CENTRALE NUCLÉAIRE BOMBARDÉE

Publié le par Résistance verte

 

Bombardement et incendie à la centrale de Zaporijjia : l'inquiétude grandit

La centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine est l'une des plus puissantes d'Europe avec six réacteurs nucléaires de 950 MWe.Dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mars 2022, un incendie s'est déclaré après des bombardements sur le site.

Selon le site internet de l’organisme d’inspection de la sûreté nucléaire ukrainienne, le SNRIU, la centrale a subi un bombardement vers 1h du matin. Ce bombardement a provoqué un incendie qui a endommagé un bâtiment auxiliaire du réacteur numéro 1. Il aurait été éteint vers 6h20 ce matin. Les forces militaires russes occupent la centrale mais d’après le SNRIU, les fonctions de sûreté nucléaire ne seraient pas atteintes et la radioactivité dans l'air autour de la centrale serait normale.

Le service balises de la CRIIRAD surveille la situation ukrainienne depuis le 24 février de façon extrêmement régulière. Il avait accès il y a encore peu de temps aux résultats en direct des capteurs qui mesurent la radioactivité autour de la centrale de Zaporijia mais ce n'est plus le cas ce matin. Il est impossible d'accéder aux résultats et l’on doit s’en tenir aux informations officielles transmises par le SNRIU.

Seul le réacteur n°4 fonctionne mais à puissance réduite (690 MWe). Les 5 autres réacteurs sont actuellement déconnectés du réseau. La situation de la centrale reste extrêmement préoccupante. Qu’il soit en fonctionnement ou à l'arrêt, chaque réacteur nucléaire est doté d’un cœur constitué de combustible hautement radioactif. Du combustible irradié est également en désactivation dans les piscines de refroidissement. L’absence de ressources électriques permettant de faire fonctionner les pompes, ou de système de puisage d'eau dans le Dniepr (soit du fait de bombardements, soit parce que les personnels d'exploitation ne pourraient plus accéder au site) pourrait conduire à une situation catastrophique du fait de la perte des fonctions de refroidissement.

Cette situation doit absolument être stoppée, compte tenu des risques radiologiques encourus pour l’Ukraine, les pays voisins ainsi que l’Europe entière.

Réflexions à propos des déclarations de l’AIEA sur la situation en Ukraine

L’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a été créée en 1957 avec une double mission (largement contradictoire) : promouvoir le nucléaire civil et contrôler (dans la mesure de ses moyens) le nucléaire militaire.

Depuis le 24 février, elle publie un communiqué quotidien sur la situation en Ukraine. Dans ces communiqués, qui font état des informations que lui communique l’organisme d’inspection de la sûreté nucléaire ukrainien (SNIUR), l’AIEA n’en finit pas de dire sa « vive préoccupation », sa « préoccupation croissante » et d’appeler à la retenue : « La sûreté et la sécurité des installations nucléaires, ainsi que des matières nucléaires et autres matières radioactives (…) ne doivent en aucun cas être mises en danger ». La réitération des mises en garde sonne comme autant d’aveux d’impuissance.
 
Dans sa déclaration du mercredi 2 mars, à l’occasion de la réunion d’urgence du conseil des gouverneurs de l’AIEA, son directeur général, M. Mariano Grossi a rendu hommage aux personnes qui continuent de travailler au maintien de la sûreté nucléaire dans « les circonstances extraordinaires d'un conflit armé entraînant des défis et des dangers croissants ».

Il est clair que les installations fonctionnent actuellement en mode dégradé, à des niveaux différents selon leur situation. Comme nous l'évoquions précédemment, la Russie a annoncé qu’elle avait pris le contrôle du territoire qui entoure la centrale de Zaporijjia, l’une des plus puissantes d’Europe avec 6 réacteurs de 950 MWe (juste devant Gravelines).

Le directeur de l’AIEA a rappelé les fonctions qui devaient impérativement être maintenues et sécurisée : en tout premier lieu l'intégrité physique des installations : réacteurs, piscines de combustible nucléaire, entrepôts de déchets radioactifs (elle est évidemment menacée car si l’on peut raisonnablement penser que les centrales nucléaires ne seront pas délibérément bombardées, en situation de guerre rien n’est complètement maîtrisé). Ensuite l’alimentation électrique à partir du réseau (l’une des deux lignes de transmission qui alimente le site de Tchernobyl a été perdue dans la nuit du 2 au 3 mars) et l’AIEA oublie l’approvisionnement indispensable en eau de refroidissement, absolument indispensable que les réacteurs soient en fonctionnement ou arrêtés). Sans compter les chaînes d'approvisionnement logistiques (il faut notamment être en mesure de réaliser toutes les réparations urgentes). Il faut également que tous les systèmes et équipements de sûreté et de sécurité soient, en permanence, pleinement opérationnels. Tout comme le personnel qui doit pouvoir se reposer, se concentrer sur son travail et, pour reprendre les termes de l’AIEA, « prendre des décisions sans pression excessive » (à l’ancienne centrale de Tchernobyl, sous contrôle russe depuis une semaine, le personnel est toujours en poste, soumis à une pression psychologique intense et « moralement épuisé »). Cf. appel des autorités ukrainiennes à l’AIEA.
 
Comment garantir toutes ces exigences de sûreté au beau milieu d’une guerre ? La situation est inédite et les enjeux colossaux. On peine à imaginer la catastrophe que constituerait un rejet massif de radioactivité qui viendrait s’ajouter à l’horreur de la guerre. L’AIEA a beau souligner qu’il est indispensable de maintenir « des mesures de préparation et de réponse aux situations d'urgence », son appel relève plus de l’incantation que du réalisme.

Dans un tel contexte, la conclusion de l’AIEA va de soi : « La meilleure action pour assurer la sûreté et la sécurité des installations nucléaires de l'Ukraine et de sa population serait que ce conflit armé prenne fin maintenant. » Malheureusement, ce n’est qu’un vœu pieu. L’AIEA est totalement démunie. Et l’on ne peut que regretter qu’elle n’intègre pas cette problématique à ses réflexions lorsqu’elle œuvre, conformément à ses statuts, pour « encourager et faciliter, dans le monde entier, le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques ».

http://balises.criirad.org/actu_guerre_Ukraine_2022.html

Dans la nuit de jeudi 3 à vendredi 4 mars, la plus importante centrale nucléaire ukrainienne, la centrale de Zaporijjia, a été visée par des tirs. Premier point sur la situation avec Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la CRIIRAD. La CRIIRAD continuera de suivre la situation et de vous tenir informer.
https://youtu.be/73gP53QBiVU

 

 
UNE CENTRALE EN FEU ET NOUS AU MILIEU
 
Cette nuit, vers une heure du matin, un incendie s'est déclaré dans la plus grosse centrale nucléaire d'Europe, en Ukraine.
 
Pendant la nuit, des combats intenses ont eu lieu sur le site nucléaire ayant conduit à l'incendie d'un bâtiment administratif. La centrale est un point stratégique pour les russes qui ont réussi à en prendre le contrôle. Le président ukrainien dénonce la «terreur nucléaire» que veut mettre en place Poutine.
Pour l'heure, les gouvernements annoncent qu'il n'y a pas de fuite radioactive, que l'incendie est maîtrisé et que le danger radioactif a été évité. Mais le risque nucléaire est plus que jamais présent en Europe.
 
L'Ukraine est un des pays les plus nucléarisé d'Europe, le 8 ème au monde.
Le pays compte 4 centrales et 15 reacteurs :
- Zaporizhzhya (la centrale incendiée) comporte 6 réacteurs, située dans le sud-est du pays et dotée d’une puissance cumulée de 5 700 MW. C'est la centrale la plus importante d'Europe.
- Rovno (4 réacteurs), dans le nord-ouest du pays, d’une puissance cumulée de 2 657 MW.
- South Ukraine (3 réacteurs) dans le sud-ouest du pays, d’une puissance cumulée de 2 850 MW.
- Khmelnitski (2 réacteurs), dans l’ouest du pays, d’une puissance cumulée de 1 900 MW.
 
Dans la guerre en cours, les centrales nucléaires sont donc des enjeux stratégiques pour contrôler le pays et le rendre dépendant énergétiquement de la Russie.
 
Dès les premiers jours du conflit, d'important combats avaient lieu à Tchernobyl, au nord de Kiev, pour prendre le contrôle de la centrale, désormais sous contrôle russe.
Le but de l'armée russe était aussi bien de prendre une zone stratégique que de réveiller un traumatisme, et en effet les combats ont terrorisé la population.
 
Cette nuit donc, des combats ont eu lieu sur la zone de la centrale de Zaporizhzhya pour son contrôle, ces combats ont provoqué un incendie menaçant de provoquer une fuite ou une explosion de la centrale. Bien que le dangers ait été - cette fois - écarté, Un incident dans la centrale de Zaporizhzhia, c'est l'équivalent de 10 Tchernobyl d'un seul coup.
Un expert explique : « une guerre de haute intensité se déroule dans un pays possédant de multiples réacteurs nucléaires et des milliers de tonnes de combustible usé hautement radioactif. Les manœuvres militaires autour de la centrale de Zaporizhzhia accroissent le risque d’un accident grave. Tant que cette guerre continue, la menace militaire sur les centrales nucléaires ukrainiennes demeurera. »
 
Suite à cet événement, le président ukrainien accuse Poutine de vouloir provoquer un nouveau Tchernobyl. Pour autant, Poutine n'a aucun intérêt à faire exploser une centrale aussi proche de sa frontière.
Par contre, Poutine veut en effet prendre le contrôle des centrales du pays, et pour cela il n'hésite pas à exposer ces dernières aux risques des combats, des tirs et des bombardements au mépris total du risque de désastre nucléaire.
 
Nous devons comprendre que le risque nucléaire n'a jamais été aussi élevé. L'arme nucléaire, ce ne sont pas seulement les ogives. Elle est partout, sur nos sols, exposés aux rationalités dévastatrices des meneurs de guerre.
 

 

 
UKRAINE
LA PLUS GRANDE CENTRALE NUCLÉAIRE D'EUROPE EN FEU
 
Au milieu de la nuit, un incendie s'est déclaré sur le site de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, au sud de l'Ukraine. L'endroit était la cible d'intenses combats entre les troupes russes et les troupes ukrainiennes. Un obus a mis le feu dans cette centrale qui compte six réacteurs et six piscines de refroidissement contenant des centaines de tonnes de combustible usé hautement radioactif. Cette immense structure nucléaire, la plus grande d'Europe, produisait 19% de l’électricité de l’Ukraine en 2020.
 
Selon les dernières informations, l'incendie n'aurait touché qu'un bâtiment administratif, et n'aurait pas causé de dommages irréparables. Les pompiers ont pu maîtriser les flammes, après s'être fait dans un premier temps tirer dessus par des soldats. Mais rendez-vous compte : des explosifs tirés au milieu d'une centrale. Une munition qui allume un incendie à quelques dizaines de mètres de réacteurs nucléaires !
 
Et tout cela, quelques jours seulement après d'autres combats sur le site de Tchernobyl, hautement irradié, et toujours en maintenance constante pour surveiller le « sarcophage » au dessus du réacteur qui a explosé en 1986. Les militaires n'ont pas peur de tirer au milieu des industries les plus dangereuses jamais construites par l'humanité. La folie militariste nous mène au pire.
 
Différents organismes, notamment Greenpeace, tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs jours, estimant que «la sécurité des centrales nucléaires et notamment celle de Zaporizhzhia est sévèrement compromise par la guerre». L'organisation ajoute : «alors que le réseau électrique est actuellement perturbé dans le pays, la stabilité des réacteurs et des piscines de stockage des combustibles usés est dépendante du bon fonctionnement des systèmes de refroidissement électriques. À cela, s’ajoute le risque d’accidents graves dans les unités opérationnelles, dus à des attaques directes, à un problème sur les générateurs diesels d’urgence de refroidissement en cas de panne électrique, à des problèmes de personnel et à des problèmes techniques, ou à une combinaison de ces éléments. Les conséquences de ce conflit pourraient être désastreuses, bien au-delà de l’impact de la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011.»
 
Un incident dans la centrale de Zaporizhzhia, c'est l'équivalent de 10 Tchernobyl d'un seul coup.
Un expert explique : « une guerre de haute intensité se déroule dans un pays possédant de multiples réacteurs nucléaires et des milliers de tonnes de combustible usé hautement radioactif. Les manœuvres militaires autour de la centrale de Zaporizhzhia accroissent le risque d’un accident grave. Tant que cette guerre continue, la menace militaire sur les centrales nucléaires ukrainiennes demeurera. » Ce vendredi matin, les capteurs de radioactivité de la zone de Tchernobyl et de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia semblaient hors service signale le réseau Sortir du nucléaire. Pour le moment, d'autres capteurs ne montrent pas de radioactivité anormale.
 
Le nucléaire représente un danger absolu, et encore davantage en période de tensions géopolitiques. Comme la France, l'Ukraine est un pays fortement nucléarisé. Et si demain, par malheur, un conflit éclatait sur notre sol ? Les centrales et leurs déchets doivent être surveillés et refroidis pendant des années, et continuent d'être dangereux pendant des dizaines de milliers d'années. Qui peut prétendre certifier qu'aucune tension n'aura lieu à proximité des centrales françaises qui se trouvent sur tout le territoire, ne serait-ce que dans les 50 ans qui viennent ? Alors que Macron et plusieurs candidats à la présidentielles veulent intensifier la production nucléaire en France, le conflit ukrainien nous rappelle trois évidences pour la sauvegarde pure et simple de l'humanité :
 
Stopper la guerre au plus vite
 
Démilitariser les États au plus vite
 
Sortir du nucléaire au plus vite
 
Tout le reste n'est que folie.

Publié dans Nucléaire

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