VERS LA FIN DU DROIT À MANIFESTER ?

Publié le par Résistance verte

Mardi, les lycéens stéphanois ont de nouveau bloqué leurs établissements pour protester contre les différentes réformes en cours au sein de l’éducation, mais se sont retrouvés dans l'incapacité de manifester.
Les lycéens de Mimard ont été d'emblée dispersés par les forces de l’ordre, avant même d'avoir pu partir, même chose à Jean-Monnet et Benoit Fourneyron.

Certains lycéens ont tout de même tenté de rejoindre leurs camarades de Fauriel, mais ont du renoncé face aux multiples contrôles policiers effectués en centre-ville : 6-7 camions de la gendarmerie nationale Place du Peuple, des contrôles systématiques tous les 20 mètres...

Une série de contrôles qui fait suite à ceux commencés la veille pour attraper les lycéens qui avaient participé au "Black Friday".
Désormais, les interpellations ont lieu en amont des manifestations ! N'importe quoi est sujet à suspicion et peut déboucher sur une arrestation : des gants, un bonnet, un masque, un foulard, etc.
Une réalité qui est apparue sur la scène nationale depuis samedi dernier.

D’après Mediapart, ce jour-là, « les forces de l’ordre ont multiplié les arrestations de manifestants de manière préventive (...) Une vague d’interpellations massive dénoncée par de nombreux avocats. »
La simple possession d'un masque à gaz, d'un casque, ou même de sérum physiologique, est à présent prétexte à une arrestation. S'il n’y a pas forcément de poursuites derrière, les manifestants se retrouvent tout de même dans l'incapacité de manifester.

Pourtant les casques, masques et sérum physiologique n’ont rien d’offensif, il ne s’agit que de protections. Et quand on voit avec quelle facilité les forces de l’ordre utilisent du lacrymo et des flashballs, on comprend aisément pourquoi de plus en plus de manifestants s’en munissent en manifestations...

« On a inversé la logique du droit de manifester. C’est normalement à l’État de s’assurer que les citoyens puissent exercer leur droit de manifester dans de bonnes conditions. Là, la protection de l’ordre public a pris le pas», (Vincent Brengarth, avocat au barreau de Paris).
https://www.mediapart.fr/journal/france/101218/les-arrestations-preventives-ou-la-fin-du-droit-de-manifester

En outre, notons que depuis l’attentat de Strasbourg nous sommes passés en « urgence attentat ». Ce niveau d’alerte maximum de l’État d’urgence, implique une « mobilisation plus forte du dispositif Sentinelle du territoire » ainsi que des « mesures exceptionnelles comme des contrôles d’identité renforcés »
http://www.courrier-picard.fr/154655/article/2018-12-12/attaque-de-strasbourg-urgence-attentat-et-etat-durgence-quelle-difference

Ainsi, même si les manifestations ne sont pas officiellement interdites, tout semble mis en place pour les en empêcher. Ce qui ne découragent pas pour autant les manifestants.
Que ce soit les lycéens ou les gilets jaunes, tous sont bien décidés à continuer les mobilisations.

Le Gueuloir
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