LIBERTÉ DE MANIFESTER !

Publié le par Résistance verte

 

Contre la loi « sécurité globale », défendons la liberté de manifester !

Manifestation unitaire samedi 21 novembre à 15 h,
place Jean Jaurès à St-Etienne


L'Assemblée Nationale examine cette semaine une proposition de loi déposée par la majorité LREM relative à la « sécurité globale ». Cette loi s'inscrit dans le sillage sécuritaire des réformes de ces dernières années et des recours successifs à l'état d'urgence.

Le texte prévoit d’étendre aux polices municipales des compétences de la police nationale et de déléguer aux agents privés de sécurité des pouvoirs réservés à la police judiciaire.
Il renforce la surveillance de l’espace public, en autorisant l’État à utiliser des drones avec caméras.

Il permet la reconnaissance faciale de tous les manifestants et leur identification, par une analyse automatisée des images des « caméras mobiles » des policiers.
Enfin, le texte prévoit de pénaliser la diffusion d’images de policiers ou de gendarmes en intervention. Une telle mesure, avec des sanctions très lourdes (1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende) empêcherait tout contrôle citoyen, voire le travail des journalistes, en favorisant l’impunité d’auteurs de violences policières.

Ainsi l’État pourrait tout voir, sans être vu.

Ces dispositions visent à réduire considérablement la liberté fondamentale de manifester, dans le but de faire taire les citoyens et de mieux les surveiller. Elles sont considérées par le Haut-commissaire de l’ONU comme une atteinte sans précédent à l’état de droit.

Nous nous opposons à la proposition de loi « sécurité globale ». Parmi les nombreuses propositions dangereuses de ce texte, trois articles risquent de limiter la liberté de manifester dans des proportions injustifiables, liberté déjà fortement restreinte sur le terrain et de nouveau remise en cause par le Schéma national du maintien de l’ordre.

L’article 21 concerne les caméras portables qui, selon les rapporteurs du texte, devraient équiper « toutes les patrouilles de police et de gendarmerie […] dès juillet 2021 ». S’il est voté, le texte autorisera donc la transmission des flux vidéo au centre de commandement en temps réel. Cela permettra l’analyse automatisée des images, et notamment la reconnaissance faciale des manifestants et des passants, en lien avec les 8 millions de visages déjà enregistrés par la police dans ses divers fichiers.

Ces nouveaux pouvoirs ne sont justifiés par aucun argument sérieux en matière de protection de la population et ne s’inscrivent aucunement dans une doctrine de gestion pacifiée des foules. L’effet principal sera de faciliter de façon considérable des pratiques constatées depuis plusieurs années en manifestation, visant à harceler des opposants politiques notamment par des placements en « garde à vue préventive », par l’interdiction de rejoindre le cortège ou par des interpellations arbitraires non suivies de poursuites. Ces pratiques illicites seront d’autant plus facilement généralisées que l’identification des militants et des militantes sera automatisée.

L’article 22 autoriserait la surveillance par drones qui, selon le Conseil d’État, est actuellement interdite. Ici encore, la police n’a produit aucun argument démontrant qu’une telle surveillance protégerait la population. Au contraire, nous avons pu constater en manifestation que les drones sont avant tout utilisés pour diriger des stratégies violentes contraires à la liberté de manifester : nassage, gaz et grenades lacrymogènes notamment. Comme pour les caméras mobiles, la reconnaissance faciale permettra ici aussi d’identifier des militantes et militants politiques.

En clair, le déploiement massif des caméras mobiles et des drones, couplés aux caméras fixes déjà existantes, entraînerait une capacité de surveillance généralisée de l’espace public, ne laissant plus aucune place à l’anonymat essentiel au respect du droit à la vie privée et ne pouvant avoir qu’un effet coercitif sur la liberté d’expression et de manifestation.

L’article 24 vise à empêcher la population et les journalistes de diffuser des images du visage ou de tout autre élément d’identification de fonctionnaire de police ou militaire de gendarmerie. Autrement dit, les images des violences commises par les forces de l’ordre ne pourront dés lors plus être diffusées. Le seul effet d’une telle disposition sera d’accroître le sentiment d’impunité des policiers violents et, ainsi, de multiplier les violences commises illégalement contre les manifestantes et manifestants.

Nous appelons les parlementaires à s’opposer à ces trois dispositions qui réduisent la liberté fondamentale de manifester dans le seul but de faire taire la population et de mieux la surveiller.

Appel unitaire national de 55 organisations, des associations, des collectifs, des organisations syndicales et politiques...

 

 

LIBERTÉ DE MANIFESTER !
Contre la loi « sécurité globale »

Rassemblement et manif contre la loi Sécurité globale et l'état policier, samedi 21 novembre 2020.
Au plus gros, 800, 1000 personnes ? À confirmer.
Malgré un appel à dispersion après les discours (remarquons une certaine pusillanimité de la part des organisateurs), une manif sauvage s'est vite mise en place, pancartes, slogans et chants étaient là, ça fait du bien.
Fin à la préfecture où après un blocage de trams, les fdo invisibles jusque-là ont fait leur sommation avec verbalisation à la clé. Efficace, tout le monde s'est éparpillé.
Il n'empêche que pour deux heures, le sentiment (bien qu'illusoire, ne nous y trompons pas) que la rue était à nous à été galvanisant.
La lutte reprend à Saint-Étienne.

Linda Roux

https://www.facebook.com/philippe.bariol/videos/10225444997654122

 

 

 

 

 

 

 

 

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Certains policiers par leur violence,leur mépris du droit et leur racisme avéré menacent la démocratie :ils ne « déconnent » pas,ils diffusent un poison mortel dans notre pays.Les meilleurs footballeurs de notre pays ne s’y sont pas trompés :qu’ils soient chaleureusement remerciés au nom du genre humain.Certains politiques irresponsables voudraient aujourd’hui la totale impunité pour des policiers se conduisant comme des voyous au mépris de notre sécurité la + élémentaire.Demain d’autres irresponsables demanderont un permis de tuer pour ceux qui n’ont rien à faire dans la police.
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