DANS LE MONDE, LE NUCLÉAIRE NE REVIENT PAS

Publié le par Résistance verte

 

Situation de l'industrie nucléaire mondiale
(World Nuclear Industry Status Report, septembre 2021)
https://cutt.ly/STCRsHn

Alors que les prétendus « grands médias » célèbrent un prétendu « retour en grâce du nucléaire », la publication 2021 de l'excellent rapport annuel World Nuclear Industry Status Report met les choses au clair. La réalité est implacable : la part du nucléaire dans l'énergie mondiale, déjà faible, ne cesse de baisser et, au contraire, celle des énergies renouvelables augmente fortement.

A elle seule, et depuis longtemps déjà, l’hydroélectricité produit plus que le nucléaire : environ 16 % de l'électricité mondiale pour seulement 10 % venant du nucléaire. Mais la grande nouveauté est que, pour le première fois en 2020, l'ensemble des « autres » énergies renouvelables (éolien, solaire, etc) a aussi produit plus d'électricité que l'atome.

Pour mémoire, la part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité est passée de 17 % en 2001 à 10 % à ce jour, une véritable chute libre qui va s'accélérer au fil des innombrables fermetures de centrales (en grande majorité majorité, les réacteurs en service sur Terre sont en fin de vie) et de la montée massive des renouvelables.

De plus, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), « Les énergies renouvelables devraient représenter près de 95 % de l'augmentation de la capacité électrique mondiale d'ici 2026, le solaire photovoltaïque à lui seul en fournissant plus de la moitié. »

Si les dirigeants politique et industriels français arrivent hélas à lancer des chantiers de nouveaux réacteurs EPR (voir plus bas), non seulement ce sera un dramatique échec industriel et financier - suivant l'exemple des EPR de Finlande et Flamanville - mais cela fera manquer à la France le train des renouvelables... et de l'avenir.

ÉNERGIE VERTE ?

Tout le monde, y compris les pronucléaires, sait que le nucléaire n'est pas et ne peut pas être une énergie « verte ». On entend souvent parler de la question des déchets radioactifs ultimes, production criminelle pour laquelle n'existe et n'existera jamais la moindre solution : tout au plus des options… toutes mauvaises. Mais il ne faut pas oublier que l'industrie de l’atome produit des quantités insensés d'autres déchets radioactifs qui s'accumulent dans de nombreux sites.

La filière nucléaire, tout au long de ses activités, de la mines d'uranium jusqu'au stockage des déchets, contamine aussi l'air et l'eau par d'innombrables rejets radioactifs qui n'ont évidemment vraiment rien de « propres ».

Mais ce que beaucoup de gens ignorent, c'est que les installations nucléaires rejettent aussi dans l'environnement, et principalement dans les rivières, des quantités astronomiques de produits chimiques.

Mais si les pronucléaires bataillent pour essayer de faire classer le nucléaire dans les énergies « vertes », ce n'est pas seulement par aveuglement ou par habitude de mentir : c'est tout simplement que ce classement pourrait permettre à la filière de bénéficier de financements et de prêts garantis au niveau de l'Union européenne. Et c'est fondamental pour eux.

En effet, déjà que la prétendue « relance » du nucléaire resterait très incertaine avec ces aides, elle serait totalement impossible sans. En résumé, l'industrie nucléaire joue sa dernière carte de survie, et son employé de luxe s'appelle Emmanuel Macron, menteur en chef...

LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS À L'AGONIE

Plus ça va, moins ça va. Le parc nucléaire d'EDF est de plus en plus délabré. Un article de L'Express qui évoquait la très faible disponibilité de nos vieilles centrales a été en partie réécrit pour édulcorer le propos mais, promis juré, ce n'est pas suite à une pression d'EDF. Défense de rire !

Au passage, on apprend que d'importants systèmes de sécurité, censés intervenir en situation accidentelle (et donc éviter une catastrophe), sont restés indisponibles pendant des mois sur pas moins de 12 réacteurs. Mais comme il n'y a pas eu d'accident entre temps, tout va bien !

Mais le plus croustillant, ce sont les révélations d'un courageux lanceur d'alerte, un cadre de la centrale du Tricastin qui dénonce « une politique de dissimulation » d’incidents de sûreté. Pour tout vous dire, on s'en doutait, mais c'est confirmé de l'intérieur.
Oui, bien sûr, EDF ballade la prétendue « autorité » de prétendue « sûreté » nucléaire (ASN), qui en est réduite à attendre les informations que les exploitants veulent bien lui donner, c'est à dire pas grand-chose en fait. Et dire que de (trop) nombreux médias osent encore prétendre que la France peut compter sur l'autorité de sûreté « la plus stricte et la plus compétente ». Blagueurs !

Observatoire du nucléaire
www.observatoire-du-nucleaire.org

 

 

Publié dans Nucléaire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article