ANAS ON T'OUBLIE PAS !

Publié le par Résistance verte

 

Plusieurs centaines de personnes se sont réunis devant le Crous à St-Étienne, mardi 12 novembre à 10 h. Le rassemblement est parti en manif pacifique spontanée, traversant la faculté puis prenant la grande rue jusqu'à la préfecture, où la police a matraqué, gazé et arrêté 2 manifestants.

 

 

 

Puis la répression s'abat sur les manifestants pacifiques devant la Préfecture àSt-Étienne.

https://www.facebook.com/legueuloirjournal/videos/416258582346884/

 

Aujourd’hui la situation est critique, nous assistons à des catastrophes écologiques et sociales de grande ampleur, qui nous touchent particulièrement, à la fois en tant qu’étudiant·e·s et en tant que jeunes.

Combien de temps allons nous continuer de le supporter ?

Baisse des APL, sélection, augmentation des frais d’inscription, fusion des minima sociaux, nivellement de l’assurance chômage, attaque des services publics, tout ça sur un fond de plus en plus répressif.

Nous appauvrir ne suffit pas à nos gouvernants, il faut aussi qu’ils nous culpabilisent et nous répriment sauvagement.

À côté de ça, nous assistons de plus en plus à une montée du fascisme, aussi bien dans les discours médiatiques, que dans celui de nos gouvernants. Un phénomène inquiétant qui participe à la confusion ambiante et instille une peur de l’autre injustifiée, rendant la situation générale encore plus insupportable.

C’est ce climat anxiogène qui a poussé notre ami Anas à s’immoler vendredi dernier. Aujourd’hui des rassemblements et des manifestations ont eu lieu dans toute la France pour le soutenir et pour partager son combat.

Parce que c’est celui de tou·te·s.

Il est temps de riposter !

https://www.facebook.com/events/3039547546270797/

Débat sur le revenu universel d'activité à 13 h salle Sacco et Vanzetti à la Bourse du travail de St-Étienne, puis un départ à 15 h pour un rassemblement à 15 h 45 devant le Centre de Congrès,
et le samedi 16 novembre avec les gilets jaunes, 13 Monthieu, 14 h place du Peuple.

 

UN ÉTUDIANT STÉPHANOIS S’IMMOLE DEVANT LE CROUS DE LYON POUR PROTESTER CONTRE LA PRÉCARITÉ

Il dénonce dans ce geste la politique néolibérale, et le fascisme ambiant. Nous publions ici sa lettre expliquant ce geste. Toute nos pensées à ses proches.
Quand survivre devient impossible,
il est urgent de ne plus se laisser faire !

Texte publié par le camarade avant son acte :

Bonjour

Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable. si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon. ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvernement.

Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450 €/mois, est ce suffisant pour vivre ? J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ? Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaire étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner. Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et créer , et du libéralisme qui crée des inégalités. J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.
Mon dernier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu.

Et désolé pour l’épreuve que c’est. Au revoir.

Contre la précarité étudiante et toutes les autres formes de précarité (chômeur·euse·s, intérimaires, retraité·e·s, sans-logement, etc). Contre les violences institutionnelles et gouvernementales qui suppriment nos aides sociales au prétexte d'une fausse nécessité économique. Contre cette société mortifère qui nous oblige à "perdre notre vie à la gagner".

Pour notre ami qui est entre la vie et la mort !

UJM en lutte

Vendredi dernier un camarade stéphanois membre du syndicat Solidaire étudiant-e-s a tenté de s’immoler par le feu devant le bâtiment du Crous de Lyon.

Nous le connaissons bien pour avoir souvent manifesté à ses côtés à Saint-Étienne, c’est un camarade, mais aussi un ami.

C’est pourquoi, en soutien à l’appel national lancé par Solidaire étudiant-e-s, Ose-Cgt appelle au rassemblement contre la précarité étudiante à Saint-Etienne mardi à 10h devant le Crous du Campus Tréfilerie, vers le bâtiment de droit.

Ose CGT

« Comme vous le savez sans doute, un camarade de Solidaire étudiant-e-s Lyon a tenté de s'immoler par le feu devant le bâtiment du Crous ce vendredi 18h en début d'après-midi.

Cet acte désespéré et surtout politique alerte sur ces conditions précaires d'étudiant sans bourse. redoublant, dans un système universitaire de plus en plus concurrentiel. Ce constat, Solidaires étudiant-e-s, le partage, de nombreux.ses étudiant.es se retrouvent dans des conditions intenables, manque de bourses, ou montants pas assez élevés, logements Crous insalubres et insuffisants, les villes étudiantes ayant souvent des loyers exorbitants, sélection en permanence, créant des situation de stress, de surmenage, alors que la moitié d'entre nous doivent cumuler avec un travail salarié.

Pour dénoncer cette précarité, Solidaire étudiant-e-s appelle nationalement à des rassemblements sur nos lieux d'études, d'institutions gouvernementales de l'ESR, des Crous... le mardi 12 Novembre à partir de 10h.

A Lyon, nous vous invitions à 10h, 59 rue de la Madeleine, siège social du Crous Lyon Saint-étienne, lieu où notre camarade a commis cet acte politique, pour nous retrouver ensemble, rester souder, et créer des solidarités et pour lutter contre nos conditions de vie déplorables.

Toutes organisations qui luttent contre la précarisation de la vie étudiante, et même du monde du travail, en général, contre ce gouvernement et sa politique néo-libérale, sont les bienvenues.

Nous vous attendons nombreux.ses, et pour reprendre les mots de notre camarade hospitalisé: "Vive l'autogestion, vive le socialisme!" Vive la lutte! »

Solidaires étudiant-e-s Lyon

https://www.facebook.com/events/435344053793455/

LA PRÉCARITÉ TUE
APPEL À BLOQUER LES FACS

Vendredi, un étudiant, un camarade, pour certain.e.s un ami, a décidé de s’immoler par le feu devant un bâtiment du CROUS à Lyon.
Dans une lettre, publiée sur Facebook, il a expliqué son geste par l’extrême précarité de sa situation et met en cause les politiques racistes, libérales et anti-sociales mises en place par les gouvernements successifs. Il accuse explicitement Sarkozy, Hollande, Macron, et l’Union Européenne d’être responsables de son désespoir . Par sa lettre, il empêche les médias et les politiques de dépolitiser son acte, et de le faire passer pour un fait divers.

Sa précarité et sa détresse sociale sont loin d’être des cas isolés. Elles sont même représentatives de la condition sociale des étudiant.e.s. Une condition qui s’aggrave de jour en jour. Baisse des APL, augmentation des frais d’inscription, baisse et flicage des bourses, précarisation des emplois étudiants. Des politiques mises en place depuis plusieurs années, affectant des millions de personnes. 9,2 millions de pauvres dans le pays. Des politiques qui brisent, isolent, détruisent, tuent.

Depuis 2 jours, nous sommes rempli.e.s de tristesse, de colère, de rage. Des sentiments partagés par de nombreux et nombreuses camarades qui se reconnaissent dans ces conditions de vie dégradées.

Il est pour nous inenvisageable qu’un retour à la normale ait lieu ce mardi. Le choc est trop rude. Il est impossible pour nous de retourner en cours, de faire comme si de rien n’était, tant que les étudiant.e.s continueront à être laissé.e.s à l’abandon, mis.e.s en danger et réprimé.e.s socialement.

Il n’y aura donc pas de retour à la normale. Il n’y aura pas d’appel au calme. La situation est devenue trop grave.

A l’université de Lille, des étudiant.e.s ont décidé de bloquer la faculté de Lille 2 ce mardi. François Hollande, directement accusé par notre camarade, doit y tenir une conférence à 14h30. Maintenir cet évènement serait pour nous une provocation, une insulte.

Nous appelons l’ensemble de nos ami.e.s, nos camarades, étudiant.e.s, précaires, et plus largement toutes les personnes qui ne supportent plus que les riches vivent en paix quand les pauvres meurent, à bloquer les facs du pays en solidarité avec notre camarade et tous.tes les précaires.

Nous rassembler, discuter, témoigner de nos situations. Faire éclater notre colère, car notre rage est nécessaire.

A Lille : Rendez-vous Mardi 12 novembre, dès 6h30, devant Lille 2 et à 13h devant le CROUS, 74 rue de Cambrai.

« Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la sécu. »

https://www.facebook.com/events/659944747745947/

 

LA PRÉCARITÉ TUE, LE CAPITALISME TUE, LE MACRONISME TUE

Que la précarité tue, c’est donc l’une des propriétés du néolibéralisme les plus sûrement établies. La tragique nouveauté avec l’immolation d’Anas, c’est que des responsables sont désignés par la victime même. Et que ce sont les bons. Sarkozy-Hollande-Macron, c’est-à-dire la continuité indifférenciée des fausses alternances, surdéterminée par les contraintes financières et concurrentielles imposées par la franchise régionale de la mondialisation néolibérale : l’Union européenne. C’est sans doute là le petit dérapage imprévu : quand la violence sociale extrême se répand partout, elle finit par frapper des gens dont le discours sur leur propre malheur n’est plus seulement un pur bloc de souffrance, mais accède à l’analyse de ses causes.

Alors il devient tout à fait clair que « la précarité » n’est que la métonymie d’une chose plus vaste, le raccourci pour nommer un monde. Et ses desservants. Ce qui est en train de se nouer pour les semaines qui viennent n’a pas à voir qu’avec « une réforme », fût-ce celle des retraites, ou alors, là encore, il faut tenir « les retraites » pour le raccourci d’une lutte contre la destruction générale.

Frédéric Lordon, novembre 2019 (extrait)
https://blog.mondediplo.net/la-precarite-tue-le-capitalisme-tue-le-macronisme

@anaskournif #anas #anaskournif #immolé #étudiant #précaires

Publié dans Solidarité

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