NANOPARTICULES DANS LES BÛCHES DE NOËL

Publié le par Résistance verte

A l'approche des fêtes de Noël, Agir pour l'environnement révèle aujourd'hui la présence potentielle de nanoparticules dans plus de 100 desserts glacés : Carte d'Or, Lenôtre, Fauchon, Leclerc, Picard, Monoprix, Lidl, Auchan...
Il s'agit essentiellement des buches de Noël qui contiennent des colorants que l'on retrouve très fréquemment à l'échelle nanoparticulaire : le E171 (dioxyde de titane) qui permet de blanchir, d'opacifier ou de faire briller et le E172 (oxydes de fer), colorant rouge.

La présence de ces additifs n'est pas mentionnée sur l'étiquette des produits. Le dioxyde de titane a été identifié en juin par l'Agence nationale de santé (Anses) comme un "cancérogène suspecté par inhalation pour l'Homme", tandis qu'en janvier dernier, une étude de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) montrait que l'exposition chronique de rats à l'E171 favorisait le développement de lésions colorectales précancéreuses.
Ces substances infiniment petites (un milliardième de mètre) peuvent plus aisément franchir les barrières physiologiques. Leurs effets toxiques sont de mieux en mieux documentés : dommages à l'ADN, perturbation du fonctionnement cellulaire, affaiblissement du système immunitaire...
 
Un consommateur averti en vaut deux... N'hésitez pas à consulter notre liste des produits suspects et partagez là à vos amis, voisins, familles...

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NANOTECHNOLOGIES

Depuis quelques années, le secteur des nanotechnologies est en pleine ébullition : les scientifiques ont réalisé qu’en fractionnant des matériaux connus en de minuscules particules, les propriétés de ces matériaux se modifiaient considérablement et créaient une infinité de nouvelles possibilités.
De nombreuses entreprises se sont donc spécialisées dans la fabrication et la commercialisation de ces substances, vendues à travers le monde pour rentrer dans les chaînes de production de divers secteurs.

Aujourd’hui, les scientifiques expérimentent l’utilisation de nanoparticules dans :
•    le transport (pour améliorer le rendement des moteurs, diminuer la corrosion des composants)
•    l’électronique (pour créer des écrans plats ultra HD et des écrans souples)
•    la cosmétique (pour mettre au point des crèmes solaires plus protectrices et résistantes à l’eau, du maquillage plus lisse et plus brillant ou des produits antirides)
•    la santé (pour mettre au point des médicaments mieux ciblés, diagnostiquer plus vite et traiter plus efficacement)
•    l’énergie (pour améliorer les cellules photovoltaïques ou éoliennes et mieux isoler les bâtiments)
•    l’agriculture (pour rendre les pesticides plus absorbables, améliorer les vaccins et doses d’hormones pour animaux)

Mais aussi dans l’alimentation, sous de nombreuses formes pour :  
– améliorer les emballages (solidité, transparence, conservation)
– diminuer la teneur en graisse, en sel ou en calories sans altérer leur goût (sel sous forme de nanoparticules)
– empêcher l’agglomération du sel, du sucre, des épices, du cacao ou autre (nanoparticules de dioxyde de silice)
– rendre les aliments plus brillants ou plus colorés (nanoparticules de dioxyde de titane)
– rendre une texture plus onctueuse, dans les plats préparés notamment (nanosilices)
– allonger la conservation (lycopène synthétique nanométrique)
– ralentir le mûrissement des fruits et légumes (nanoparticules de platine ou d’argent)

Tout comme les particules "classiques",  les nanoparticules sont diverses, et leur dangerosité varie. Certaines sont toxiques, d’autre non. Une approche au cas par cas est donc recommandée.
Dans le cas de particules toxiques, il semblerait néanmoins que la petitesse des nanoparticules accentue le danger.
A titre de comparaison, les nanoparticules sont 100 fois plus petites que les fameuses "particules fines" toxiques mesurées dans les gaz d’échappement des voitures.
Cette taille leur permet de s’infiltrer par la peau, le nez et la bouche non seulement dans le système respiratoire, mais aussi au coeur des alvéoles pulmonaires, dans le sang, dans les organes et dans le système nerveux, tout en se répandant au coeur des cellules.  En cas de toxicité, l’impact est donc beaucoup plus important.

Selon l’Institut québécois de recherche en santé et sécurité du travail (http://www.irsst.qc.ca/media/documents/pubirsst/R-646.pdf), qui a répertorié la quasi-totalité des études menées sur les effets des nanoparticules, plusieurs intoxications ont été constatées ces dernières années : infections pulmonaires, altération de l’ADN, perturbation du fonctionnement cellulaire, affaiblissement du système immunitaire…
L’une de ces particules, la NTC (nanotube de carbone) serait même considérée comme aussi toxique de l’amiante, tout en étant plus difficile à isoler.

Depuis décembre 2014, la réglementation européenne impose l’étiquetage des nanoparticules dans l’alimentation. Mais dans les faits, on en est loin.
Un avis de l’ANSES d’avril 2014 (L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) recommande l’adoption de mesures de restriction d’usage pour les nanoparticules les plus répandues, voire l’interdiction totale de l’utilisation pour les applications grand public. De son côté, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande, dans un rapport de 2013 l’application du principe de précaution.

NANOPARTICULES DANS LES BÛCHES DE NOËL
NANOPARTICULES DANS LES BÛCHES DE NOËL

Publié dans Pollution chimique

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