ABEILLES SAUVAGES MENACÉES

Publié le par Résistance verte

DES CHAMPIONNES DE LA POLLINISATION

Moins connues que leurs cousines domestiques, les abeilles sauvages sont pourtant des chaînons-clé de la pollinisation. Les bourdons, abeilles solitaires, halictes, mégachiles et autres xylocopes contribuent à polliniser plus de 80 % des plantes à fleur, étape nécessaire à la formation des fruits et des graines. Avec leur corps velu et leurs langues de différentes tailles, adaptées à chaque fleur, ce sont d'excellents pollinisateurs et un maillon essentiel de la biodiversité et de notre alimentation.

DES INSECTES INDISPENSABLES ET MÉCONNUS

Faute d'études, on ne connait pas l'état des effectifs de la grande majorité (79%) des espèces d'abeilles sauvages (1). Elles sont pourtant capitales pour la reproduction des fleurs et la beauté de nos paysages, mais aussi pour la qualité, la quantité et la diversité de notre alimentation. Leur présence dans un champ permet d'augmenter - parfois de doubler - les rendements de certains fruits et de légumes(2).

Les tomates ne peuvent être pollinisées efficacement que par les bourdons, les seuls à pouvoir faire vibrer ces fleurs pour qu'elles libèrent leur pollen ! (3). Mais les abeilles sauvages sont menacées par les pesticides, la monoculture, la suppression des haies, l'urbanisation, les maladies... On sait par exemple que près de la moitié (46 %) des espèces de bourdons d'Europe sont déjà en déclin (1)…


1. UICN, Union internationale pour la conservation de la nature : http://bit.ly/2lhL2Vu
2. http://science.sciencemag.org/content/339/6127/1608 
3. http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/botanique-bourdons-doivent-faire-vibrer-fleur-tomate-6801/

Un drame silencieux est en train de se jouer en ce moment-même. Les conséquences pourraient se révéler considérables pour notre environnement, la biodiversité et l'avenir même de nos cultures et de notre sécurité alimentaire, si nous n'intervenons pas rapidement.
Les scientifiques sont de plus en plus nombreux à penser que les abeilles sauvages (bourdons, abeilles solitaires, halictes, mégachiles, etc.) qui assurent une large proportion de la pollinisation de 80% des plantes à fleurs à travers le monde, sont en rapide déclin - notamment en France et en Europe.

Leurs morphologies variées et adaptées (poils branchus abondants pour récolter le pollen, langues de longueurs différentes pour puiser le nectar au fond des fleurs) en font des chaînons-clé de la biodiversité, et de la variété de notre alimentation. Les tomates par exemple, qui ont une pollinisation vibratile, ne sont pas pollinisées efficacement par les abeilles domestiques alors que les bourdons, eux, peuvent faire vibrer les fleurs suffisamment fort pour en libérer le pollen !

Actuellement près de la moitié des espèces de bourdons d'Europe sont déjà en déclin. Et déjà plus d'une espèce de plantes à fleurs sur dix est menacée d'extinction en France.
Pareil aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, où une étude a révélé que plus de 20% des plantes à fleurs avaient purement et simplement disparu au cours des 20 dernières années.
Ce déclin est dû aux méthodes de l'agriculture intensive (monoculture et destruction des haies en particulier entraînant le recul des habitats naturels et des ressources alimentaires des abeilles), à l'utilisation de pesticides de plus en plus toxiques et à l’arrivée de nouveaux parasites et maladies, sans que l'on sache encore avec certitude lequel de ces facteurs est le plus mortifère.

Mais ce qui est certain, c'est qu'il est dangereux de continuer à l'ignorer. Il faut dresser d'urgence un panorama des populations d'abeilles sauvages qui subsistent à travers tout le territoire et dresser l'inventaire de toutes les plantes cultivées et sauvages qui en dépendent pour pouvoir prendre les mesures indispensables à leur conservation.
Ces abeilles sauvages, avec les abeilles domestiques, sont le maillon-clé de la chaîne alimentaire.

Sans elles, pas de fleurs dans les prés et les montagnes ; pas de buisson de mûres ou d'aubépines dans les campagnes, ni de forêts d'acacias ; sans parler des dizaines de milliers d'espèces d'insectes, d'oiseaux et de mammifères qui dépendent directement de ces plantes, de leurs fruits et de leurs graines.

Sans parler des productions agricoles : une vaste étude menée par le Professeur Garibaldi et réunissant des équipes scientifiques dans 12 pays a démontré que la production d'une grande partie des fruits et graines que nous consommons régulièrement est désormais limitée parce que les fleurs ne sont pas correctement pollinisées.


http://info.pollinis.org/projet-apiformes/

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