POUR UNE UNIVERSITÉ OUVERTE !

Publié le par Résistance verte

 

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE DE L’ÉDUCATION

Appel de la première Coordination nationale de l’éducation pour le retrait du Plan étudiants, de la plateforme Parcoursup et des projets de réforme du bac et du lycée

Considérant que le « projet de loi relatif à l’orientation des étudiants » – dont l’application est à ce stade illégale et fait l’objet de recours devant le Conseil d’État -, les projets de réforme du Bac et du lycée font système et doivent être retirés, les membres de la Coordination nationale de l’éducation réuni.e.s le 27 janvier appellent :

• les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s, les parents d’élèves et les personnels de l’éducation et de l’ESR à se mettre en grève et à participer massivement à la journée nationale de mobilisation du 1er février, sous toutes les formes décidées collectivement ;

• à la mobilisation pour la journée d’action du 6 février;

• à banaliser les journées du 1er et du 6 février dans les établissements d’enseignement supérieur ;

• à la tenue d’assemblées générales dans tous les lycées et établissements d’enseignement supérieur en vue d’amplifier la mobilisation et de définir de nouvelles modalités d’action;

• à participer massivement à la Coordination nationale de l’éducation du 8 février.

La CNE s’est réunie à l’initiative des organisations et associations suivantes :
CGT-Ferc, FO Fnec FP, FSU, SGL, Solidaires étudiant.e.s, SUD éducation, UNEF, UNEL, UNEL SD, ASES, FCPE, Sauvons l’Université !

APPEL DU 20 JANVIER 2018

Appel unitaire au retrait de la plateforme Parcoursup et du projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants (loi ORE)

Nous, étudiant.e.s, membres du personnel de l’enseignement supérieur et secondaire, réuni.e.s le 20 janvier 2018 à la Bourse du Travail de Paris, réaffirmons que la réforme mise en place à marche forcée par la ministre Frédérique Vidal, alors que le projet de loi est encore en discussion devant le Parlement, ne se limite pas à la « correction » d’une lacune dans le système APB : cette réforme met en place les conditions d’une compétition et d’un classement entre élèves, enseignants, formations, universités et territoires. Les propos de la ministre devant la commission « Culture, Éducation, enseignement supérieur et recherche » du Sénat laissent clairement entendre que le projet de loi ORE est pensé et imposé en lieu et place d’un investissement massif de moyens à hauteur de l’enjeu que représente l’Université pour le pacte républicain. Si le président de la République a pu dire qu’« il faut en finir avec le mythe de l’université pour tous », ce n’est assurément pas à lui de décider de cela. L’université publique française est fondée sur l’accès de droit à tout titulaire du bac, sur des frais d’inscription contenus et fixés nationalement, sur l’égalité entre établissements et sur le cadrage national des diplômes.

Tous ces principes sont remis en cause par le projet de loi ORE et par la mise en place de Parcoursup. Ceci rend possible à moyen terme une augmentation des frais d’inscription, l’endettement des étudiants et la privatisation de filières complètes de l’enseignement supérieur public. S’opposer à cette loi par tous les moyens légaux est une ardente obligation : il y va de l’égalité de toutes et tous pour l’accès à la connaissance, à la formation et à la culture.

Voilà pourquoi nous appelons :

1. à ne pas répondre aux injonctions de mise en oeuvre d’une procédure prévue par une loi non encore votée. L’éthique du fonctionnaire engage à refuser les ordres illégaux.
Nous appelons aussi à saisir les tribunaux administratifs contre toute décision prise dans les établissements en dehors du cadre démocratique de vote dans les conseils centraux.

2. à défendre le baccalauréat comme premier grade universitaire fondé sur des épreuves anonymes en fin de terminale. Nous appelons, avec les collègues du secondaire mobilisés contre la réforme du Bac et pour le retrait de Parcoursup, à ne pas participer à la mise en place de la réforme, en donnant des avis positifs à tous les élèves. Nous appelons les parents d’élèves à interpeler sur ce point leurs représentants, les directions des lycées et les élus de la nation.

3. à investir immédiatement dans l’université le milliard par an dont la nécessité est reconnue depuis longtemps par tous : les 6 milliards du crédit impôt recherche est la preuve que l’argent est disponible pour l’université, sans porter atteinte aux équilibres budgétaires nationaux.

4. à la réunion d’une Coordination nationale de l’éducation samedi 27 janvier 2018.

5. à participer massivement à la journée nationale de grève et de mobilisation du 1er février.

COORDINATION NATIONALE DE L’ÉDUCATION DU 27 JANVIER

Le Plan étudiants et la plateforme « Parcoursup » sont imposés à la communauté éducative et à l’enseignement supérieur en dehors de tout cadre légal. Cette réforme suscite protestations et inquiétudes. En témoignent les assemblées générales dans les universités et les établissements scolaires, les multiples motions de protestation dans les instances et l’Appel unitaire adopté lors du meeting du 20 janvier à la bourse du travail.

Le projet de réforme du bac qui est dévoilé ce jour, découle de la mise en place de la sélection : il met directement en cause le caractère national de ce diplôme qui ne vaudrait plus que ce que vaut la réputation du lycée. Il instaure une concurrence généralisée entre les établissements.

Les organisations syndicales et associations signataires renouvellent leur appel aux lycéen·ne·s, parents d’élèves, étudiant·e·s et personnels des universités et de l’enseignement secondaire à participer massivement à la journée nationale de mobilisation du 1er février, sous toutes les formes décidées collectivement, y compris par la grève, en vue d’obtenir le retrait du projet de loi et le maintien du bac garantissant l’accès de droit à l’enseignement supérieur.

À la suite de l’Appel du 20 janvier, nos organisations et associations participeront et appellent à participer à la première réunion de la Coordination nationale de l’éducation qui se tiendra samedi 27 janvier de 13 h à 17 h Université Sorbonne-Nouvelle -Paris 3 - Amphi B

CGT FERC, FNEC FP-FO, FSU, SGL, SOLIDAIRES ÉTUDIANT-E-S, SUD ÉDUCATION, UNEF, UNL, UNL-SD, ASES, FCPE, SLU


Du plan étudiant à la plateforme Parcoursup
l’instauration de la sélection.

Appel unitaire à mobilisation pour le 1er février

Ce mois de janvier est celui de la mise en place dans les universités et les lycées de la plateforme « Parcoursup », et ceci alors que la réforme n’a pas encore été votée par les sénateur·trices et n’est donc pas adoptée !

Les attendus nationaux, déclinés en attendus locaux sont rédigés dans la précipitation et sans consultation réelle des enseignant·es concernés, ni des instances des universités. Ceux-ci vont pourtant être déterminants pour l’accès des bachelier·es aux formations post-bac et pour les réorientations des étudiant·es en cours de Licence. Dans de nombreux cas, ils vont bloquer l’accès des jeunes aux filières de leur choix, leur imposer des remises à niveau qui ne sont pas encore connues ou organisées, mais aussi décourager les candidatures, en particulier des élèves les plus en difficulté. Dans de nombreux cas, la mise en place de capacités d’accueil, la croissance du nombre de bachelier et la multiplication des vœux (non hiérarchisés) vont transformer la quasi-totalité des filières ouvertes en filières sélectives.

a procédure d’émission des vœux et d’affectation semble aujourd’hui extrêmement complexe, voire irréalisable. La limitation à 10 vœux, l’absence de hiérarchisation des vœux, le calendrier d’affectation, vont générer d’énormes difficultés à la fois pour les services universitaires et pour les jeunes et leurs familles. Nous craignons que de nombreux bachelier·es restent sans affectation jusqu’à la dernière phase, celle où le recteur leur fera une proposition d’affectation dans une filière dans laquelle il reste des places vacantes mais en dehors de leurs dix vœux. Proposition à laquelle il faudra répondre sous 24 heures !

Rapidement la mission Mathiot, sur la réforme du baccalauréat et de l’enseignement au lycée, va rendre son rapport. Il n’y a pour l’instant pas d’informations concrètes en dehors des fuites dans la presse. Toutefois, celle-ci risque d’entériner la fin du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire, la réduction du nombre d’épreuves terminales et des horaires disciplinaires. Nous craignons que cette réforme ne renforce les inégalités territoriales et sociales et nos organisations alertent les personnels, les jeunes et les familles sur la nécessité de réagir rapidement aux premières annonces ministérielles si elles confirment bien ces craintes.
Depuis l’annonce du Plan étudiant par le ministère, notre interfédérale a fait part de son opposition à la réforme, toutes les craintes exprimées depuis cette annonce se révèlent fondées. Cette réforme instaure de fait une sélection pour l’accès à l’université d’une partie des jeunes et à terme pour toutes et tous.
Pour la stopper, empêcher l’instauration de la sélection, conserver un baccalauréat garantissant l’accès de toutes et tous les bachelier.es sur tout le territoire aux filières post bac et aux établissements de leur choix, empêcher une réforme du bac et du lycée qui soit un outil au service de la mise en place de cette sélection, il faut nous mobiliser.

C’est pourquoi nos organisations réaffirment :
• La nécessité de travailler tout au long du parcours au lycée à une orientation choisie, construite, accompagnée et évolutive avec les moyens humains et financiers nécessaires.

• Le maintien du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire, garantissant l’accès de tous les bacheliers sur tout le territoire aux filières post bac et aux établissements de leur choix.

• L’exigence d’ouverture massive de places supplémentaires en 1er cycle post bac et le refus de toute sélection à l’entrée à l’université.

• Le refus de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications.

• L’abandon du projet de loi sur 1er cycle post bac et du plan « étudiants » qui l’accompagne, condition pour permettre une réforme ambitieuse qui garantisse le libre accès de chacun au supérieur.

Sur cette base, elles appellent les lycéen·nes, les étudiant·es, les personnels des universités et des lycées à se mobiliser le jeudi 1er février 2018, à se réunir, dès maintenant, en assemblée générale pour débattre des réformes, à se mobiliser sous toutes les formes décidées collectivement, y compris par la grève le 1er février, dans les universités et les lycées pour alerter sur les dangers des réformes en cours.

CGT, FO, FSU, SUD Éducation, SOLIDAIRE Étudiants, UNEF, UNL, SGL

https://www.ferc-cgt.org/ce-mois-de-janvier-est-celui-de-la-mise-en

COMBATTRE LA SÉLECTION À L’ENTRÉE DE L’UNIVERSITÉ


Ce 15 janvier ouvre Parcoursup, la nouvelle plateforme d’orientation post-bac. Derrière cette réforme d’apparence technique, mal préparée, imposée à marche forcée après l’échec programmé d’Admission post-bac (APB), se cache la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université. Nous, lycéen·nes, étudiant·es, personnels de l’enseignement secondaire et supérieur, appelons à une mobilisation d’ampleur contre ce recul historique du droit à l’éducation.
 
Nous demandons l’arrêt de la mise en place de la réforme engagée avant même son adoption par le Parlement.
Nous exigeons le retrait du projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants ».
 
Premièrement, elle organise dans les faits l’exclusion de nombreux et nombreuses bachelier·es de l’université.
Deuxièmement, la réforme telle qu’elle est proposée est inapplicable pratiquement et pourtant d’ores et déjà imposée dans les lycées et universités en dehors de tout cadre légal.
 
Nous sommes convaincu·es que la situation actuelle n’est pas tenable et doit évoluer mais avant tout par un investissement massif dans l’éducation, la création de places dans le supérieur, l’embauche de personnels titulaires et la mise à disposition de locaux.
 
L’année dernière, plus de 17 000 jeunes se sont retrouvé·es sans solution d’inscription dans le supérieur. Cette situation ne s’explique pas tant par la faillite d’APB que par l’impréparation des gouvernements successifs face à la hausse démographique. Elle n’appelle pas une simple solution technique mais le choix politique de donner les moyens aux établissements d’accueillir les étudiant·es dans de bonnes conditions. Il faudrait pour cela deux milliards d’euros par an, soit dix fois plus que l’investissement proposé par le gouvernement pour cinq ans. Faute de moyens, le nombre d’étudiant·es qui resteront sur le carreau en 2018 est amené à exploser, avec un niveau de tension dans les établissements universitaires jamais atteint.
 
Parcoursup reproduira les injustices d’APB en les aggravant. Le gouvernement propose aux élèves de terminale de faire seulement dix vœux, sans les hiérarchiser. À partir de mai, en pleines révisions du bac, les lycéens et lycéennes qui auront reçu plusieurs réponses positives auront quelques jours pour faire leur choix et laisser les places restantes aux candidat·es moins bien classé·es qu’elles.eux par les établissements d’enseignement supérieur – réattribution des places qu’APB effectuait automatiquement. Ce sont d’interminables listes d’attente qui seront ainsi engendrées, génératrices d’anxiété pour les lycéen·nes et leurs familles.
 
De leur côté, les universités sont supposées choisir – donc sélectionner – les candidat·es en fonction d’ « attendus » définis par le ministère et déclinés localement en critère de sélection. En affirmant remplacer APB, le gouvernement ne fait que transférer les difficultés vers les établissements. Le cadrage national des attendus consiste, pour chaque filière, en une liste de compétences très générales, qui dresse le portrait élitiste d’un·e étudiant·e idéale, dont l’objectif réel est de tenter de justifier l’exclusion d’une partie des bachelier·es. Cette exclusion sera d’autant plus forte que les budgets seront serrés et que la direction d’établissement aura une politique d’« excellence ».
 
Au passage, cela renforcera l’autocensure d’une partie de la jeunesse, notamment issue des classes populaires. Il s’agit bien d’organiser les flux d’étudiant·es, en imposant à certain·es lycéen·nes certaines filières, créant ainsi des licences à différentes vitesses et des voies de garage, organisant la casse du cadre national des diplômes puisque les capacités d’accueil seront fixées par les rectorats et les parcours par les établissements. Quant aux attendus locaux, de plus en plus de composantes des universités annoncent les boycotter, n’ayant ni les moyens ni la volonté de classer les milliers de candidatures qu’elles s’apprêtent à recevoir. Et comment le pourraient-elles, si ce n’est en créant leurs propres algorithmes locaux, tournant selon des critères occultes sur la base des notes, des filières du bac (ou des modules suivis en lycée), voire des lycées fréquentés, ou dans le flou le plus total en mettant en avant un melting-pot de compétences et de qualités comportementales ?
 
En ordonnant l’application immédiate d’une réforme inique, le gouvernement organise un crash-test sur une génération sacrifiée d’élèves de terminale.
 
Ne nous y trompons pas : il s’agit moins là d’amateurisme que de la volonté d’imposer à tout prix, sans le dire, et pour des raisons idéologiques, la sélection à l’entrée de l’université. Pour contenir le flux des bachelier·es qui s’y engagent et ainsi limiter l’investissement nécessaire pour les accueillir et les faire réussir.
 
C’est détruire un droit fondamental de la jeunesse : celui, pour tout.e bachelier.e, d’accéder aux études supérieures. En cela, cette réforme est cohérente avec celle du bac et du lycée modulaire, que nous dénonçons également. Le gouvernement entend en effet supprimer les différentes filières pour en fait démultiplier des parcours (constitués de modules validables) étroitement corrélés aux attendus du supérieur et choisis dès la classe de seconde. Il s’agit d’orienter de plus en plus tôt, pour présélectionner en amont d’un baccalauréat en pratique vidé de sa substance et privé de son statut de premier grade universitaire.
 
La sélection ne favorisera jamais la réussite des jeunes : elle ne fait qu’alléger les finances publiques sur le dos des plus fragiles, favoriser la reproduction sociale par l’école et accentuer la différentiation des universités (« excellence » vs « tout venant »). Si un·e étudiant·e sur deux échoue lors de sa première année universitaire, ce n’est pas parce qu’il.elle n’y aurait pas sa place, par nature ou par la magie du déterminisme social. C’est parce que les moyens ne sont pas donnés pour l’accompagner dans ses études à la hauteur de ceux qui sont octroyés dans d’autres filières. C’est pourquoi nous mettrons tout en œuvre, aujourd’hui et demain, pour obtenir le retrait d’un projet de loi qui va à l’encontre des besoins de notre société.
 
Signataires :
Marie Buisson, secrétaire générale de la FERC CGT
Hubert Raguin, secrétaire général de la FNEC FP FO
Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU
Ugo Thomas, président du SGL
Florent Chapelle, porte-parole de Solidaires étudiant-e-s
Aurélien Boudon, co-secrétaire général de la fédération SUD Education
Lilâ Lebas, présidente de l’UNEF
Clara Jaboulay, secrétaire générale de l’UNL
Nathan Le Potier, secrétaire général de l’UNL SD

https://www.ferc-cgt.org/tribune-unitaire-aujourd-hui-et-demain-combattre-la-selection-a-l-entree-de-l

Publié dans Solidarité

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