MASSACRE AUTORISÉ

Publié le par Résistance verte

 

Bayer-Monsanto, Syngenta et les grandes multinationales de l'agrochimie sont sur le point de prendre le contrôle des procédures qui autorisent ou non la mise sur le marché des pesticides au niveau européen - pour être sûres à 100 % que leurs produits continueront à être vendus massivement en toute impunité dans les pays de l'Union européenne... Malgré la grande extinction en cours des abeilles et des pollinisateurs essentiels pour la reproduction des plantes à fleurs et nos cultures... Et contre la volonté de tous les citoyens qui se battent depuis des années pour faire interdire l'ensemble des pesticides tueurs d'abeilles en Europe et dans le monde !
D'ici quelques jours, la Commission européenne va demander aux représentants des pays européens d'approuver le plan des lobbys : enterrer les nouveaux « Tests abeilles » préconisés par les scientifiques - des tests permettant de mesurer la toxicité réelle des pesticides – et imposer à leur place les tests voulus par l’industrie. (1)

Nous devons les stopper net avant que cette prise de contrôle par les firmes ne précipite l'extinction massive de la biodiversité et ne compromette la survie des générations à venir. Ce passage en force de l’industrie porterait un coup fatal à sept années d’efforts et de recherches pour construire et imposer des tests de toxicité fiables. (2)
En 2012, sous la pression des scientifiques et devant l’extinction effrayante des insectes pollinisateurs, l’Europe reconnaît que les tests utilisés pour mesurer les effets des pesticides sur les insectes avant d’en autoriser la vente sont devenus complètement obsolètes. Ils ne permettent plus depuis longtemps de mesurer les effets des nouvelles générations de molécules – notamment les pesticides dits « systémiques » qui dominent le marché et sont répandus en quantité industrielle dans nos champs.

La Commission européenne va alors demander à l'EFSA, l'autorité sanitaire européenne, d’adapter d’urgence les « tests abeilles » aux dernières connaissances scientifiques, pour s’assurer que les effets délétères des molécules soient sérieusement évalués avant d’autoriser la vente des produits et de les retrouver ensuite partout dans les sols, les cours d’eau et les nappes phréatiques – jusque dans nos assiettes et dans l’air que nous respirons !

Un groupe réunissant les meilleurs experts des effets des pesticides sur les pollinisateurs est aussitôt formé. Ils vont rendre leurs conclusions 2 ans plus tard et proposer la mise au point de nouveaux tests abeilles efficaces. Les instances européennes les approuvent ; l'OCDE, chargée d'élaborer les tests scientifiquement valables dans le monde entier, réunit les équipes de chercheurs et valide les premiers tests disponibles dès le mois de mai 2014 (3) pour tester les pesticides en circulation. Construits par les scientifiques, portés par les autorités sanitaires et massivement soutenus par les consommateurs et les citoyens, ces nouveaux « Test abeilles » faisaient l'objet d'un consensus réel.

Mais les lobbys de l'agrochimie vont en décider autrement. Et pour cause : ils ont appliqué eux-mêmes ces nouveaux tests abeilles dans leurs labos sur plus de 150 pesticides actuellement en circulation. (4) Les résultats sont effarants : 79 % des herbicides testés... 75 % des fongicides... et 92 % des insecticides n’ont pas passé la première série de tests ! Trop dangereux pour les abeilles à miel ! Ils n’auraient pas du être autorisés à la vente !
Pour les multinationales de l'agrochimie, l’équation est simple : tests abeilles efficaces = se priver du jour au lendemain de leur principale source de revenus. Elles vont alors mobiliser toute la puissance de leurs lobbys pour s'opposer à l'adoption de ces tests : chantage à la délocalisation... financements académiques et scientifiques de grande ampleur pour blanchir leurs produits et discréditer les nouveaux tests... argumentations biaisées sur les menaces bio-invasives, promettant un retour à une agriculture du Moyen-Âge et aux grandes famines... infiltration des comités scientifiques et consultatifs qui travaillent avec la Commission européenne et les États européens et participent aux décisions concernant les pesticides...

Un arsenal de techniques très élaborées, qui leur a permis de mettre une pression sans précédent sur les responsables politiques... Et malheureusement, ça marche, Tout a été mis en œuvre pour empêcher l’adoption des nouveaux « Tests abeilles » : ils ont été soumis pour approbation finale 27 fois de suite au SCoPAFF (le Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed), un Comité européen réunissant la Commission européenne et des représentants des Ministres de l'agriculture européens. Ils ont été rejetés à chaque fois - sans que l’on puisse savoir qui a voté contre et pourquoi : les réunions ont lieu derrière des portes closes et les comptes-rendus sont tenus secrets… (5)

Et le couperet est tombé le 11 mars 2019 : la Commission européenne a demandé officiellement à l’EFSA, l’Autorité sanitaire, de renoncer purement et simplement à ses conclusions scientifiques, et à cet outil ambitieux et efficace, mis au point par une trentaine de toxicologues, qui permettrait de mesurer l’effet catastrophique des nouvelles molécules de pesticides sur les abeilles et la biodiversité AVANT qu’ils ne soient autorisés et déversés en quantités industrielles à travers toute l’Europe, et de bien vouloir valider à la place les tests voulus par les firmes agrochimiques elles-mêmes – Bayer-Monsanto, Syngenta-ChemChina, BASF, Dow Agrosciences et autres multinationales qui retirent plusieurs centaines de millions d’euros par an de la vente de ces pesticides !
C’est une trahison insupportable des autorités censées nous protéger. Et l’objectif est clair : garantir le plus longtemps possible les intérêts à court terme d’une petite caste de multinationales aux lobbys trop puissants.
Il faut se rendre à l’évidence : Les autorités censées contrôler les pesticides et protéger les citoyens européens ferment délibérément les yeux sur les effets mortifères des pesticides pour que les firmes industrielles puissent continuer à vendre leurs produits en toute impunité - et engranger le plus longtemps possible les bénéfices colossaux liés à ce commerce.

Ça ne peut plus durer comme ça. Faut-il rappeler les effets en cascade de cet effondrement de la biodiversité ?
- Chaque année en France plus de 80 000 tonnes de pesticides sont déversés dans nos campagnes ;
- 73 à 80 % des insectes volants ont déjà disparu de nos territoires au cours des 30 dernières années (6) ; la moitié des papillons en vingt ans et les abeilles et autres pollinisateurs sauvages meurent par milliards chaque année ;
- Un tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ;
- La diversité des plantes à fleurs est en rapide déclin sur plus de 80 % des sites étudiés au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ; et l'ONU de son côté annonce l'extinction de près de 20 000 espèces d'arbres et de plantes à fleurs dans les deux prochaines décennies si rien n'est fait pour enrayer l'extinction des pollinisateurs…
Va-t-on rester les bras croisés pendant que ce cataclysme silencieux se déroule dans nos campagnes, mettant directement en péril la biodiversité et l'avenir des générations futures ?

Il FAUT AGIR, ET VITE !

D'ici quelques jours, la Commission européenne va demander aux représentants des pays européens d'approuver le plan des lobbys et d'enterrer les véritables « Tests abeilles » pour imposer ceux de l'industrie.
Nous devons nous mobiliser massivement avant ce vote, pour faire pression sur la Commission européenne et l'obliger à appliquer immédiatement les tests abeilles conçus par ses propres experts scientifiques - pour enrayer l'érosion dramatique et affolante de la biodiversité, et retirer une fois pour toutes les pesticides tueurs d'abeilles de nos territoires avant qu'il ne soit trop tard. Pas de compromissions, pas de petits arrangements. Si les autorités prétendent vouloir mesurer les effets réels des pesticides sur les abeilles et notre environnement, qu'elles le fassent vraiment !

Malgré la force de frappe phénoménale déployée par les lobbys de l’industrie agrochimique, il nous reste une chance de réussir à les empêcher d’obtenir une victoire totale sur les abeilles, l’environnement et le bien commun : à force de campagnes répétées auprès des décideurs, à force de tirer la sonnette d’alarme et faire entendre la voix des citoyens, des apiculteurs et des scientifiques, notre association et toutes les ONG avec lesquelles nous travaillons étroitement à Bruxelles ont réussi à créer une fracture nette au sein même des institutions européennes, et à l’intérieur même de la Commission.
A l’heure actuelle, un petit groupe de fonctionnaires européens est entré en résistance, soutenu par l’EFSA, l’autorité européenne. Ils refusent – enfin ! – de se soumettre définitivement à la loi des lobbys, et œuvrent pour que le plan machiavélique des firmes ne soit pas mis à exécution lors du vote fatidique du SCoPAFF dans quelques jours.

Nous, citoyens conscients des enjeux et soucieux de protéger les abeilles, l’environnement et toute la chaîne alimentaire, devons nous mobiliser de toutes nos forces pour les soutenir et faire barrage à la mainmise des lobbys !

Pour que non seulement leurs pseudo-tests abeilles ne soient pas adoptés, mais que les tests réellement efficaces préconisés par les scientifiques le soient à la place !

(1) Pollinisateurs : Bruxelles plie devant l’industrie – Le Journal de l’environnement, relayé par Euractiv
(2) Rapport de POLLINIS sur le blocage au niveau européen des “Tests abeilles”
(3) EFSA Guidance Document on the risk assessment of plant protection products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees) EFSA Journal 2013;11(7):3295
(4) Hazards of pesticides to bees - 13th international sympos ium of the ICP-PR Bee protection group, October 18 – 20 2017 , Valencia (Spain) 86   Julius-Kühn-Archiv, 462, 2018 1.20 OECD GD 239 Honey bee larvae in vitro testing and solvents: on the job training, Mark John Miles.
(5) POLLINIS a saisi la médiatrice européenne pour les obtenir ; et la médiatrice lui a donné raison dans un avis publié le 10 mai 2019
(6) More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas, Caspar A. Hallmann , Martin Sorg, Eelke Jongejans, Henk Siepel, Nick Hofland, Heinz Schwan, Werner Stenmans, Andreas Müller, Hubert Sumser, Thomas Hörren, Dave Goulson, Hans de Kroon - PLOS Published: October 18, 2017

 

 

PÉTITION À LA COMMISSION EUROPÉENNE

Pour l’adoption des #TestsAbeilles qui permettent de préserver les pollinisateurs et l’ensemble de la chaîne alimentaire face aux pesticides les plus toxiques

• Attendu que les abeilles et les pollinisateurs sauvages disparaissent à un rythme alarmant, mettant en péril l’ensemble de la chaîne alimentaire ainsi que l'avenir de nos productions agricoles et que les scientifiques du monde entier s’accordent sur le rôle déterminant des pesticides dans cette hécatombe ;

• Attendu que de l’aveu même des entreprises de l’agrochimie, moins de 20% des effets connus des pesticides sur les pollinisateurs sont aujourd’hui testés avant d’autoriser la vente d’un produit sur le marché européen, et que les autorités sanitaires, dans la procédure d'autorisation des substances chimiques, ne prennent pas en compte les études qui démontrent de nouveaux effets délétères ;

• Attendu que pour pallier ces lacunes gravissimes, qui mettent en danger les pollinisateurs, l’environnement et notre sécurité alimentaire, l’EFSA (l’autorité sanitaire européenne), mandatée par vos soins, a publié dès 2013 les recommandations d’une trentaine d’experts pour l’élaboration de nouveaux « tests abeilles » permettant d’évaluer véritablement l’impact des nouveaux pesticides et de mieux protéger les pollinisateurs ;

• Attendu que ces recommandations ont été frontalement attaquées par les lobbys des firmes agrochimiques et rejetées à plusieurs reprises par un vote collégial des représentants des États membres réunis en comité;

Nous, citoyens français et européens, soucieux de préserver les pollinisateurs, l’environnement et le système alimentaire que nous lèguerons aux futures générations, et révoltés de voir nos institutions européennes plier sous le poids des lobbys, exigeons l’adoption de toute urgence en Europe des « tests abeilles » tels qu’ils ont été préconisés par l’EFSA en 2013.

https://info.pollinis.org/testsabeilles-commission-europeenne/

SAUVEZ LES ABEILLES !

Arrêtez d'ignorer les risques mortels pour les abeilles lors de l'homologation de nouveaux pesticides

Nous avons une immense opportunité de sauver les abeilles des pesticides dangereux. Ce mois-ci, les gouvernements européens se réunissent à Bruxelles pour repenser la manière dont les pesticides dangereux sont approuvés et homologués. Ensemble, nous pourrions les convaincre de soutenir des normes beaucoup plus élevées, qui interdisent les pesticides tueurs d'abeilles.
Le cœur du problème? Les lobbyistes de Bayer et de Dow font tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir leurs produits chimiques nocifs dans les champs européens.
Signez cette pétition maintenant, pour encourager les gouvernements de l'UE à faire en sorte que de nouvelles procédures d'homologation de pesticides soient adoptées afin d'assurer un niveau élevé de protection pour les abeilles et la santé humaine.
Les pesticides toxiques et l'agriculture intensive tuent nos abeilles - mais de plus en plus de pesticides continuent à être approuvés. Nous avons maintenant l'opportunité de renverser la courbe.
Avant la fin de l'année, l'Union européenne souhaite améliorer la manière dont elle homologue les pesticides en accordant davantage d'attention à la manière dont ils nuisent aux abeilles - mais d'abord, les gouvernements européens doivent approuver ce plan. Ensemble, nous devons convaincre nos gouvernements d’améliorer le système d'homologation et de prendre en compte l'avis de scientifiques dont la protection des abeilles est une priorité.

Si nous réussissons, nous pourrions convaincre les gouvernements européens d’approuver des normes plus élevées d’ici la fin du mois de décembre.
Sous la pression de membres de SumOfUs comme vous, l'UE a déjà testé l'utilisation de normes plus strictes lors de l'examen de trois pesticides néonicotinoïdes toxiques, ce qui a conduit à leur interdiction plus tôt cette année. Et si l'UE avait adopté ces règles plus strictes plus tôt, les produits chimiques nocifs pour les abeilles tels que le sulfoxaflor, le flupyradifurone et le cyantraniliprole n'auraient jamais pu être déversés dans la nature.
Pouvez-vous signer la pétition appelant les gouvernements européens à améliorer la manière dont l'UE homologue tous ces nouveaux pesticides ?

Nous comptons tous sur les abeilles pour polliniser les fruits, les légumes et les cultures. Mais dans le monde entier, les abeilles sont en déclin, et à moins que nos gouvernements et l'UE ne prennent des mesures concrètes pour sauver les abeilles, cette tendance ne semble pas prête de s'inverser.
La méthode actuelle pour homologuer les pesticides est inadéquate. Elle ignore ce qui peut nuire aux abeilles. Mais à moins que le comité ne se sente vraiment sous pression, il pourrait s'en prendre à la biodiversité qui nous entoure. C'est pourquoi les membres de SumOfUs comme vous se mettent en action pour demander à l'UE de prendre en compte:
Les effets à long terme des pesticides sur les abeilles et leurs colonies.
Les effets de l'exposition des abeilles à de faibles concentrations de pesticides.
Les effets cumulatifs de l'exposition à plusieurs pesticides.

Et nous demandons aussi à ce que l'UE n'approuve ces pesticides qu'en dernier recours, lorsque toutes les options non chimiques auront échoué.

https://actions.sumofus.org/a/sauvez-les-abeilles-dites-au-gouvernement-belge-de-respecter-l-interdiction-europeennes-de-pesticides-tueurs-d-abeilles

 

 

LA DISPARITION DES INSECTES

Papillons, scarabées, libellules… tous ces insectes pourraient bien avoir disparu d’ici un siècle, entraînant un « effondrement catastrophique de tous les écosystèmes naturels », selon une étude publiée dimanche 10 février dans la revue Biological Conservation. Cette publication, menée par des chercheurs des universités de Sydney et du Queensland, en Australie, constitue le premier rapport mondial sur l’évolution des populations d’insectes.

Et les résultats de l’étude sont alarmants. Au total, 40 % des espèces d’insectes sont en déclin, parmi lesquelles les fourmis, les abeilles, les éphémères, etc. Depuis trente ans, la biomasse totale des insectes diminue de 2,5 % par an. Leur taux d’extinction est huit fois plus rapide que celui des mammifères, des oiseaux et des reptiles. « A ce rythme-là, d’ici un siècle, il ne restera plus d’insectes sur la planète, alerte Francisco Sanchez-Bayo, l’auteur principal de l’étude. Ou alors à peine quelques espèces nuisibles qui se seront développées au détriment des autres. »

Cette crise est mondiale. Des effondrements de populations d’insectes ont été observés partout sur la planète. A Porto Rico par exemple, où une publication récente a révélé une chute de 98 % des espèces terrestres depuis trente-cinq ans. Ou encore en Allemagne, où d’autres chercheurs ont mesuré une diminution de 75 % des insectes dans les réserves naturelles protégées.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/02/13/la-disparition-des-insectes-un-phenomene-devastateur-pour-les-ecosystemes_5422766_3244.html

 

 

1/3 DES ESPÈCES MENACÉES


Une vaste méta-analyse scientifique lève le voile sur une extinction de masse sans précédent, qui concerne les populations d'insectes. Le risque est celui d'un effet domino déstabilisateur pour les écosystèmes.
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. Une sixième extinction de masse décime actuellement les espèces vivantes à un rythme inédit, 100 à 1000 fois plus rapide que ce qu'il était avant l'avènement de notre espèce, il y a plus de 10.000 ans. Parmi les animaux en danger d'extinction, on retrouve des espèces emblématiques, comme par exemple le guépard, la girafe ou l'orang-outan. On pense plus volontiers aux vertébrés, et plus particulièrement aux mammifères, mais il est une autre catégorie du vivant, souvent oubliée, qui disparaît aujourd'hui en silence : les insectes.

C'est ce que montre une vaste méta-analyse de 73 études, publiée dans la revue Biological Conservation. Ses résultats sont édifiants : plus de 40 % des espèces d'insectes sont menacées d'extinction. La masse d'insectes décroît même, depuis plusieurs décennies, de 2,5% par an. De quoi imaginer une disparition totale de ces invertébrés en moins d'un siècle. En cause, l'agriculture intensive. "La conclusion est claire : à moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, les insectes auront pris le chemin de l'extinction en quelques décennies", écrivent les auteurs.

Le constat est accablant : 41% des espèces d'insectes voient leurs populations décliner de plus de 30%, dont 31% sont aujourd'hui menacées d'extinction. Ces chiffres sont considérablement plus élevés que la moyenne des vertébrés, où 22% des espèces voient leur population décliner. Un chiffre qui s'élève à 26% pour les oiseaux, et à 15% pour les mammifères terrestres. Ce qui équivaut selon eux "au plus massif épisode d'extinction" depuis la disparition des dinosaures. Les 73 études scientifiques passées en revue concernent tout particulièrement les espèces d'insectes européennes et nord-américaines, où davantage de suivis réguliers ont été réalisés.

Mais tous les insectes ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. Parmi les espèces terrestres, les mites et papillons (lépidoptères), les abeilles, guêpes, fourmis (hyménoptères) et enfin les coléoptères sont les plus touchées, comme le montre l'infographie interactive ci-dessous. Les libellules, les trichoptères et enfin les plécoptères, adaptées aux écosystèmes humides, sont également en déclin. "Il ne s'agit pas seulement d'espèces spécialisées occupant des niches écologiques", écrivent les auteurs. "De nombreuses espèces peu spécialisées, très communes, sont également touchées."

A l'origine de ce déclin, les chercheurs australiens pointent du doigt le recours aux pesticides de synthèse, et de façon plus générale l'intensification de l'agriculture dans le monde. Ces pratiques chassent en effet les insectes de leurs écosystèmes habituels, ces derniers étant remplacées par des espèces plus tolérantes aux composés chimiques, en particulier dans les zones marécageuses. Mais pas exclusivement : certains pesticides, comme les néonicotinoïdes, sont depuis quelques années sur la sellette, en particulier pour leur toxicité pour les insectes pollinisateurs, dont les abeilles.

L'agriculture n'est pas seule en cause : parmi les causes du déclin des insectes, on retrouve également l'irruption d'espèces invasives, et enfin le changement climatique, mais surtout dans les régions tropicales. "Il est urgent de réduire notre usage de pesticides pour ralentir la tendance actuelle", alertent les chercheurs.

https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/insectes-un-tiers-des-especes-menacees-de-disparition_131393

 

 

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