STOP AUX PHOSPHATES

Publié par Résistance verte

#Phosphate
#Phosphate

Préservons l’avenir de nos enfants !

Le phosphate est la forme sous laquelle le phosphore peut être assimilé par les êtres vivants, en particulier les algues. Le phosphate remplit différentes fonctions dans la formulation des détergents, en particulier anti-calcaire et anti-redéposition. Les phosphates sont indispensables à la vie végétale et animale. En soi, ils ne sont pas toxiques, toutefois lorsqu’ils sont présents en excès dans les rivières et dans les zones humides, ils sont responsables de la prolifération d’algues et d’autres végétaux. Cette prolifération entraîne trophisation qui est dangereuse pour tous les milieux aquatiques. Agissons pour la supprimer.

Le barrage de Villerest, situé à 5 km en amont de Roanne, est destiné au soutien des débits et à l’écrêtement des crues. Dès sa mise en eau en 1985, des développements excessifs d’algues en suspension se sont manifestés tous les ans en relation avec les apports de nutriments issus du bassin versant, en particulier du fleuve Loire et de ses affluents avec les pollutions des villes du Puy-en-Velay, des villes de l’Ondaine et de Saint-Étienne.


DES ORIGINES DIVERSES

Le cycle naturel de miréralisation (forêt, sol, êtres vivants), l’agriculture (engrais – élevage), les industries, les rejets domestiques (métabolisme et détergents)... Actuellement les phosphates s’écoulent directement dans la Loire puisqu’ils sont difficiles à traiter dans les stations d’épuration.

UN TÉMOIN REMARQUABLE

Le saumon atlantique est un témoin remarquable du « bon état écologique » d’un fleuve. Le saumon de la Loire et de l’Allier est le dernier saumon de longue migration d’Europe avec 900 km de voyage en eau douce. Sa population est passée de 100 000 à quelques centaines de poissons. Sur la Loire Amont les saumons sont aujourd’hui bloqués par le barrage de navigation de Roanne bientôt équipé d’échelles à migrateurs et par celui de Villerest, pour l’instant complètement infranchissable.

DES ALGUES ENVAHISSANTES

Chaque été les algues envahissent les cours d’eau. En cause la température de l’eau et la faiblesse des débits combinés à la présence de phosphates et de nitrates en excès. Les algues se multiplient dans une eau de 15 °C à 25 °C, de plus le soleil favorise la photosynthèse nécessaire à leur vie car ce sont des plantes vertes comme les autres. (Le Progrès-8 août 05)


LESSIVES ET PRODUITS À LAVER

UNE COMPOSITION COMPLEXE

Au fil du temps, nos habitudes de lessives ont évolué : nous lavons plus souvent de moindres quantités de linge moins sale. Nous choisissons des températures de lavage plus basses pour des mélanges de textiles. Le linge doit sortir de la machine « plus blanc que blanc », « extra doux », « fleurant le propre et la lavande ». Nous utilisons chaque année davantage de produits lessiviels.
La lessive est un produit complexe, issu de recherches technologiques avancées. Il doit répondre à divers
objectifs : assurer le nettoyage, adoucir et parfumer, respecter les différents types de textile, ménager la santé humaine et l’environnement… Les agents lavants, appelés tensioactifs, décollent les saletés du linge et les empêchent de s’y redéposer. Les anti-calcaires empêchent la formation de dépôts grisâtres sur le linge et les incrustations de calcaire sur les parties chauffantes des machines à laver. Ce sont les phosphates et leurs substituts : les zéolites, le NTA, le citrate de sodium… Le perborate et le percarbonate de sodium décolorent les taches de café, de thé, de jus de fruits… et désinfectent.

Les enzymes s’attaquent aux salissures de lait, de sang, d’œuf… Les azurants optiques s’accrochent aux fibres textiles et transforment le rayonnement ultraviolet en lumière visible, ce qui donne au linge une coloration légèrement bleutée et renforce l’impression de blancheur. Les additifs facilitent l’action des ingrédients principaux et confèrent au produit de lessive ses
caractéristiques finales.

UNE CONSOMMATION EXCESSIVE

Un ménage consomme en moyenne 40 kg de poudre à laver et 10 kg de produit vaisselle par an. Si les deux produits contiennent des phosphates, ce qui est souvent le cas pour les produits vaisselle et, dans une moindre mesure, pour les lessives, ce ménage rejette annuellement 15 kg de phosphates dans l’eau (à une concentration en PO4 > à 30 %). Cette quantité suffit pour entraîner l’eutrophisation totale d’un étang de 6 hectares (d’une profondeur moyenne de 1,5 cm) chaque année !

DES MONTAGNES DE MOUSSE FLOTTANT SUR LES COURS D’EAU

À partir des années 50, on a eu recours de plus en plus aux tensioactifs de synthèse d’origine pétrochimique peu dégradables. Ces produits formaient des mousses à la surface des rivières et nuisaient à la vie aquatique. Depuis lors, des règlements imposent une biodégradabilité plus élevée aux tensioactifs des lessives.
La biodégradabilité est la propriété des substances qui peuvent être décomposées par des organismes vivants (bactéries, champignons). Une biodégradabilité de 90 signifie que le tensioactif perd 90 % de ses propriétés moussantes en 19 jours.

L’EUTROPHISATION, LA FIN DES RIVIÈRES

– L’activité humaine (lessives, déjections, engrais) amène beaucoup de phosphate dans les eaux, ce qui provoque la prolifération des algues à la belle saison (soleil et chaleur). Une partie des algues meurt et se met à pourrir, avec prolifération bactérienne qui consomme tout l’oxygène de l’eau, d’où l’eutrophisation.
– L’importance des phénomènes d’eutrophisation d’un milieu est conditionnée par les variations annuelles de plusieurs facteurs que sont : la biodisponibilité et la quantité de phosphore disponible dans l’eau, le temps de séjour des eaux dans la retenue, la stabilité thermique du plan d’eau, la température de l’eau et la luminosité, la quantité de prédateurs (zooplancton).
Le lessivage des sols, lors des pluies abondantes, lié à de mauvaises pratiques agronomiques ou agricoles, entraîne dans les rivières des quantités importantes de phosphore et aggrave l’eutrophisation.

– Perturbation de l’équilibre biologique : les organismes (algues, diatomées, cyanobactéries, etc.) qui prolifèrent consomment l’oxygène de l’eau la nuit et en privent les poissons. Certaines espèces aquatiques disparaissent d’où un déséquilibre de la chaîne alimentaire. L’eutrophisation accélère aussi la disparition des espèces sensibles comme les salmonidés truite, ombre, saumon.
– Colmatage du fond de la rivière perturbant la vie aquatique (reproduction de poissons…).
– Production d’eau potable plus difficile et donc plus coûteuse.
– Sécrétions toxiques par certaines algues et cyanobactéries produisant des substances dangereuses.
– Eaux plus troubles, odeurs nauséabondes (putréfactions d’algues). Si un milieu d’eau courante peut plus facilement éliminer le phosphore en excès, les barrages en jouant un rôle de décanteur et stockant le phosphore dans les sédiments, aggravent l’eutrophisation.
– Gêne pour les loisirs et les sports aquatiques pouvant conduire à l’interdiction de baignade.
– Modification importante du paysage aquatique.


SOLUTIONS

SUPPRIMER LES REJETS DES PHOSPHATES, C’EST POSSIBLE

– Pour réduire les quantités de phosphate rejetées dans nos rivières, agissons à la source : achetons des lessives sans phosphate et sans phosphonate. On peut aussi ne pas forcer les doses, c’est inutile, voire les diminuer légèrement pour un même résultat. Bien sûr, remplir sa machine et trier le linge, quand c’est possible, sont aussi des actes écologiques et utiliser des poudres à laver (linge ou vaisselle) sans phosphate ou phosphonate.
– Des stations d’épuration performantes sont indispensables. Elles doivent toutes traiter les phosphates.
– Les agriculteurs doivent réduire leurs apports de phosphate. Les doses doivent être calculées en fonction des besoins de la culture en cours et des réserves de phosphate disponibles dans le sol.

BRASSAGE DE L’EAU À GRANGENT

Dans le plan d’eau, un système de brassage de l’eau a été installé en 1996 pour lutter contre la prolifération des algues. Huit ans après, le système est toujours utilisé, même si son efficacité n’est que partielle.
Le système est composé d’un compresseur sur la rive et de lignes de bullage, des tuyaux dans l’eau.
Le compresseur insuffle de l’air dans les tuyaux. L’objectif est de brasser l’eau afin de freiner le développement des algues vertes. « L’installation ne fait que déplacer les algues, elle n’empêche pas leur prolifération. En plus il n’y a que 6 kilomètres de canalisation, alors que le plan d’eau fait 350 hectares. »
(Le Progrès – 8 août 2005)

L’assainissement du barrage est un enjeu important pour le fleuve, car Grangent sur la Loire est la première retenue d’eau où cette pollution sévit, le fleuve arrive donc déjà pollué dans les barrages de l’aval.

AGIR ENSEMBLE POUR SUPPRIMER LES PHOSPHATES

Dans le Bassin de la Loire, une timide volonté d’avancer.
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne, entré en application fin 1996, qui fixe les grandes orientations de la politique de gestion de l’eau pour l’avenir, préconise une concentration limite en phosphore de 0,1 mg/litre dans les eaux de la Loire à l’entrée de Villerest. Cet objectif, encore timide, améliorerait fortement la situation actuelle.
Depuis 1988, les efforts de réduction des rejets de phosphore dans les stations d’épuration et la mise sur le marché de lessives à teneur réduite en phosphate ont contribué à faire baisser les concentrations en phosphore dans la Loire. Elles sont passées de 0,35 mg/litre à 0,2 mg/litre, un progrès réel.
Les actions doivent être amplifiées par tous les acteurs du bassin (collectivités territorial agriculteurs, industriels, particuliers, fabricants de lessives).
Les villes du Puy et du bassin de l’Ondaine ont donné l’exemple avec des stations d’épuration performantes. La future station d’épuration de la ville de Saint-Étienne au Porchon sur le Furan, opérationnelle en 2008, devrait permettre une réduction de près de 70 % des quantités de phosphore rejetées par l’agglomération.
Et un exemple à suivre : la coopération internationale pour assainir le lac Léman, laquelle a permis de diminuer la teneur en phosphate à 0,035 mg/litre.


UN CONSOMMATEUR VIGILANT

DÉCRYPTER LES ÉTIQUETTES

Avant de choisir une lessive, prenons le temps de lire et comparer les étiquettes. Apprenons à distinguer les informations objectives des slogans publicitaires. Les seules informations imposées sur l’emballage sont la dénomination du produit, les coordonnées du responsable de la mise sur le marché et le poids du contenu. L’indication de la composition et des conseils de dosage a été recommandée par la Commission européenne, mais elle n’est pas obligatoire. Tous les autres renseignements sont fournis à l’initiative des producteurs. Ils ne peuvent pas être mensongers, en vertu de la réglementation sur les pratiques du commerce, mais sont parfois fantaisistes, incomplets ou tendancieux : ne pas se laisser abuser par les messages publicitaires.

CONTENU D’UN BON PRODUIT

Du savon ou des tensioactifs provenant d’acides gras d’origine végétale, plus biodégradables et issus de ressources renouvelables, des adjuvants tels que les zéolites et/ou le citrate de sodium, du percarbonate de sodium comme agent blanchissant (pas de perborate ni d’azurants optiques), pas de colorant. On peut trouver des produits lessiviels plus respectueux de l’environnement dont l’efficacité est tout à fait acceptable. Privilégions l’ÉCOLABEL. Privilégions les emballages durables, réutilisables et les recharges intégrant des matières recyclées ou recyclables (papier, carton, polyéthylène).


Le CDAFAL (Conseil Départemental des Associations Familiales Laïques de la Loire)
http://www.cdafal42.org

Mine de phosphate au Maroc.

Mine de phosphate au Maroc.

Publié dans Pollution chimique