23 RÉACTEURS NUCLÉAIRES À L'ARRÊT

Publié le par Résistance verte

Plus d’un tiers du parc nucléaire français est actuellement à l’arrêt et nous ne sommes pourtant pas "retournés à la bougie"...

Vingt-trois réacteurs nucléaires sur 58 sont à l'arrêt en France, pour des raisons et des durées diverses, ce qui fait grimper les prix de gros. La création d'un « mécanisme anti-coupure », destiné à assurer la sécurité d'approvisionnement, pourrait intervenir très bientôt.

« Il faut espérer que l'hiver soit doux... » Dans le petit monde du secteur de l'énergie, certains commencent à s'inquiéter de l'approvisionnement en électricité cet hiver. Ce lundi, sur les 58 réacteurs d'EDF normalement disponibles en France, 23 étaient à l'arrêt ou en service réduit. Un niveau exceptionnel lié notamment aux contrôles engagés depuis la découverte d'anomalies (une trop forte concentration de carbone) sur la cuve de l'EPR en construction à Flamanville.

Si la moitié des réacteurs à l'arrêt doivent redémarrer dès ce mois-ci, sept devraient rester à l'arrêt jusqu'à la fin de l'année au plus tôt, selon les prévisions d'EDF. Et les investigations menées par Areva et EDF à la demande de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur des générateurs de vapeur laissent planer des incertitudes sur d'éventuels arrêts supplémentaires. « Nous sommes en pleine instruction, cela doit aboutir dans les prochaines semaines », indique aux « Echos » Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN. Potentiellement, quatre réacteurs pourraient encore être arrêtés (Tricastin 2 et 4, Fessenheim 1 et Gravelines 4), et les procédures de contrôle de quatre autres tranches, actuellement stoppées, pourraient être prolongées (Tricastin 1 et 3, Bugey 4 et Gravelines 2), précise l'ASN. EDF, de son côté, espère que tous ces contrôles seront soldés début janvier, et que seules quatre tranches manqueront à l'appel au premier trimestre (Paluel 2, Gravelines 5, Bugey 5 et Fessenheim 2).

Envolée des prix de gros

« Si des tranches supplémentaires devaient être indisponibles, en prenant des hypothèses pénalisantes - vague de froid notamment -, on a encore des marges avant d'arriver à des situations potentielles de baisse de tension par exemple », assure-t-on à EDF. Alors que le nucléaire fournit les trois quarts de la production d'électricité en France, « nous allons voir comment la disponibilité nucléaire s'agrège avec les autres moyens de production, les interconnexions et les scénarios climatiques de Météo France. On ne peut pas tirer d'enseignement à partir d'une seule donnée », relativise-t-on chez le gestionnaire du réseau RTE, qui présentera début novembre son analyse sur le « passage de l'hiver ». Sur les marchés de l'électricité, l'inquiétude est en tout cas palpable. Alors qu'ils avaient connu une chute violente début 2016, les prix de gros pour livraison en 2017 ont flambé, dépassant 40 euros/MWh, alors qu'ils évoluaient à moins de 32 euros/MWh, il y a un mois. Une croissance de plus de 50 % par rapport au point bas du printemps.

A très court terme, ces variations n'auront pas d'effet sur les factures (http://solutions.lesechos.fr/injonction-de-payer/), mais les fournisseurs d'énergie, qui ont le choix entre s'approvisionner sur le marché ou acheter directement leur électricité à EDF au tarif (dit « Arenh ») de 42 euros/MWh, vont devoir réfléchir à leur approvisionnement. En cas de couverture insuffisante des besoins de leurs clients, ils devront bientôt « acheter » les capacités de production manquantes. de gré à gré ou sur un nouveau marché, baptisé « marché de capacité » (http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_nouveau-marche.html#xtor=SEC-3168). La Commission européenne vient, en effet, de faire part des amendements qu'elle souhaitait sur ce « mécanisme anti-coupure » bâti par RTE. « Bruxelles a une volonté de rendre le marché plus liquide et plus transparent, mais ce n'est toujours pas la bonne manière de créer un marché », juge Fabien Choné, président de l'Anode, qui regroupe les alternatifs.

Si la première confrontation de l'offre et de la demande sur ce marché, prévue mi-décembre par la Bourse Epex Spot, constate un déficit de capacités, les moyens de production disponibles seront rémunérés. « A long terme, le marché de capacité est un moyen pour développer des moyens de production ou d'effacement si cela est nécessaire, mais cela peut aussi inciter certains opérateurs à différer la fermeture de centrales de production », explique Thomas Veyrenc, directeur du département marchés de RTE.


http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211370932594-electricite-inquietudes-sur-le-passage-de-lhiver-2033996.php

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Publié dans Nucléaire

Commenter cet article