SOLIDARITÉ AVEC NOTRE-DAME-DES-LANDES

Publié le par Résistance verte

Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. Là où l’État et les multinationales qui le commanditent avaient juré d’imposer leurs nuisances, au mépris des populations et de leur environnement, ils se sont heurtés à une résistance dont l’obstination, dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, a fait plier le pouvoir. La résistance n’a pas seulement démontré que l’État, « le plus froid des monstres froids », n’était pas invincible — comme le croit, en sa raideur de cadavre, le technocrate qui le représente —, elle a fait apparaître qu’une vie nouvelle était possible, à l’encontre de tant d’existences étriquées par l’aliénation du travail et les calculs de rentabilité.

Une société expérimentant les richesses de la solidarité, de l’imagination, de la créativité, de l’agriculture renaturée, une société en voie d’autosuffisance, qui a bâti boulangerie, brasserie, centre de maraîchage, bergerie, fromagerie. Qui a bâti surtout la joie de prendre en assemblées autogérées des décisions propres à améliorer le sort de chacun. C’est une expérience, c’est un tâtonnement, avec des erreurs et des corrections. C’est un lieu de vie. Que reste-t-il de sentiment humain chez ceux qui envoient flics et bulldozers pour le détruire, pour l’écraser ?

Quelle menace la Terre libre de Notre-Dame-des-Landes fait-elle planer sur l’État ? Aucune si ce n’est pour quelques rouages politiques que fait tourner la roue des grandes fortunes. La vraie menace est celle qu’une société véritablement humaine fait peser sur la société dominante, éminemment dominée par la dictature de l’argent, par la cupidité, le culte de la marchandise et la servitude volontaire.

C’est un pari sur le monde qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Ou la tristesse hargneuse des résignés et de leurs maîtres, aussi piteux, l’emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l’issue, nous savons que le parti pris de la vie renaît toujours de ses cendres. La conscience humaine s’ensommeille mais ne s’endort jamais. Nous sommes résolus de tout recommencer.


Raoul Vaneigem, Barcelone, le 13 avril 2018

https://lavoiedujaguar.net/Solidarite-avec-Notre-Dame-des-Landes

ÉVACUATION DE LA ZAD

Bientôt deux semaines que les troupes de la gendarmerie nationale ont pris position sur la Zad de Notre-Dames-des-Landes. Ce bout de territoire français vit désormais au rythme des destructions de lieux de vie jugés non conformes, des opérations de déblaiements, des perquisitions, de l’arrivée de centaines soutiens, des rassemblements, des affrontements, des tentatives de reconstructions, des assemblées... Depuis la reprise des rencontres entre la délégation de la Zad et la préfète Nicole Klein la semaine dernière, la guerre semble être entrée dans une phase administrative : les habitants ont jusqu’à ce soir minuit pour présenter leur « projet ». Bien que cette reprise des « négociations » ait marqué une relative acalmie sur place, les blindés et l’infanterie occupent encore le terrain et les risques de nouvelles expulsions, destructions, perquisitions sont encore bien réels.

Des lecteurs de lundimatin nous ont fait parvenir un tryptique vidéo relatant la première semaine de l’opération du 9 au 15 avril. En donnant à voir les moments en marge du spectaculaire, on y découvre la texture des évènements ayant marqué la semaine.

La zad est toujours rejoignable.

https://lundi.am/ZAD-Operation-Cesar-II-premiere-semaine

Publié dans ZAD

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