BURE, TENIR LA FORÊT !

Publié le par Résistance verte

#bure
#bure

On a repris la forêt !
On
ne nous atomisera jamais !


Samedi 16 juillet, plus de 350 personnes de tous les âges et tous les horizons sont entrées dans le Bois Lejuc, à Mandres-en-Barrois et viennent de le libérer une nouvelle fois de l’emprise de l’Andra.
Des paysans sont sur place avec leurs tracteurs, des enfants se promènent dans le bois, une cantine vient de s’installer, des chaînes humaines se forment pour acheminer le matériel tandis que l’accordéon commence à jouer.Les occupants se réjouissent du succès de cette action, qui a largement rassemblé les différentes composantes du mouvement contre Cigéo.Ils dénoncent toutefois une attaque violente menée par la milice privée de l’Andra lors de son repli sur des militants assis à terre. Voilà les méthodes de l’Andra pour imposer Cigéo !
Les occupants appellent à rejoindre massivement le bois libéré dès ce soir, demain et dans les jours à venir!
Cette occupation-libération pour empêcher la progression des travaux de l’Andra se situe dans le prolongement de 20 ans de lutte contre Cigéo. C’est une nouvelle étape déterminante dans la résistance contre le rouleau compresseur de l’Andra qui veut imposer Cigéo par la force.

Infos : http://vmc.camp/fil-info/
burestop.eu / burezonelibre.noblogs.org
contact. 0758654889 / sauvonslaforet@riseup.net

Samedi 16 juillet

• Beaucoup d’arrivées ce matin sous un soleil radieux ! Des gens arrivent de partout !
• A 11h, tout le monde se dirige vers la lisière de la forêt où des copains ont passé la nuit à la belle étoile !
• 12h45 : Après un briefing, le cortège de 400 personnes démarre au son d’un accordéon et des chants. (Sur l’air de la mère Michèle): « C’est le lobby nucléaire qui a perdu son bois, il appelle la police et pense qu’elle lui rendra ! Mais les hurluberlus sont encore revenus, eh non l’ANDRA au bois tu n’iras plus ! »
• En bas du chemin les casqués sont là. Une partie du cortège reste en arrière pendant qu’une autre avance. Les tracteurs sont toujours sur le haut du chemin. Des personnes tentent de négocier avec les flics barrant le passage. La police répond avec des tirs massifs de lacrymogène, faisant reculer de nombreuses personnes, tandis que d’ autres partent en petits groupes dans le champ attenant à la forêt.
• 13h31 : une cinquantaine de personnes a réussi à rentrer dans le bois. Les gardes mobiles sont là. De loin, on entend des tirs de lacrymo et on voit la fumée qui sort du bois.
• 14h10 : L’hélico survole la forêt.
• 14h10 : Les personnes qui étaient restées en arrière sont éparpillées partout dans les champs et convergent vers les camarades qui ont réussi la percée. Cette jolie marée humaine égaie les champs meusiens !
• 14h30 On peut à présent entrer sans problème dans le bois, à l’endroit où les premiers copains sont entrés ! Plus de flics pour l’instant à l’horizon, hormis bien sûr l’oppressant hélicoptère qui assiste du ciel au spectacle de la réoccupation. Environ 150 personnes sont présentes dans la forêt nouvellement libérée ! Les premiers arrivants se reposent et dégustent les fruits et légumes apportés par leurs camarades. Des enfants entrent avec leurs parents dans le bois et on entend déjà des airs d’accordéons. Les deux tracteurs sont arrivés à la lisière et des chaînes humaines se forment pour acheminer vivres et matériels. Des cris de joie résonnent dans le bois, mais on reste vigilants.
• 16h20 : Le pique-nique se poursuit dans la bonne humeur. Toutes et tous savourent leur entrée commune dans la forêt. Tant les habitant.e.s., les paysan.ne.s, les familles que les soutiens venus de loin se réjouissent de ce moment d´échange particulier. L’ambiance est cependant regrétablement tendue par les effectifs de police qui commencent à s’amasser autour du bois, provoquant un regain de tension inutile.
• 16h35: Les occupant.e.s ont fini de manger le succulent repas préparé et amené dans la forêt par les copains. Ils sont à présent en forme pour construire des barricades et des cabanes. Une vingtaine de vigiles de l’ANDRA sillone les bois, prêts à en découdre. Plus tôt dans l’après-midi ils avaient déjà violemment agressé plusieurs militant.e.s qui faisaient un sitting devant l’entrée de la forêt. La scène a été filmée par France 3 (voir reportage).
• vers 18h : affrontements près de la barricade sud, les vigiles ont attaqué. Une personne arrêtée et un blessé léger.
• 18h45 : les affrontements se poursuivent. Plusieurs blessés et plusieurs arrêtés.
• 21 h : 7 fourgons de gardes mobiles sont arrivés à la barricade sud.
• 21h50 : la police est en train de charger violemment au niveau de la barricade sud et les occupant.e.s essaient de s’enfuir. Beaucoup de de lacrymos.
• 22h00: Il y a au moins 4 garde à vue. (GAV) A Ligny-en-Barrois, à Bar-le-Duc, à Void-Vacon. Des personnes se sont déjà rassemblées.
APPEL A SOUTIEN ET A SE RASSEMBLER DEVANT LES GENDARMERIES.
• 23h20 : Rectification : les gendarmes n’ont pas vraiment fait une charge, ils ont mis un gros coup de pression pour faire paniquer les occupants-es, puis la plupart des flics sont repartis.


Dimanche 17 juillet

• 7h : dans le bois, la nuit a été calme et les occupant.e.s n’ont été réveillé.e.s que par le chant des oiseaux !
• 8h50 : la milice de l’Andra est de retour. 20 vigiles se mettent en position près de la barricade sud.
• 9h25 : une dizaine de fourgons de gendarmes mobiles et deux voitures de polices viennent d’être vues à Joinville, roulant en direction de Bure.
• 9h45 : 5 fourgons et une voiture de police ont dépassé Saudron.
• Des soutiens sont partis devant les gendarmeries où sont les personnes actuellement en cours d’audition. Appel à faire entendre notre soutien aux camarades à l’intérieur => gendarmeries de Bar-le-Duc (1 gardé à vue), Commercy (2 gardés à vue) ; ces trois personnes sont entendues actuellement ! À Void-Vacon, la personne a déjà été entendue.
• 10h30 : les gardes mobiles sont arrivés sur le site et se déploient, notamment vers la barricade sud.
• 15h38 : assaut éclair, puis repli des flics, au niveau de la barricade sud. Des vigiles parcourent le bois.
• 16h20 : nouvelle charge.
• 16h30 : il semble que les gardes mobiles soient en train de tester la résistance des occupant.e.s du bois. Envoi massif de gaz lacrymogènes.
• 17h15 : tentative d’expulsion. Une pelleteuse défonce les barricades, mais elles seront reconstruites à nouveau plus loin.
• 21h15 : la forêt est toujours occupée. Le repas du soir a lieu sur place.
• 23h50 : les 4 personnes en garde-à-vue viennent d’être libérées sans être poursuivies !


Lundi 18 juillet

• 7h40 : après une nuit calme, premiers mouvements pour les travaux. Plusieurs camions viennent d’arriver, dont un camion grumier.
• 8h : un blocage est en cours devant une entreprise prestataire de l’Andra.
• 8h20 : dans la forêt, beaucoup de véhicules de travaux sont arrivés et les ouvriers ont commencé à tronçonner des arbres.
• 9h30 : le blocage de l’entreprise prestataire, à Joinville, a pris fin (http://vmc.camp/2016/07/18/communique-mais-qui-sont-les-complices-de-la-poubelle-nucleaire/).
Appel à une grande bouffe en forêt à 13h (cantine collective), suivie d’une grande discussion sur la situation et les perspectives à 13h30.
• 14h40 : le pique-nique s’est bien passé, dans une ambiance festive et familiale. L’AG va bientôt commencer.
• Soirée conviviale à la maison.

Mardi 19 juillet

• Réveil en tension ! Un peu avant 9 h, un camion de travaux chargé de portions de mur a été bloqué par les opposant.e.s dans le village de Bure et “redécoré”. Des gardes mobiles sont arrivés pour protéger le camion, dont certains ont infligé quelques coups de matraque. Plusieurs dizaines personnes se sont rassemblées devant le camion avec une battucada. Quelques interpellations ont eu lieu mais les personnes ont été relâchées...

http://vmc.camp/fil-info/

https://reporterre.net/A-Bure-les-paysans-se-mobilisent-contre-la-poubelle-nucleaire

#ÉTÉDURGENCE

Ils ont donc envoyé les casqués par dizaines. On les a vu poindre à l’horizon peu avant six heures du matin, jeudi 7 juillet. Les casqués, les fourgons, les tracteurs, les bulldozers, les poids-lourds, les hélicoptères. Ô sinistre parade venue nous déloger !

Depuis le 19 juin, collectifs, associations, habitant.e.s en résistance, paysan.e.s vivaient dans et avec la forêt libérée de Mandres-en-Barrois en construisant des cabanes là où l’ANDRA a déboisé.

À l’heure où les nucléocrates tentent de légaliser le cimetière atomique à l’Assemblée Nationale, nous, nous avons occupé joyeusement la plateforme de Cigéo, symbole du début des travaux.

Ce front contre l’empire nucléaire, brèche fragile, a été ouvert et tenu de diverses manières : sabotages, pique-nique, occupation, actions juridiques et le ralliement de plus d’une soixantaine d’associations.
Tout ceci a enrayé la machine de l’ANDRA jusqu’à la pousser à employer la force.

Cette expulsion ne signe en rien une défaite. Elle renforce plutôt notre colère, notre rage et notre détermination. Il est hors de question de leur laisser ce bois. Que les flics y traînent leurs sales bottes à longueur de journée, que les mercenaires de l’ANDRA reprennent leurs rondes, qu’ils redémarrent leurs travaux insupportables.

Le week-end du 16 et 17 juillet 2016, nous avions convoqué, sous les charmes et les hêtres du bois, des « Barricades antinucléaires mondiales et improvisées ».

Il est urgent d’être ambitieux.ses et réalistes comme nous avons su l’être jusqu’ici.
Ces rencontres auront donc lieu. Et elles auront lieu dans la forêt !

Après le 14 juillet, les seuls et uniques feux d’artifice qui jailliront seront ceux que nous tirerons contre l’Andra et son monde !
Une fois encore, notre seule limite c’est le nombre. Rejoignez-nous !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS !
ANDRA, DÉGAGE !
RÉSISTANCE E
T AFFOUAGES !

LA DÉMOCRATIE ENFOUIE AVEC LES DÉCHETS RADIOACTIFS


Les affirmations de M. Bouillon, président de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dans sa tribune titrée « Stockage des déchets radioactifs : ne pas se tromper de débat » - Les Echos, 11 juillet 2016 (*) - méritent une sérieuse mise au point.

M. Bouillon prétend pour commencer que le projet Cigéo, qui consiste à enfouir sous terre les déchets radioactifs les plus dangereux, à Bure (Meuse), a pour but de « protéger l'homme et l'environnement de la dangerosité de ces déchets ».

C’est tout à fait faux. Ce projet n’existe que pour une raison : permettre aux industriels de l’atome de prétendre que la question des déchets nucléaires est « réglée », afin de se sentir fondés à… continuer à en produire.

Si encore M Bouillon se désolait de l’existence de l’industrie nucléaire, et demandait son arrêt le plus rapide possible, on pourrait éventuellement croire à sa bonne foi mais, comme d’ailleurs tous les promoteurs de l’enfouissement des déchets radioactifs, il est un fervent pronucléaire.

C’est donc avec le plus grand cynisme que M. Bouillon ose se poser… en défenseur des générations futures, en demandant : « Pourquoi serait-ce à nos arrière-petits-enfants de trouver une solution pour des déchets qu'ils n'ont pas produits ? ».

La vraie question, que l’auteur évite soigneusement de poser, est « Comment a-t-on pu accepter, et accepte-t-on encore, une industrie produisant des déchets qui vont mettre en danger nos descendants pour des centaines de générations ? »

Car, enfouissement ou pas, le problème va rester entier. M Bouillon tente d’ailleurs d’abuser l’opinion en écrivant à propos de ces déchets que « ce serait un pari fou que d'imaginer qu'ils seront toujours en sécurité dans des entrepôts de surface », comme si l’enfouissement réglait miraculeusement le problème.

En effet, une fois enfouis, ces déchets vont continuellement dégager des quantités immenses de chaleur mais aussi de gaz extrêmement dangereux et explosifs comme l’hydrogène, ces processus étant susceptibles de causer un désastre dont les conséquences seraient dramatiques y compris à la surface.

Pour tenter de parer ce phénomène, des infrastructures d’extraction de ces gaz sont supposées fonctionner… pendant des siècles. Il est évident que ce système sera mis en cause par « les aléas de la civilisation (guerres...) comme les éléments naturels » cités précisément par M. Bouillon pour tenter sans rire de justifier l’enfouissement.

Les prétentions des apprentis sorciers de l’atome sombrent même dans le ridicule et le tragique puisqu’un éboulement mortel s’est récemment produit (**) dans le laboratoire censé prouver la fiabilité de leur projet : comment croire que ces pieds-nickelés peuvent construire une installation fiable pour des centaines de milliers d’années ?

Le discrédit du projet Cigéo est enfin absolu lorsque l’on sait que, pour mieux verrouiller le processus, M. Bouillon est à la fois le président du conseil d’administration de l’Andra et le député désigné comme rapporteur de la récente proposition de loi sur l’enfouissement de ces déchets.

Jusqu’alors, les entreprises se contentaient de rédiger en coulisse les amendements, voire les projets de loi in extenso, à charge pour les parlementaires acquis à leur cause (***) de les faire adopter. Désormais, le mélange du genre est total.

Pour finir, il nous faut une bonne fois pour toute récuser le terme de « solution » pour les déchets radioactifs : il n’existe que des options, toutes mauvaises d’ailleurs. Peut-être sera-t-il possible d’en trouver une (un peu) moins mauvaise que les autres, mais seuls des gens ayant décidé ou soutenu l’arrêt du nucléaire pourront être crédibles pour faire ce choix : à défaut, il s’agira toujours de subterfuges pour promouvoir la continuation de l’industrie atomique.

Nous ne pouvons qu’inviter les citoyens, en particulier ceux de l’Est de la France, à se mobiliser en nombre pour soutenir les militants jeunes et moins jeunes, zadistes ou « à l’ancienne », qui tentent courageusement, malgré les coups de matraques et les gaz lacrymogènes, d’empêcher l’enfouissement simultané de la démocratie et des déchets nucléaires.

Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org


(*) http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211111888974-stockage-des-dechets-radioactifs-ne-pas-se-tromper-de-debat-2013549.php
(**) http://www.leparisien.fr/faits-divers/eboulement-mortel-sur-le-site-de-stockage-de-dechets-nucleaires-de-bure-26-01-2016-5486845.php
(***) Souvent en échange de promesses d’embauches pour eux-mêmes ou leurs proches : l’affaire Barroso / Goldman Sachs n’est que l’illustration emblématique de ces pratiques
nauséabondes.

BURE, TENIR LA FORÊT !
BURE, TENIR LA FORÊT !
BURE, TENIR LA FORÊT !
BURE, TENIR LA FORÊT !
BURE, TENIR LA FORÊT !

Bure, occupation de la forêt, 16 juillet 2016

Bure, occupation du bois, 17 juillet 2016

Publié dans Nucléaire

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