RUES STÉPHANOISES SUR ÉCOUTE

Publié le par Résistance verte

 

La "reconquête républicaine" passera par Saint-Etienne.

Montreynaud, Tarentaize-Beaubrun-La Cotonne et Montchovet font partie des dix-sept quartiers de France identifiés par le ministre de l'Intérieur pour y déployer une police de sécurité du quotidien (PSQ) renforcée.
08/02/19

Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a lancé vendredi 8 février une deuxième vague de 17 quartiers de « reconquête républicaine » (QPR), l'une des mesures phares de la police de sécurité du quotidien qui prévoit des renforts dans les quartiers désignés comme « difficiles ».
Un premier contingent de quinze quartiers avait été mis en place en 2018 par son prédécesseur Gérard Collomb et quinze nouveaux QRR étaient initialement programmés pour 2019.

Début janvier, le ministre de l'Intérieur avait annoncé son intention de doubler ce chiffre pour 2019 en y incluant notamment des quartiers situés en zone gendarmerie. Au total, 32 quartiers difficiles seront labellisés QRR cette année.
Dans la Loire, trois quartiers de reconquête républicaine ont été identifiés : Montreynaud, Tarentaize-Beaubrun-La Cotonne et Montchovet. Ils seront renforcés par 15 policiers supplémentaires au cours du mois de septembre.

Ces fonctionnaires seront affectés pour une partie à la lutte contre les trafics et pour l'autre partie à des patrouilles qui iront au contact de la population et des commerçants de ces quartiers.

LE MAIRE DE SAINT-ETIENNE DÉNONCE UN MANQUE DE CONSIDÉRATION DES ÉLUS LOCAUX

Via un communiqué, le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a tenu à réagir. Il dénonce les "effets d'annonce du gouvernement" et regrette que les élus locaux ne soient pas plus consultés sur les questions de sécurité. 

"Le 18 octobre 2017, le président de la République annonçait la mise en place prochaine d'une police de sécurité du quotidien. Depuis, c'est peu dire que les informations concernant cette annonce ont été quasiment inexistantes ou alors fluctuantes. [...] Depuis le début de mon mandat, je plaide en faveur d'une refonte en profondeur des politiques de sécurité, en redéfinissant clairement la gouvernance, les objectifs et les moyens mis en œuvre pour assurer, dans un esprit de co-construction et au service de l'intérêt général, une politique de sécurité renouvelée. Dans un contexte budgétaire restreint, j'ai procédé au recrutement de 60 policiers municipaux, au triplement du parc de vidéo-protection, à la construction d'un nouveau poste de police municipale et à l'amélioration de l'équipement des agents. [...]

Le gouvernement devait faire de la consultation des élus locaux une des clés de réussite du lancement de ce dispositif. [...] Annoncée à Saint-Etienne, dans un premier temps comme effective au 1er janvier 2019 avec 25 policiers supplémentaires, j'ai appris la semaine dernière, lors d'une réunion du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), que la mise en place de la police de sécurité du quotidien, était reportée au mois de juin. Ce soir (vendredi 8 février), nouvelle information communiquée par la préfecture de la Loire, ce ne serait plus 25 policiers mais seulement 15 pour une installation à nouveau reportée maintenant au mois de septembre. La confusion qui règne aujourd'hui et le manque de considération de la part du gouvernement vis-à-vis des élus locaux et des habitants me laissent pour le moins perplexe... Et c'est un euphémisme."

https://www.leprogres.fr/loire-42/2019/02/08/la-reconquete-republicaine-passera-par-saint-etienne

 

Des micros pour surveiller les rues stéphanoises

En mars, le quartier Tarentaize-Beaubrun-Couriot sera équipé d'une vingtaine de micros destinés à détecter les sons liés à des accidents, incivilités ou actes de vandalisme et d'alerter les secours. Il s'agit d'une expérimentation de six mois menée par la start-up stéphanoise Serenicity.

Un cri, une détonation, une tôle froissée, un pare-chocs embouti… Une vingtaine de micros seront installés dès le mois de mars dans le quartier Tarentaize-Beaubrun-Couriot afin de détecter ces bruits inhabituels. Des « oreilles » qui permettront d'orienter les caméras de vidéosurveillance en conséquence et de donner l'alerte aux services de secours. Il s'agit d'une expérimentation nommée Soft, l'acronyme de Saint-Étienne observatoire des fréquences du territoire, qui consiste à détecter des anormalités sur l'espace public et qui permet d'accélérer l'intervention des secours. Les capteurs développés par le leader mondial Analog Devices « ne capteront pas les conversations des passants ».

Serenicity, une start-up présidée par G. Verney-Carron

« Nous n'enregistrons rien. La Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a validé le fait que nous détectons seulement la signature acoustique », rassure Fabrice Koszyk. Il est l'un des six associés dans la start-up Serenicity, une société créée en juin 2018 et présidée par le fabricant d'armes et spécialiste de la sécurité stéphanois, Guillaume Verney-Carron. « J'ai croisé la route de G. Verney-Carron dans le cadre de sa démarche de safe city. Nous avons participé à un groupe de travail autour d'applications mobiles et puis nous avons développé une partie “sécurité de la smart city” », ajoute l'entrepreneur. « Notre volonté est de rendre plus efficient l'existant et de rendre moins intrusive la vidéo protection avec des personnes qui contrôlent les écrans. Le but est d'intégrer notre technologie aux systèmes existants au sein des collectivités », ajoute t-on chez Serenicity. Les éléments collectés seront, selon la start-up stéphanoise, la propriété de la collectivité avec laquelle ils travaillent.

2,2 M€ pour la smart city

Du côté de la start-up comme de la Métropole, on se défend de développer un système uniquement sécuritaire et à Fabrice Koszyk, de compléter : « Grâce aux sons collectés, peut-être qu'un jour nous serons en mesure de mener un recensement des chants des oiseaux par exemple. C'est aussi ça, la big data ». Non loin de rappeler le Big Brother d'Orwell et la maîtrise absolue, ces micros ne sont que le début d'une longue série de projets numériques co-financés par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) dans le cadre du Programme d'investissement d'avenir ville et territoires durables et solidaires qui dote Saint-Étienne Métropole de 2,2M€ pour développer le concept de « ville connectée ». « Le projet de Serenicity, qui nécessite dans un premier temps dans les 150 000 € entre dans ce projet global », explique Jean-Pierre Berger, conseiller de Saint-Étienne Métropole et président d'Épures, l'agence d'urbanisme de la région stéphanoise.

Commande à distance de l'éclairage public, internet des objets, gestion raisonnée des consommation d'eau des foyers… Autant de projets qui devraient prochainement voir le jour. « Nous nous sommes rapprochés de bailleurs sociaux. Nous comptons sur eux afin de convaincre les habitants des quartiers en difficulté de participer à nos panels. Par exemple, comme avec Serenicity, nous envisageons un partenariat avec Suez pour comprendre la consommation d'eau des foyers et les accompagner dans l'économie des ressources », ajoute l'élu. Jean-Noël Cornut, conseiller municipal délégué à la cité numérique et aux systèmes d'Information et de télécommunications complète : « Les habitants contribueront à la collecte de données utiles à une gestion plus écologique de leur quartier via notamment des applications mobiles tel que “MobiliSÉ”, qui permet aux Stéphanois d'envoyer des images et des informations concernant des travaux ou des incivilités en ville ».

Laurie Joanou
https://www.lessor42.fr/des-micros-pour-surveiller-les-rues-stephanoises-22534.html

 

Publié dans Environnement

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