pas la liberté qui est la plus menacée mais l'égalité. Rogner sur l'égalité d'accès à la ressource rapporte beaucoup au capital, prive le plus grand nombre et détruit les ressources. Dès le début, le système électrique est une manne capitaliste, c'est la distanciation par excellence : on ne sait pas d'où ça vient et où ça va, c'est impalpable et donc intangible, plus c'est centralisé et plus c'est tyrannique. Dans ce contexte, il n'est même plus question de parler d'égalité d'accès à la gestion, elle fout le camp à bon train !

Avec un Linky, il est clair dès le début qu'on s'apprête à signer de bonnes franchises avec les bons clients du capital et des octrois abusifs et nombreux pour tout le reste. Un énorme progrès aura été fait depuis le moyen-âge, la centralisation électrique centralise toutes les taxes et privilèges dépendant de l'électricité (ce qui vaut pour la puissance comme pour la communication). En France, il n'y aura bientôt qu'un poste de pilotage du réseau THT à Paris, tous les relevés Linky et bien d'autres arriveront là-bas pour être moulinés en numérique. C'est tellement bien au point qu'à minuit le pilote peut couper d'un coup tous les abonnés, il le fait déjà pour les impayés et les fins de contrat, reste alors 1,25KVA (et non 1kVA) là où il y a un Linky, ailleurs, il n'y a pas de coupure sans intervention d'agent (en général bien peu zélés).

La pénurie pour les pauvres et les ors pour quelques-uns ? Mais c'est ce qu'on appelle lutte des classes camarades. Oui, les potentialités du Linky (et bien des techniques en général) sont totalitaires, tout dépend de qui a pouvoir sur les bidules.

PP

PS : A l'attention des libéraux bien franchisés, je signale que le Linky est équipés de canaux de communication encore inusités. Grâce à eux, on pourra aussi collecter une taxe sur les véhicules électriques en remplacement de celle du gas-oil.

 

 

Publié dans Contrôle numérique

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