UNE USINE DE PLASTIQUE ENTRE ST-ETIENNE ET LA TALAUD

Publié le par Résistance verte

 

Direction départementale de la protection des populations
Service environnement et prévention des risques.


INSTALLATIONS CLASSES POUR LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
AVIS D’OUVERTURE D’UNE CONSULTATION DU PUBLIC
 

Au titre de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement, la société AXIUM Packaging a déposé une demande d’enregistrement au titre des rubriques n°1s510-2-be266t1-1-b pour son installation située sur la commune de Saint-Étienne, 82 rue de la Talaudière.

En exécution d'un arrêté préfectoral en date du 7 juin 2021, cette demande, les plans et les pièces annexés, feront l'objet d'une consultation du public en mairie de Saint-Étienne d’une durée de quatre semaines du lundi 28 juin 2021 au vendredi 30 juillet 2021 inclus.

Pendant ce délai, toute personne intéressée pourra prendre connaissance du dossier déposé en mairie de Saint-Étienne, Place de l’Hôtel de Ville 42000 Saint-Étienne, aux heures et jours  d'ouverture des services au public à savoir du lundi au jeudi de 9 h à 17 h, et le vendredi de 9 h à 16 h 30.

Sur le site Internet de la Préfecture de la Loire (www.loire.gouv.fr).

Les observations formulées devront être consignées sur le registre ouvert à cet effet à la mairie de Saint-Étienne ou être annexées à ce registre seilles sont remises par écrit. Elles pourront également être adressées par courrier à la direction départementale de la protection des populations de la Loire – service environnement et prévention des risques – Immeuble Le Continental 10 rue Claudius Buard – 42014 Saint-Étienne cedex 2
ou par courrier électronique à l'adresse suivante :    
ddpp-enquete-icpe@loire.gouv.fr
avant le vendredi 30 juillet 2021.

L’autorité compétente pour statue sur la demande d’enregistrement est la préfète de la Loire et la décision susceptible d’intervenir à l’issue de la procédure est un arrêté préfectoral d’enregistrement assorti de prescriptions générales éventuellement complétées par des prescriptions particulières ou un arrêté préfectoral de refus.

 

St-Étienne
La Talaudière

 

ARGUMENTS POUR L'ENQUÊTE PUBLIQUE

Consultation du public du lundi 28 juin au vendredi 30 juillet 2021

Arguments à apporter à l'enquête publique ouverte
pour ou contre l'installation d'une usine de plastique
à la Talaudière, Saint-Etienne


Une enquête publique a été ouverte pour une usine ICPE à la Talaudière. Dans 22 000 m2 de bâtiment existant, il est question d'installer deux chaînes de production de plastique d'emballages, pour un débit de 37 tonnes/jour.

Le dossier est ici :
http://www.loire.gouv.fr/axium-recycling-consultation-du-public-du-lundi-28-a8192.html

On peut lire notamment :
- La déclaration à la préfecture.
- L'avis de consultation publique, jusqu'au 30 juillet.
- La PJ 6, qui est l'étude des risques (122 pages de tableaux).
- La lettre du maire d'Andrézieu, qui concerne la cessation d'activité sur son site : On laisse en friche, sans s'inquiéter de savoir s'il y aura un repreneur.
- La lettre du maire de Saint-Etienne, qui elle aussi concerne uniquement l'état du site : Merci quand dans vingt ans vous irez polluer ailleurs, merci de laisser ici une autre jolie friche inculte et bien proprette.
- Les comptes consolidés de l'entreprise en 2020.

Arguments généraux

- Il y a un continent de plastique qui s'est créé dans les océans ; on retrouve du plastique jusque dans des micro-organismes dont il franchit les barrières cellulaires (références)

- Ici, on ne sait pas la nature ni l'usage des emballages qui seront produits : c'est pour emballer quoi ? Des armes, des gadgets en plastiques inutiles et produits par des enfants ? Des bonbecs ultra-sucrés dont la production est nocive pour l'environnement et la consommation pour les humain ? ... Ou des choses vraiment utiles ?
Et même si c'est utile, il n'y aurait pas moyen d'emballer autrement ?

- Le gouvernement parle de faire disparaître les plastiques d'ici 2040. Cela ne commencerait pas par diminuer le nombre d'usines de plastique ?

- Les emballages produits seront-ils même recyclables ? Ce n'est pas du tout sûr. Seront-ils recyclés ? C'est un défi à relever, plus important que de reconstruire une usine de production.

- Le dossier ne dit pas que les nouvelles chaînes de production présenteraient un intérêt écologique quelconque, comme de traiter plus de plastiques recyclés, de produire plus de plastiques recyclables et moins de déchets, de consommer moins d'énergie,... Ce n'est pas du tout le sujet.

Arguments particuliers

- Du point de vue politique, les comptes consolidés 2020 montrent que l'actif de l'entreprise est constitué pour moitié de capitaux propres, et pour moitié d'emprunts, pour un total de près de 40 M€.
Or la construction d'une nouvelle usine nécessitera la souscription de deux emprunts, pour un montant total de 14 M€ .
Cela signifie que dans cette entreprise, quand des choix stratégiques devront être effectués, les intérêts financiers prendront probablement le pas sur les considérations industrielles.
Ceci est un facteur de risque.

- Les facteurs de risques humains et managériaux ne sont pas étudiés. Or les conditions de travail et la qualité du management sont aussi essentiels à la sécurité que les facteurs techniques.
Lorsqu'ils sont présents dans les organisations, les facteurs humains tels que la sous-formation, le recours à l'interim, les cadences excessives, les abus de droit, les violences au travail notamment envers les femmes, les travailleurs migrants et les personnes handicapées, l'absence de recours à la médecine du travail,...  ces facteurs sont aussi significatifs et contributifs aux accidents que les facteurs de risques techniques.
On ne sait pas si c'est le cas pour ces entreprises. Le dossier n'aborde pas ces éléments, qui relèvent de leurs obligations sociales et citoyennes.

- Du point de vue du management, le voisinage sur le même site de deux sociétés différentes est susceptible de générer des désaccords préjudiciables à la sécurité : deux hiérarchies, des statuts différents, des façons de travailler qui ne seront pas forcément compatibles,...
Dans ce contexte, des décisions de mise aux normes, le traitement des signalements internes, des réflexes d'urgences peuvent être retardés ou inappropriés.
Le dossier ne dit pas ce qui serait organisé pour limiter ces risques.

- Du point de vue technique, la demande cumul 5 rubriques dont chacune à elle seule justifierait le classement.
 
- Il est écrit qu'il n'y aura que peu de stockage de produits directement dangereux.
Le principal risque étudié est le risque d'incendie des stocks de plastiques. Les études de risques incendie et foudre sont fournies. En dernier recours, la sécurité du site repose sur le système de gicleurs.
Le voisinage immédiat des entrepôts et des chaînes de production, même séparés par une cloison coupe-feu, n'est pas le plus sûr. L'éloignement et la séparation des stocks vaut mieux.

- Le risque attentat n'est pas étudié.

- Le scenario de défaillance généralisée n'est pas évoqué. Or on doit étudier l'accidentologie, et l'hypothèse de l'incendie du stock de plastique présent sur le site, de façon à évaluer les risques pour la population, dimensionner les plans d'évacuation et les moyens de secours publics, ainsi que les coûts d'une telle catastrophe, toujours possible. (références d'accidents)

- Il est écrit que le processus industriel consomme peu d'eau. C'est possible, mais les rejets se font dans le Furan, qui est une rivière déjà extrêmement polluée.
"Une demande d’autorisation de rejet au réseau public a été demandé au gestionnaire du réseau d’assainissement. L’autorisation et la convention de rejet seront transmises au service instructeur dès réception." (PJ 6 p 97)
En l'absence de cette pièce, il n'est pas possible d'émettre un avis.

- "Quelques composés de dégradation thermique des matières plastiques sont émis lors de la chauffe des matières. Ces composés sont nocifs en cas de fortes concentrations. De telles concentrations ne sont pas atteintes dans le process" (PJ 6 p 87).
Les produits en question ne sont pas cités. Les références scientifiques ne sont pas citées. Les effets de l'exposition à long terme des travailleurs et de la population ne sont pas évalués.

- L'arrivée des matières premières et les départs des produits et des déchets entraînera l'augmentation d'un trafic routier lourd, en zone urbaine. Les circuits d'approvisionnement et de livraisons ne sont pas étudiés.

- Il est écrit que le processus crée peu de déchets, relativement à la production. On les appelle déchets industriels banals, parce qu'ils sont malheureusement extrêmement répandus. C'est bien le problème, et ça n'a rien de banal.
Ici, il s'agirait quand même 319 tonnes de plastique et 11000 litres d'huile par an.

Pour répondre à l'enquête publique

Le public peut faire part de ses observations, au plus tard jusqu’au 30 juillet 2021 inclus
soit par voie postale à l’adresse suivante :
Direction départementale de la protection des populations Service environnement et prévention des risques 10 rue Claudius Buard - CS 40272 - 42014 Saint-Etienne Cedex 02
Soit par voie électronique à l’adresse suivante : ddpp-enquete-icpe@loire.gouv.fr

 

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