GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DÉFECTUEUX

Publié le par Résistance verte

COMMENT L’AUTORITÉ DE "SÛRETÉ" NUCLÉAIRE
FAIT LE JEU D’EDF AU DÉTRIMENT DE LA SÛRETÉ

 
- L’ASN se plie aux exigences d’EDF et accorde le redémarrage de réacteurs non conformes
- L’ASN ne publie pas ces autorisations pour empêcher qu’elles soient contestées en justice !
 
https://twitter.com/OBSERVNUCLEAIRE/status/811932887192834048

L’Observatoire du nucléaire alerte les citoyens sur la situation ubuesque et irresponsable qui prévaut actuellement concernant le fonctionnement des réacteurs nucléaires français.
 
Pour mémoire, depuis avril 2015, les révélations se multiplient concernant des pièces mal fabriquées par Areva au Creusot et par le japonais Japan Casting & Forging Corp (JCFC).
 
Outre la question cruciale de la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), il est apparu que de nombreux réacteurs actuellement en service sont dotés de générateurs de vapeur non conformes, susceptibles de rompre et de causer une catastrophe nucléaire (*).
 
Une douzaine de réacteurs sont actuellement arrêtés pour vérifications or, sous la pression d’EDF qui est obligée d’importer de grandes quantités d’électricité, l’ASN autorise de façon irresponsable la remise en marche de ces réacteurs.
 
C’est ainsi le cas du réacteur Dampierre 3, relancé hier mercredi, et des réacteurs Tricastin 3 et Gravelines 2 dont la remise en service est annoncée pour demain vendredi.
 
Or l’ASN ne publie pas ses autorisations, ce qui a pour effet d’empêcher qu’elles soient contestées en justice : de toute évidence, l’ASN protège les intérêts industriels avant la sûreté des citoyens, et bafoue les droits de ces derniers en les empêchant d’exercer les recours qu’ils ont pourtant le droit de lancer.
 
L’Observatoire du nucléaire, qui veut contester en justice les autorisations de relance des réacteurs, dénonce le jeu de l’ASN et exige la publication des autorisations dès qu’elles sont signées, afin que les recours légitimes puissent être mis en oeuvre.

Observatoire du nucléaire
Communiqué du 22 décembre 2016


(*) Dans les démonstrations de sûreté, la rupture de la cuve ou d’un générateur de vapeur est dite « exclue », ce qui signifie… qu’il ne faut surtout pas qu’elle se produise : il n’y a alors aucune parade possible et c’est la perspective d’une catastrophe qui peut être de la gravité de celles de Tchernobyl et Fukushima.

RÉFÉRÉS SUSPENSIONS AU CONSEIL D’ÉTAT
pour faire stopper 3 réacteurs nucléaires

L'Observatoire du nucléaire a déposé ce matin devant le Conseil d’État trois référés-suspensions pour faire annuler les autorisations de redémarrage de trois réacteurs nucléaires : Dampierre3 (relancé depuis mardi), Gravelines2 et Tricastin3 (relances prévues ce jour).

Ces autorisations ont été accordées à EDF de façon irresponsable par l'Autorité de sureté nucléaire : les réacteurs concernés sont en effet dotés de générateurs de vapeur défectueux, comportant en particulier des défauts et des zones de concentration en carbone nettement supérieure à la limite de 0,22% usuellement exigée.

Pour mémoire, depuis avril 2015, les révélations se multiplient concernant des pièces mal fabriquées par Areva au Creusot et par le japonais Japan Casting & Forging Corp (JCFC). Outre la question cruciale de la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), il est apparu que de nombreux réacteurs actuellement en service sont dotés de générateurs de vapeur non conformes, susceptibles de rompre et de causer une catastrophe nucléaire.

Il faut en effet savoir que la rupture de la cuve ou d'un générateur de vapeur est dite "exclue" des règles de sûreté, ce qui signifie qu'elle ne doit surtout pas se produire : il n'existe alors aucune parade. Il est donc totalement irresponsable de faire fonctionner des réacteurs dotés de générateurs de vapeurs non conformes, qui plus est avec des consignes qui relèvent d'un étrange bricolage, EDF étant priée de bien vouloir mettre en oeuvre :

• des "mesures compensatoires", par exemple faire en sorte que le réacteur ne s'échauffe ou ne se refroidisse pas trop vite. C'est comme si l'on autorisait l'utilisation d'une voiture délabrée en demandant au conducteur de ne pas trop accélérer ni freiner.

• des "dispositions complémentaires", par exemple "le renforcement de la surveillance exercée par l'équipe de conduite", pour éviter autant que faire se peut les situations dans lesquelles les "mesures compensatoires" ne pourraient être respectées, comme  "le redémarrage d'une pompe primaire à la suite d'une ouverture intempestive d'une vanne". Cette fois, il s'agit de faire en sorte qu'aucun automobiliste ou obstacle sur la route n'oblige à accélérer ou freiner de façon trop appuyée par rapport à ce que peut supporter la voiture... sauf qu'ici il s'agit d'une centrale nucléaire !

Faut-il croire que "la surveillance exercée par l'équipe de conduite" est habituellement laxiste ? De toute façon, comme le dit si bien EDF, "le risque zéro n'existe pas" : un dysfonctionnement technique ou une erreur humaine est toujours possible, et de l'eau froide ou chaude peut à tout moment être déversée dans le générateur de vapeur, causant un "choc thermique" à même d'entrainer la rupture de l'acier.

L'Observatoire du nucléaire demande donc au Conseil d’État de contraindre l'ASN à respecter... ses propres directives, au lieu de céder à la pression d'EDF qui, confrontée au délabrement de son parc nucléaire, importe actuellement de grandes quantités d'électricité : pour des raisons purement comptables, EDF exige la remise en route de réacteurs non conformes au mépris de la sécurité de la population.

Qui plus est, l'ASN n'assume pas ses actes et bafoue les droits des associations et des citoyens en ne publiant pas les autorisations de redémarrage des réacteurs : cette opacité injustifiable semble avoir pour but de compliquer la contestation de ces autorisations devant la justice administrative, l'Observatoire du nucléaire étant contraint d'attaquer des "décisions non publiées".

De façon générale, cette affaire illustre l'impasse dans laquelle se trouve la France avec son parc nucléaire surdimensionné et délabré, et dont les réacteurs vont être de plus en plus souvent défaillants : au risque d'accident grave s'ajoute celui de la pénurie, car aucune alternative n'a été prévue.

Depuis des semaines, c'est Allemagne, avec ses centrales électriques au charbon si décriées et ses parcs éoliens, qui exporte de grandes quantités d'électricité et permet à la France de se chauffer. Mais cette situation ne pourra se prolonger éternellement : que la pénurie se produise cette année ou dans les années à venir, la France est piégée par son industrie nucléaire.

Observatoire du nucléaire
Communiqué du 23 décembre 2016
http://www.observatoire-du-nucleaire.org

REDÉMARRAGE DE RÉACTEURS NUCLÉAIRES
UNE ASSOCIATION SAISIT LE CONSEIL D'ÉTAT

Une association antinucléaire, l'Observatoire du nucléaire, a annoncé vendredi 23 décembre avoir déposé devant le Conseil d'État des recours en urgence pour faire annuler les autorisations de redémarrage des réacteurs Dampierre 3, Gravelines 2 et Tricastin 3.
Dans ses requêtes adressées au président du Conseil d'État, rendues publiques vendredi par l'Observatoire du nucléaire, l'association lui "demande" pour chaque réacteur de "bien vouloir suspendre la décision non publiée de l'ASN autorisant (son) redémarrage".

GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DÉFECTUEUX

Selon elle, ces réacteurs sont "dotés de générateurs de vapeur défectueux, comportant en particulier des défauts et des zones de concentration en carbone nettement supérieure à la limite de 0,22% usuellement exigée".
Le Conseil d'État a confirmé à l'AFP avoir enregistré trois recours en "référé suspension", contre le redémarrage de réacteurs. La date d'une éventuelle audience n'a pas encore été fixée.
Le réacteur Dampierre 3 a redémarré cette semaine, le redémarrage de Gravelines 2 est prévu pour dimanche et celui de Tricastin 3 pour samedi, selon des données d'EDF publiées sur le site du gestionnaire du réseau à haute tension RTE. EDF avait reçu début décembre le feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour leur redémarrage.

LES RÉACTEURS FRANÇAIS PASSÉS AU CRIBLE

Ces réacteurs figurent parmi les 18 devant être passés au crible après la détection d'une concentration excessive en carbone dans l'acier de leurs générateurs de vapeur, une anomalie susceptible d'affaiblir leur résistance. Les réacteurs Fessenheim 1 et Gravelines 4, actuellement arrêtés, redémarreront eux en janvier, tandis que deux autres (Tricastin 2 et Civaux 1) seront stoppés le mois prochain pour subir à leur tour les contrôles de sûreté.
Dans un communiqué, Greenpeace a estimé mardi dernier que les exigences de sûreté n'étaient pas remplies pour le redémarrage de ces réacteurs, que l'ONG de défense de l'environnement qualifie de "dangereux". "Nous étudierons tous les moyens, notamment juridiques, d'arrêter ces réacteurs dangereux jusqu'à ce que les essais aient été entièrement réalisés et que les résultats aient été publiés", a précisé Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France–Luxembourg.

Quatre autres réacteurs doivent être relancés à partir du 31 décembre: Tricastin 1 et 4, Civaux 2 et Bugey 4. Le parc nucléaire français compte 58 réacteurs dont 14 étaient en arrêt total ou partiel vendredi.

AFP - 23/12/2016

Publié dans Nucléaire

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