MOINS DE 1% RECYCLÉ

Publié le par Résistance verte

 

Vous êtes peut être tombé sur une publicité d’Orano montrant 3 poubelles banales que chacun de nous peut manipuler. Sur l’une apparaissent des cartons, sur l’autre du verre et sur celle du centre le symbole de la radioactivité ! Le texte affirme que dans le nucléaire tout n’est pas bon à jeter. « La preuve : aujourd’hui près d’une ampoule sur 10 s’allume grâce au combustible nucléaire recyclé ».

Vous êtes peut être tombé sur cette publicité pour Orano dans votre journal. Elle vous a sans doute interpellé. Voici quelques éléments (non exhaustifs) de lecture de la communication Orano.

Oui il y a bien dans le « cycle » du combustible présenté par Orano (mais aussi par EDF …et même sur le site du Ministère de l’Industrie), une filière recyclage. Il y est aussi souvent écrit « 96 % recyclable »…ce qui ne veut pas dire « recyclé » !

Actuellement elle est identifiée au MOX, combustible mixte constitué à 93% d’uranium appauvri (UA, issu de l’enrichissement de l’uranium d’origine naturelle, constitué à 99% d’uranium 238) et de 7% de plutonium 239 récupéré dans le combustible usé des réacteurs fonctionnant avec de l’UE (uranium naturel enrichi). 22 réacteurs sur 58 sont en partie « moxés » (ce sont des 900 MWe).

Toute l’opération est basée sur la filière « retraitement » qui se fait dans l’usine Orano de La Hague. Les combustibles à base d’uranium naturel enrichi usé y sont traités pour séparer les 95 % d’uranium appauvri par son passage dans les réacteurs. Les 4 % de déchets hautement radioactifs (Produits de fission et d’activation) et 1 % de plutonium 239, soit environ 8,5 t /an. Cela permet la fabrication d’un peu plus de 100 tonnes/an de MOX.

Donc si on part du combustible qui rentre dans les réacteurs (soit environ 1130 t/an) le recyclage du plutonium ne représente que moins de 1 %...Mais en plus cette opération n’est possible qu’une fois : le MOX usé n’est pas retraité, donc pas de deuxième tour. De plus il doit subir un refroidissement beaucoup plus long (plusieurs dizaines d’années au lieu de 3 à 5 ans pour les autres combustibles) dans les piscines avant d’être transportable.

Sans rentrer dans les détails des calculs (les sources d’information sont en plus assez contradictoires), on est loin des 10 % recyclés. Mais symboliquement, le plus choquant est de faire trois poubelles identiques ! Le verre et le carton se recyclent indéfiniment et ne représentent pas de risques pour l’environnement. Ce n’est pas le cas du retraitement et des déchets générés par les réacteurs… qui ne pourront jamais être mis dans de simples poubelles. De plus le retraitement des combustibles usés dans l’usine de la Hague impose beaucoup de transports de matières radioactives par voie ferrée pour aller à la Hague, mais le plutonium extrait lui fait plus de 900 km par la route avec les autres usagers et représente une cible de choix pour des actes terroristes. Il génère des rejets radioactifs dans la mer du Nord…autant que toutes les centrales nucléaires du monde…et de plus des radioéléments bien plus toxiques. Économiquement cela ne semble pas rentable… surtout dans une période où le prix de l’uranium est plutôt bas.

Donc une publicité trompeuse qui ne sert qu’à essayer de justifier une activité dangereuse.

CRII-RAD

https://www.criirad.org/

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