66 % DES 60-64 ANS AU CHÔMAGE

Publié le par Résistance verte

 

En plein débat sur la réforme des retraites, c’est un pavé dans la mare que lance la Cour des comptes. En moins de dix pages écrites serrées et quelques graphiques sidérants, les magistrats de la rue Cambon jettent une lumière crue sur un mal français: le chômage des seniors. Un sujet tellement grave que Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a décidé d’adresser un référé au Premier ministre, Edouard Philippe, pour l’alerter sur "le risque de précarité pour les seniors exclus du marché du travail" et "le coût croissant pour la solidarité".

Premier constat: si les réformes des retraites successives ont contribué à retarder l’âge moyen de départ à la retraite des Français, cela s’est souvent soldé par une hausse du chômage chez les seniors. Le taux d’emploi des 60-64 ans atteint ainsi 32,2% en France, contre 45% dans l’Union européenne, et le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a été multiplié par trois pour atteindre plus de 916.000 personnes chez Pôle emploi en 2019! Pis, les chances de retrouver un job chutent brutalement après 52 ans. Si le taux de retour à l’emploi est proche des 50% à 50 ans, il n’est plus que de 30% à 58 ans et de 20% à 60 ans. Les chômeurs de plus de 50 ans passent en moyenne 673 jours au chômage, contre 388 jours pour l’ensemble des chômeurs.

Dès lors, si le recul de l’âge de départ à la retraite à 62 ans a dégagé quelque 13 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de retraite, il s’est traduit par de nouvelles dépenses d’allocations chômage et de minimas sociaux. "La part des personnes âgées de 60 à 64 ans est celle qui, au cours des dix dernières années, a le plus progressé parmi les allocataires de ces prestations, à la fois en termes d’effectifs et de montants alloués", relève la Cour des comptes. L’enveloppe de l’allocation pour les chômeurs en fin de droits de 60-64 ans a ainsi bondi de 75% depuis 2010 et les montants de RSA versés aux 60-64 ans a explosé de 157%! Au total, la hausse du nombre de chômeurs et de pauvres liée au recul de l’âge du départ à la retraite à 62 ans aboutit à une dépense supplémentaire de 1,5 milliard d’euros en allocations chômage et minimas sociaux.
Au passage, la Cour des comptes alerte le gouvernement sur "un risque réel de précarité" chez les plus de 60 ans exclus du marché du travail. Quelque 56% des familles composés de seniors qui sont "ni en emploi ni en retraite"

La Cour des comptes  rappelle que le chômage de longue durée est un fléau pour les plus de 50 ans.

La "baisse brutale des perspectives de retour à l'emploi après 52 ans" -- établie par les statistiques de Pôle emploi -- résulte "surtout des réticences des entreprises à recruter des salariés âgés", observe-t-elle.

Elle relève aussi "le risque croissant de trappe à pauvreté pour les seniors de 60 ans et plus", de plus en plus nombreux à percevoir allocation chômage, allocation de fin de droits ou minimas sociaux.

"La part des personnes âgées de 60 à 64 ans est celle qui, au cours des dix dernières années, a le plus progressé parmi les allocataires de ces prestations, à la fois en termes d'effectifs, de poids dans leur classe d'âge et de montants alloués", analyse-t-elle.
Selon ses calculs, "le coût de la prise en charge des seniors touchés par les mesures de report d'âge de liquidation des droits à la retraite et qui se trouvent exclus du marché du travail s'élevait, au début 2018, à plus de 700 millions d'euros au titre de la solidarité nationale et près de 800 millions pour le régime d'assurance chômage, soit environ 1,5 milliard d'euros par an".

(AFP)

https://www.challenges.fr/emploi/le-cri-d-alarme-de-la-cour-des-comptes-sur-le-chomage-des-seniors_679099

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