FIASCO POUR L'EPR

Publié le par Résistance verte

 

EPR en construction à Flamanville, la suite du fiasco ?

Les 245 assemblages de combustible nucléaire neuf, acheminés par camion entre octobre 2020 et l’été 2021 depuis l’usine Framatome de Romans-sur-Isère, devront-ils être remplacés avant même d’être utilisés ?
https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-de-flamanville-3-epr/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-de-flamanville-3-epr/nouvelle-etape-vers-l-exploitation-du-reacteur-epr-de-flamanville

 La CRIIRAD avait révélé l’an dernier que les graves incidents qui ont affecté le réacteur EPR de la centrale de Taishan en Chine pouvaient concerner les autres EPR en construction dans le monde et en particulier celui construit par EDF à Flamanville (Flamanville 3).
http://www.criirad.org/Surete-nucleair/Communique_de_presse_CRIIRAD_du_28_novembre_2021-Taishan_1.pdf

 Les industriels concernés et de nombreux instituts spécialisés cherchent à minimiser ce qui s’est produit à Taishan, insistant sur le fait que des ruptures de gaines de crayons de combustible avaient déjà affecté d’autres réacteurs. Mais les dommages subis par le combustible nucléaire du réacteur de Taishan 1 vont bien au-delà. Les informations transmises à la CRIIRAD par un lanceur d’alerte qui travaille dans l’industrie nucléaire indiquent que des vibrations très anormales ont affecté ce réacteur. Elles ont gravement endommagé la structure des assemblages, dont les grilles de maintien des crayons combustible. Ceci pose évidemment des problèmes de sûreté nucléaire et de radioprotection. Le réacteur Taishan 1 cumule déjà plus de 6 mois d’arrêt et il est probable qu’il ne puisse redémarrer avant plusieurs mois. Ces vibrations seraient dues en particulier à un défaut de conception générique affectant l’hydraulique dans la cuve des EPR.

 Interrogée par la CRIIRAD le 27 novembre 2021 sur cette affaire et sur les conséquences pour l’EPR de Flamanville, l’ASN a indiqué le 15 décembre qu’elle ne disposait pas d’informations précises mais qu’elle n’autoriserait par le démarrage du réacteur de Flamanville 3 tant qu’EDF n’aura pas transmis un dossier technique sur le « retour d’expérience » Taishan.
http://www.criirad.org/actualites/dossier2021/211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_sureté_EPR_VF.pdf
http://www.criirad.org/Surete-nucleaire/211215_Reponse_ASN_Criirad_REX_Taishan.pdf

En attendant, EDF s’efforce de banaliser les conséquences et de laisser croire que tout est sous contrôle.
Dans un communiqué du 12 janvier 2022 concernant Flamanville 3, EDF indique de
nouveaux retards mais ne traite pas explicitement la question des vibrations. Elle affirme notamment que « L’ensemble des assemblages qui seront exploités dans le premier cycle de fonctionnement du réacteur est stocké dans le bâtiment combustible ».
https://www.edf.fr/sites/default/files/epresspac/2337/c41a2d7e09b78e04cf2f0b06a68a4e1e.pdf

 Or, selon les informations transmises à la CRIIRAD, EDF aurait commandé à Framatome un nouveau combustible incluant des grilles renforcées (permettant de mieux supporter les vibrations), mais aussi une modification de l’alliage M5 utilisé pour les gaines (afin de tenter de résoudre des problèmes de corrosion). Elle devrait remplacer les assemblages neufs, déjà présents sur site et qui ne seraient donc jamais utilisés. Mettre ainsi pratiquement au rebut un cœur neuf de réacteur nucléaire pourrait représenter un coût de l’ordre de 250 millions d’Euros.

Où est la vérité ? Que penser lorsque EDF affirme que les assemblages entreposés dans la piscine du bâtiment combustible de Flamanville seront effectivement utilisés ? Afin de vérifier tous ces éléments, la CRIIRAD a interpellé monsieur Xavier Ursat , Directeur Exécutif Groupe EDF, en charge de la direction Ingénierie et Projets Nouveau Nucléaire.

Tant que toute la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé à Taishan, est-il bien raisonnable de poursuivre, à travers le programme des EPR2, cette course en avant désespérée avec une technologie non maîtrisée et donc dangereuse ?

 

Publié dans Nucléaire

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