BIOCARBURANTS ET AGROÉNERGIE, UNE VASTE IMPOSTURE !

Publié le par Résistance verte

 

Utiliser des denrées alimentaires, telles l’huile de palme et le colza, comme carburant ou combustible pour des centrales électriques et thermiques n'est autre qu'un moteur de déforestation et une imposture qui empêche des millions de personnes de manger à leur faim. Ou comment l'agroénergie détruit la forêt tropicale.

Expropriations, déforestation dans les régions tropicales et hausse du prix des denrées alimentaires : la production de bioéthanol et de biodiesel pose de nombreux problèmes pour l'être humain et l'environnement.

Les coûts de production étant plus élevés chez nous et les terres agricoles plus rares, des matières premières telles que l'huile de palme, l'huile de soja et le « bioéthanol » sont importés en masse d'outre-mer et incorporés au carburant fossile. Des écosystèmes naturels sont sacrifiés à ces carburants pour faire de la place aux plantations de palmiers à huile, de soja et de canne à sucre. La destruction des forêts tropicales accroît le réchauffement climatique dû aux grosses quantités de CO2 relâchées dans l'atmosphère.

Comme des millions d'hectares de champs sont désormais occupés par des cultures de plantes énergétiques et ne peuvent donc plus servir à la production de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux, l'offre de denrées alimentaires s'amenuise et les prix augmentent. De plus, le biocarburant est presque exclusivement fabriqué à partir de plantes alimentaires.

Sauvons la forêt mène des actions de sensibilisation à ce sujet. Elle demande à l’Union européenne et à ses États membres de mettre fin à cette politique énergétique dévastatrice.

BIOFUTURE, NI PROPRE, NI VERTE

Les décideurs et les industries de plus de 20 pays ont approuvé une « Plateforme Biofuture » qui utiliserait des biocarburants, des bioplastiques et des biomatériaux comme alternatives aux énergies fossiles. Les conséquences pour la terre, la production alimentaire, les écosystèmes et les droits humains seraient désastreuses.

Contre les effets du changement climatique, les gouvernements doivent adopter des énergies renouvelables, stopper la surconsommation d'énergie et de ressources et protéger les écosystèmes.

Actuellement, le secteur des énergies renouvelables couvre 10% de la consommation mondiale d'énergie. Tandis que pour la plupart des gens l'énergie renouvelable est éolienne et solaire, la combustion de bois et d'autres types de biomasse est en fait à l'origine de plus de la moitié de l'énergie produite.

Les gouvernements et organisations internationales poussent à la consommation de biomasse pour créer une nouvelle « bioéconomie » avec des initiatives telles que la « plateforme Biofuture ». Celles-ci promeuvent non seulement la combustion de biomasse pour créer de l'énergie mais aussi la production de bioplastiques à base de matières premières agricoles.

Remplacer les énergies fossiles par de la biomasse ou des produits agricoles est tout sauf écologique. Il faudrait pour cela brûler les forêts du globe dans des mégas centrales électriques et cultiver arbres et plantes, comme le palmier à huile, dans de vastes monocultures industrielles.
- Les forêts et les arbres stockent du carbone sur le long terme. Brûler du bois est au moins aussi mauvais pour le climat que brûler du charbon.
- Les plantations agricoles et forestières industrielles requièrent d'immenses étendues de terre, menant à de graves conflits territoriaux et à des violations des droits humains.
- Les plantations menacent les écosystèmes naturels, la biodiversité, les sols et les réserves d'eau.
- La « bioéconomie » détournerait des ressources autrement affectées à des technologies plus écologiques (éolienne, solaire).

Pétition soutenue par plus de 80 organisations environnementales internationales.
https://www.sauvonslaforet.org/petitions/1152/la-plateforme-biofuture-ni-propre-ni-verte

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