SAUVER LES ANTIBIOS !

Publié le par Résistance verte

 

Aujourd'hui la résistance aux antibiotiques des bactéries est considérée par l’Organisation mondiale de la Santé comme « l'une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale » ...  
 
La faute à la consommation abusive d’antibiotiques, par les humains bien sûr… mais aussi et surtout par leur utilisation insensée dans les élevages agricoles intensifs.
 
En France, 780 tonnes d’antibiotiques sont données chaque année aux animaux d’élevage… et nous les retrouvons dans notre assiette, sans nous en rendre compte. Cette consommation répétée d'antibiotiques est le meilleur moyen de créer des bactéries ultra-résistantes !
 
Et ce nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques explose :
• L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) annonce 10 000 000 de décès dus à la résistance aux antibiotiques !
• Il est même prévu 1 000 000 de morts d'ici 2025 !
• Et déjà aujourd'hui en France, on estime que plus de 12 000 décès sont provoqués par les infections contractées en milieu hospitalier dues à des super-bactéries !

L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a déclaré que : "La résistance aux antibiotiques atteint des niveaux dangereusement élevés dans toutes les régions du monde... Sans une action urgente, nous nous dirigeons vers une ère post-antibiotique, dans laquelle les infections courantes et les blessures mineures peuvent à nouveau tuer."

L’utilisation massive des antibiotiques dans les élevages réduit de plus en plus nos chances de les garder efficaces pour l’être humain. Pour sauver nos antibiotiques, il est urgent de changer nos modes d’élevage et d’en finir avec l’élevage industriel.

En 2016, l’ANSES recommandait une réduction de 50% de l’utilisation de la colistine sur 3 ans. Pourtant, avec ces niveaux, on reste à un usage vétérinaire 50 fois supérieur à l’usage humain. Il faudrait tout simplement en interdire l’usage en élevage, comme le font la Finlande, l’Islande et la Norvège, qui conservent malgré tout un usage limité d’autres antibiotiques.

CIWF demande à la France de :
• ne plus autoriser le traitement prophylactique et métaphylactique de masse de groupes d’animaux, malades comme en bonne santé, via l’alimentation ou l’eau ;
• garantir qu’aucun antibiotique « critique », incluant la colistine, ne puisse être utilisé en préventif ou en groupe en élevage ;
• améliorer la santé et le bien-être des animaux et encourager des modes d’élevage moins intensifs, afin de réduire le besoin d’utiliser des antibiotiques en élevage.
https://www.ciwf.fr/

Dans les élevages industriels, les animaux vivent dans des cages ou des bâtiments bondés où les maladies peuvent se transmettre rapidement. Pour les maintenir en bonne santé dans ces conditions difficiles, des antibiotiques leur sont administrés, qu’ils soient malades ou pas.

En France, les espèces les plus consommatrices d’antibiotiques sont encore majoritairement élevées dans des systèmes intensifs (95% des porcs, 94% des veaux de boucherie, 98% des lapins, 75% des poulets de chair). Dans ces systèmes, la fréquence des infections est augmentée par la forte densité d’animaux en bâtiment (22 animaux par m² en poulet de chair), une sélection génétique favorisant des animaux sur-productifs mais peu résistants aux maladies

Les animaux les plus exposés aux antibiotiques sont ceux qui sont le plus souvent élevés dans des systèmes industriels : lapins, porcs et volailles.  Les antibiotiques sont ainsi la béquille de l’élevage industriel.

L’utilisation excessive des antibiotiques dans les élevages représente une menace pour la santé humaine. Pour endiguer la surutilisation des antibiotiques et avoir une chance de garder les antibiotiques efficaces pour l’être humain, il est urgent de faire évoluer les méthodes de production et de mettre fin à l’élevage industriel.

http://ecdc.europa.eu/en/publications/publications/antimicrobial-resistance-jiacra-report.pdf
https://www.ciwf.fr/media/7449194/rapport-antibiotiques-jan2022-resume-en-fr.pdf

"Nous dénonçons les conditions d’élevage intensif pour les animaux mais la santé humaine est aussi mise en danger par ces systèmes de production. Dans ces systèmes d’élevage, les antibiotiques sont d’indispensables béquilles pour compenser les conditions d’élevage inappropriées. Les gouvernements doivent agir maintenant pour garantir la santé des animaux mais aussi des êtres humains. Pour nous conformer à cette nouvelle législation, nous devons adopter des "systèmes d'élevage axés sur la santé", c’est-à-dire des systèmes dans lesquels les animaux ne subissent pas de surpopulation (acteur de risque pour la propagation et le développement des maladies infectieuses) et dans lesquels les animaux peuvent adopter des comportements naturels, réduisant ainsi le stress (autre facteur de risque). La préservation de la santé publique repose sur la préservation de la santé animale, les deux sont intrinsèquement liées  et cette législation est essentielle pour protéger les deux."
Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France

 

Publié dans Environnement

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