INTERVIEW D'UNE INFIRMIÈRE, LOIN DES DISCOURS OFFICIELS

Publié le par Résistance verte

C'est une interview pour une percée derrière le rideau de fumée médiatique.

Une autre réalité, inaudible dans les médias dominants qui nous distillent quotidiennement des chiffres qui donnent forme à une angoisse qui nous ramène à l'état d'enfant, en demande d'un État fort qui nous offrira la solution.

Kairos, journal antiproductiviste pour une société décente
https://www.kairospresse.be/

https://youtu.be/30h4EYgspF0

 

L’HÔPITAL, MACHINE À FRIC

« Je ne suis peut-être pas la mieux placée pour fournir des informations intéressantes à propos de la situation actuelle concernant la gestion COVID et ses anomalies, car je travaille en psychiatrie à Marchienne-au-Pont, de nuit et une semaine sur 4 (mi-temps de nuit), ce qui fait que je suis beaucoup moins en contact que d’autres avec le quotidien de l’hôpital et pas dans les services aigus… » Voilà comment Magali introduisait le courrier qu’elle nous envoyait. Pas « au cœur du covid », mais au cœur du réel de la santé marchandisée, déshumanisée, avec laquelle le covid et sa gestion politique ont quelque chose à voir…

« Je peux toutefois vous parler du système hospitalier dont je suis dégoûtée depuis de nombreuses années, ce qui explique que j’ai pris du recul en 2013 en prenant mon mi-temps pour développer mon activité de réflexologie et ne pas sombrer, car tout est axé sur le « fric » en milieu hospitalier…
Je faisais ma petite révolution dans mon coin : mon travail de nuit (seule pendant de nombreuses années alors que sur papier nous étions 2, « pour la sécurité ») me permettant de parler aux patients en l’absence de l’équipe de jour, j’essayais du coup de faire prendre conscience à ceux-ci des dangers de la surconsommation de médicaments (les psychiatres en prescrivent « larga manu », c’est hallucinant de constater la quantité de Temesta, Xanax, et autres que les médecins prescrivent d’office avec des suppléments prévus si nécessaire ; tout cela est banalisé et devenu normal). Je leur proposais quand ils allaient mal des exercices de respiration, je les écoutais et envisageais autre chose avec eux qu’un supplément médicamenteux.

Certains étaient preneurs et cela ne fonctionnait pas mal. Un jour, je me souviens d’une patiente d’un certain âge avec des « hallucinations visuelles et auditives » (elle voyait des serpents et souris dans son lit et sa grand-mère décédée dans le fauteuil de sa chambre qui lui demandait de la rejoindre, ce qui l’angoissait et la perturbait très fort…), que le médecin chargeait de médicaments antipsychotiques et anxiolytiques qui n’arrangeaient rien du tout, à part accroître son anxiété. Comme j’avais des fleurs de Bach avec moi, je lui en ai mis 3 différentes sur les poignets et lui ai conseillé une visualisation pour se protéger et se détendre (car pour moi la question n’est pas de savoir si ce qu’elle voit est réel ou non, mais de l’aider à trouver des moyens elle-même pour se détendre sans ces chimies absurdes et redevenir autonome, ce qui n’est pas pour arranger les prescripteurs de médicaments).

Quand un patient est “halluciné” (selon les termes utilisés en psychiatrie), il est en détresse et cela aggrave son état ; pour lui c’est réel (et n’allez surtout pas essayer de faire comprendre à un médecin que le patient a peut-être accès à d’autres réalités que lui, même s’il n’est pas apte à gérer cela par sa fragilité, car vous risquez aussi d’être étiqueté(e) délirant(e) et risquez un jour d’être interné(e) avec des médocs dans les fesses et en contention !)… donc, comme je vous l’écrivais plus haut, pour le patient, tout cela est réel et notre rôle consiste pour moi non pas à le ramener à tout prix aux normes admises en l’obligeant d’être dans le déni de sa réalité vécue, mais plutôt à l’aider à se sortir de l’angoisse et à reprendre peu à peu pied et confiance en lui.

Bref, les fleurs de Bach et la visualisation ont agi et la personne a passé une bonne nuit, me réclamant le même « traitement » durant toute ma semaine de nuits. J’ai donc expliqué cela au rapport le matin (sourires sur les lèvres de la plupart) et j’ai pris le risque de l’écrire officiellement sur l’ordinateur, dans le dossier infirmier du patient à la fin de la semaine. Lors de mon retour au boulot, 3 semaines plus tard, j’ai appris que le cadre infirmier était indigné, car je me « permettais de soigner les gens avec n’importe quoi » ; je me suis expliquée devant la jeune psychiatre qui m’a écoutée et n’était pas opposée à ce que j’avais fait, mais devait demander l’accord du « senior » pour que je puisse continuer… ce qui bien entendu a été refusé. Donc, quand un patient ne va pas bien, on vous dit de donner un supplément sans discuter s’il est prévu au dossier par le psychiatre (il y a eu une note écrite dans le service en ce sens suite à  cet épisode..). On comprend donc que le patient est bien au centre des préoccupations…

Le soir, lorsque je distribuais les tickets pour les examens du lendemain aux patients lors de la prise des médicaments de nuit, beaucoup me demandaient pourquoi ils devaient refaire des électrocardiogrammes, encéphalocardiogrammes et radios du thorax d’office alors qu’ils n’avaient pas de problèmes de ce côté… (beaucoup font des hospitalisations programmées d’une semaine par mois, pour vous dire comme cela rapporte), et je leur disais à chaque fois qu’ils pouvaient refuser ces examens qui étaient programmés d’office.

Ce sont ces petites choses dans mon travail qui me permettent de tenir encore le coup et qui donnent un tout petit reste de sens à ce que je fais à l’hôpital (à savoir, tenter d’éveiller les gens comme je peux, à petite échelle), sans quoi, je n’ai plus rien à y faire, car tout se résume à préparer des médicaments pour 24 h (au fait, si un patient reçoit 4 x 1/4 de médicament par jour, on est obligé de jeter 4 x les 3/4 restants ; cela est imposé par la pharmacie, soi-disant pour une question d’hygiène…), réaliser des tâches administratives (et cela, de jour, les collègues s’en plaignent aussi, elles n’ont plus de temps à consacrer aux entretiens avec les patients et nombreux parmi ceux-ci ne sont pas souvent vus (en psychiatrie, c’est le comble)… non, il faut plutôt justifier les subsides et cocher des actes infirmiers et médicaux qui ne correspondent pas à la réalité… on fait du secrétariat, vu que les secrétaires ne font plus partie du staff… ça coûte trop cher et les infirmières peuvent bien faire ça… le patient, on verra s’il reste encore du temps…

Pour l’heure*, les patients n’ont plus de visites, ne peuvent plus sortir en week-end et ne reçoivent des vêtements ou nourriture de la famille que 2 x par semaine (dépôts dans des sacs étiquetés dans des locaux hors du pavillon et acheminés en navette)… et malgré qu’ils vivent en vase clos, ils doivent garder le masque toute la journée en salle commune (j’imagine qu’ils justifieront cela par le fait que le personnel ne dort pas sur place !).

Ce monde est dangereusement fou et les vrais fous ne sont pas hospitalisés, ils sont dehors et nous dirigent.

Bientôt ce satané « vaccin » qui n’en est pas un et apparemment, nous (le personnel soignant) serons les premiers pigeons  ! Ma démission semble toute proche… hors de question pour moi de faire partie du suicide collectif… »

Témoignage de Magali Gille, infirmière
Kairos le 28 décembre 2020

https://www.kairospresse.be/article/lhopital-machine-a-fric/

Publié dans Coronavirus

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