URGENCE BURE

Publié le par Résistance verte

#BureStop
#BureStop

DÉBUT D’OCCUPATION ET MISE À SAC DU CHANTIER

Appel à nous rejoindre dès maintenant dans l'occupation de la forêt de Mandres pour empêcher l’installation de l’ANDRA et les début des travaux de CIGEO (Bure).
https://vmc.camp

OCCUPATION A BURE

A Bure, dans la Meuse, voilà maintenant 4 jours que la forêt de Mandres
est occupée et que les travaux de la poubelle nucléaire CIGEO dans ce
joli bois de 220 ha sont interrompus. Préau, cabanes, tentes ont poussé
plus vite que les champignons. Les barricades s'hérissent de banderoles
et de petites tables pour l'accueil de quiconque voudrait passer un
moment, une journée, quelques mois.

Chaque jour, de nouvelles rencontres se tissent sous les jeunes charmes,
à l'orée des parcelles où les tas d'affouages attendent. Habitant-e-s et
paysans du coin, soutiens des associations autour, nouveaux-elles... se
retrouvent tous les jours dans le bois, et en soirée pour des moments
conviviaux.

Cette forêt occupée retrouve sa fonction proprement communale. Elle est
ce lieu commun dont nous avions besoin pour enraciner une bonne fois
pour toute une opposition déterminée à la poubelle nucléaire et son
monde.

Toutes les infos et les textes publiés pour l'instant sont disponible
ici :http://vmc.camp/

Maintenant qu'on y est, on compte bien y rester. Et multiplier les
appels à s'approprier cet espace, le faire vivre de mille manières.

Tout le monde est donc chaudement invité à la première FÊTE DE LA
LIBÉRATION DU BOIS DE MANDRES le dimanche 26 juin !

http://vmc.camp/2016/06/21/le-26-juin-toutes-et-tous-a-la-fete-de-la-liberation-du-bois-de-mandres/

Au menu : grand banquet partagé, ballades de découvertes, chantiers de
construction et de plantations, grande discussion sur la suite de
l'occupation et des blocages des travaux...

Et tout le week-end, il se passera pleins de choses dans le bois, il est
chaudement recommandé de passer, il y a d'innombrables choses à faire,
construire, inventer pour ancrer la résistance dans cette forêt libérée.

ON NE LACHERA PLUS LE BOIS DE MANDRES !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS !
ANDRA DEGAGE, RESISTANCE ET AFFOUAGES !

Plus d'infos : vmc.camp / 07 58 65 48 89


COMMUNIQUÉ

L’Andra entame des travaux forestiers illégaux pour implanter Cigéo, les
opposants reprennent la forêt.

Dimanche 19 juin 2016, environ 200 personnes, dont des habitants du
village, se sont rendues dans la forêt de Mandres-en Barrois, à quelques
km de Bure, en Meuse, et ont convergé sur les lieux de nouveaux travaux
de l’Andra.

Après un grand pique-nique convivial, dans une ambiance joyeuse, les
doubles clôtures commençant à ceinturer le bois ont été enlevées, des
barricades ont été construites sur le chemin d’accès pour les travaux.
Un grand préau en bois a été érigé sur la plate-forme installée par
l’Andra, débarrassée de ses grilles. Une quinzaine de vigiles présents
ont été invités à partir par la foule, et par un commandant de
gendarmerie qui a déclaré qu’il « laisserait faire le pique-nique, à
condition qu’il n’y ait pas d’atteinte aux personnes ».

Un appel à résister, rédigé collectivement, a été lu sur place par
différents intervenants. Une soixantaine de personnes vont y passer la
nuit et invitent à les rejoindre en nombre, dès maintenant.

Pour les manifestants, l’objectif est clair : « Cigéo commence
sauvagement et illégalement, la mobilisation sort du bois et va
s’amplifier dans les semaines à venir pour bloquer la méga-poubelle
nucléaire ! ».

En effet, le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires
Cigéo, dans la région de Bure (Meuse), passe actuellement par une
nouvelle étape d’implantation jugée illégale par des habitants locaux et
des associations.
Depuis 15 jours elle a installé une plate-forme et entrepris des travaux
de déboisement importants, apparemment sans autorisation, sur le
pourtour de la lisière de la forêt. La double clôture en cours laisse
présager d’autres travaux préparatoires qui, comme les précédents,
ancrent un peu plus le projet dans le paysage local. Ces travaux ne
rentrent pas dans une démarche de reconnaissance, mais s’apparentent
bien à une dangereuse annexion du territoire.

Cette forêt de 220 ha a une importance stratégique car elle serait à
l’aplomb des 300 km de galeries souterraines destinées au stockage des
déchets radioactifs. L’ANDRA y projette notamment la construction de
deux puits d’accès aux galeries, de bouches de ventilation des gaz
radioactifs et le stockage des milliers de m3 de verses excavées.

Les habitants et associations dénoncent la totale illégalité de ces
travaux alors qu’un recours administratif a été déposé par des
villageois en 2015 et que l’ANDRA n’a aucune autorisation de
construction pour Cigéo.
Quant au processus législatif défini par la loi de 2006, il est battu en
brèche par le projet de loi Longuet qui vise à précipiter la définition
de la réversibilité du stockage et à installer une prétendue «
phase-pilote » qui ne serait autre que le démarrage du site
d’enfouissement.

Conférence de presse, lundi 20 juin à 11h - Entrée de la forêt de
Mandres-en-Barrois

Tel 07 58 65 48 89 - Infos : vmc.camp


FIL INFO MANIF 19 JUIN
MANIF PIQUENIQUE DANS LA FORET DE MANDRES

11h : Une soixantaine de personnes sont en marche depuis Bure en
direction de Mandres, accompagnés de 3 tracteurs en tête! Les flics
tournent, sans mettre de pression, attention quand même aux contrôles
routiers. Départ prévus à 12h depuis Mandres vers le bois.

12h : On est 200 personnes à Mandres, habitant.e.s, assos, toutes les
composantes sont présentes et de nombreuses personnes qui ont fait le
déplacement de plus loin. Cortège coloré (le noir est aussi une
couleur), oiseaux masqués, tracteurs en ouverture et fermeture de la
marche qui s’apprêtent a partir pour le piquenique en foret;). Pas de
pression policière pour l’instant.

13h05 : Le cortège est devant le bois, aucune présence policière, seulement
des vigiles stressés. La barrière posée depuis peu à l’orée du bois
vient de sautée, et la manif scande « on veut picniquer dans la forêt
», pendant que les (déjà nombreuses) clôtures en cours d’installation
commencent à être cisaillées.

13h45 : C’est la folie ! le cortège entoure la plateforme, dans laquelle
sont retranchés une dizaine de vigiles. TOUTES les grilles tombent, se
tordent au sol, les plot en béton partent en éclat, les barbelés sont
ciselés, sous les slogans de « ANDRA DEGAGE SABOTAGE ET AFFOUAGES »,
que les habitants de mandre ont coutume d’exercer historiquement sur ce
bois. Une tentative de contenir les vigiles dans un rond de barbelés les
font s’écarter du groupe de 250 personnes maintenant. Le piknic peut
commencer.

15h30 : Les flics on rendu visite, précisant qu’ils n’interviendraient
pas tant qu’il n’y auras pas de violences physiques adressées aux
vigiles, mais on quand même ordonner aux vigiles de s’en aller! Pendant
ce temps là, dans les bois, plusieurs ateliers se montent: une centaine
de personne s’affaire a se ré-aproprier la plateforme, une autre
cinquantaine prend de temps de démonter toutes les clôtures du bois, et
d’autres se baladent. Le pic nique est et sera interminable.

15h45 : Nouvel atelier barricade à l’entrée de la forêt, avec de nombreux
habitants, à partir du démontage général. Les clôtures continuent d’être
assalie.

17h30: tout l’après midi un préau/présidio s’est construit sur
l’emplacement de la plateforme, on reste la !

17h45 : un appel a occupation est lance , besoin de monde a venir
soutenir, risque d’expulsion.

19h20 : besoin de relais pour soutenir l’occupation en cours,
surveillance rapprochée des flic en hélico.

20h30 : Seul 5 flic sont posté avant l’entrée du bois près de la grande
antenne en venant de Mandre, toujours possible de passer. On finis la
charpente du présidio, l’apéro débute et bientôt se lance une discussion
générale.


http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/06/19/meuse-en-images-la-manifestation-anti-burede-mandres-en-barrois-contre-la-deforestation

http://www.dailymotion.com/video/x4hcsqr_mandres-en-barrois-manifestation-contre-les-projets-de-l-andra_news

http://france3-regions.francetvinfo.fr/lorraine/meuse/bure/mandres-en-barrois-les-manifestants-mobilises-dimanche-1027899.html

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/06/19/environnement-andra-bure-manifestation-de-mandres-en-barrois-premieres-images

APPEL
#ETEDURGENCE

Début d’occupation et mise à sac du chantier à Bure, appel a soutien !

Aujourd’hui, dimanche 19 juin, nous avons temporairement libéré le
bois communal de Mandres-en-Barrois du joug de l’ANDRA et sa poubelle
nucléaire CIGEO. Devant notre grand préau de bois érigé là où les
premiers déboisements ont eu lieu, nous, habitant-e-s en résistance
d’ici et ailleurs, associations, collectifs, déclarons la forêt de
Mandres occupée !

Nous engageons un nouveau pas dans la résistance : face aux débuts des
travaux, nous opposons notre joie et notre espoir tenace. Nous ne
voulons pas d’une « zone des puits » branchée sur des milliers de
tonnes de déchets remisés à l’oubli dans les entrailles de la terre :
nous allons défendre physiquement cette forêt qui appartient à toutes
et tous. Ce qui se joue derrière ces taillis de charmes et de hêtres,
c’est le symbole de la lutte contre l’arrogance et la violence de
l’ANDRA. Sous la canopée des grands chênes, notre volonté, herbe
folle, ne se laissera pas bétonner.

En 2013, l’agence a agité ses millions et ses promesses d’emploi pour
faire main basse sur ce bois : lors d’une consultation, la majorité des
habitant-e-s de Mandres a dit non. Car dans cette forêt on fait les
affouages pour le bois de chauffe, on flâne, on chasse, on se promène,
on cueille : elle fait partie de la vie. Les habitant-e-s ont dit non
car il y a là 300 ans de souvenirs, d’usages et de secrets qui ne
peuvent être échangés ou compensés. A la manne financière nous
préférons les chemins de terre, aux fausses promesses d’emploi celles
d’un chêne qui vieillit.

A l’été 2015 l’ANDRA est revenue à la charge. A 6h du matin, le
conseil municipal a voté l’échange du bois par 7 voix pour et 4
contre. Cette fois, pas d’illusion de démocratie ou de « consultation
», mais deux vigiles pour barricader l’entrée de la mairie. Depuis
presque an, les habitant-e-s ont multiplié les recours pour récupérer
ce bois et empêcher le début de la décharge atomique. Réunions
publiques, recours gracieux et recours au tribunal administratif contre
l’échange du bois ont fait renaître une résistance locale, mais n’ont
pas empêché le début des travaux. Nous ne sommes pas dupes : ce n’est
pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi
vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire.

#OCCUPYLAMEUSE

Aujourd’hui, nous occupons cette forêt pour nous opposer physiquement
à l’annexion de ce bois par l’ANDRA. Nous l’occupons car le craquement
des arbres qu’on arrache nous est insupportable, car leurs
barbelés-rasoirs, leurs vigiles mercenaires et leurs gros chiens ne
nous arrêterons pas. Nous l’occupons pour empêcher le vol du
territoire par les mains voraces de l’industrie nucléaire.

Nous occupons cette forêt pour bloquer le début des travaux de CIGEO.
Nous savons que rien n’arrêtera l’avancée de la poubelle dans les
couloirs feutrés du Parlement, sinon le rapport de force sur le
terrain. De gauche à droite, les politiciens applaudissent à tout
rompre au son du clairon atomique, plus encore quand il s’agit de «
rendre service aux générations futures ». Occuper maintenant, c’est
reprendre la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans, c’est
tenter d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est
rendu insaisissable.

Nous occupons cette forêt d’une autre vie, joyeuse, inventive,
collective, contre la société nucléaire et son monde de militaires et
de vigiles, d’experts souriants et de dosimètres, d’exploitation des
terres et des peuples. Là où ils veulent déboiser, nous construisons
des refuges. Là où ils érigent des barbelés nous ouvrons des
chemins. Là où ils fabriquent leur désert de solitude et de
résignation, nous affirmons notre joie d’être ensemble, en
résistance.
Maintenant, tout l’été, toutes et tous à Bure pour bloquer CIGEO !

Sous les piliers de notre préau il y a, sédimentée, toute
l’épaisseur de 30 ans de lutte contre la colonisation du territoire,
ici et ailleurs, par l’ANDRA. Les cabanes d’aujourd’hui et de demain
sont les complices de nos patates rebelles qui squattent les terres de
l’agence, les alliées des grandes marches populaires contre la
poubelle, les camarades des campements de résistance à CIGEO et son
monde.

Ce début d’occupation ne doit pas être le point d’orgue de deux
semaines d’action mais le prélude d’un été déterminé. Notre préau,
c’est l’invitation à un piquenique interminable, un nouveau lieu de
rencontre et de passage contre la fabrique du désert de l’ANDRA. Notre
préau, c’est un appel en bois massif à converger largement vers Bure
dès maintenant pour soutenir l’occupation et empêcher, par tous les
moyens nécessaires, la destruction de ce bois et le début des travaux
de CIGEO. Nous pensons piqueniques, actions directes, manifestations
populaires. Nous imaginons blocages, balades et actions
décentralisées.

Des peuples spoliés par les mines d’uranium d’Arlit aux bocages
rebelles de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les reliefs escarpés
du Val de Suse et le campement anti-nucléaire de Pyhajöki en Finlande,
nous nous tenons sur une seule et même chaîne de résistance contre
ceux qui prétendent aménager nos vies !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS !
ANDRA DÉGAGE !

Contact : sauvonslaforet@riseup.net // 0758654889
Infos : vmc.camp
Infos sur le projet CIGEO : burestop.eu ; pandor.at ;
burezonelibre.noblogs.org

Les opposants antinucléaires occupent une forêt pour bloquer les travaux de CIGEO

Habitants, paysans et opposants au nucléaire ont commencé dimanche 19 juin une occupation de la forêt de Mandres. L’Agence des déchets radioactifs y avait commencé des travaux sans autorisation.

A la lisière de la forêt de Mandres-en-Barrois, en Meuse, une barricade a été érigée. Entre les branchages, un slogan tagué : « On entend à nouveau le chant des oiseaux. » Quelques personnes montent la garde et observent les gendarmes à cinq cent mètres. Le climat est tendu mais la jubilation se lit sur les visages.

« Nous avons temporairement libéré le bois communal . » Un campement a été monté avec une cabane baptisée « La salle à Mandres » et des plateformes perchées dans les arbres. Dimanche 19 juin, deux cent personnes, opposants au nucléaire, habitants, associations et collectifs ont décidé de reprendre cette forêt des mains de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Depuis deux semaines, elle y avait commencé ses travaux. Arbres arrachés, ornières creusées par les machines, barbelés en bordure de chemins : la forêt ressemblait à un champ de bataille.

La forêt est un commun

« Le bruit des arbres qui craquaient sous les assauts des abatteuses nous étaient insupportable, raconte une habitante. Nous ne pouvions imaginer que la forêt devienne, comme le souhaite l’ANDRA, ’la zone des puits’ . » Un espace qui servirait à ventiler les galeries souterraines, où seraient stockés les déchets radioactifs du projet CIGEO, toujours sans existence légale.
Un lien fort unit les habitants à leur forêt, grande de 300 hectares et vieille de plus de trois siècles. Sous la canopée des grands chênes, « on fait nos affouages pour nous chauffer, on flâne, on chasse, on se promène, on cueille. Elle fait partie de notre vie », dit Anthony. « Le bois appartient à toutes et à tous », ajoute sa compagne, Fanny. Entre souvenirs et usages collectifs, la forêt reste un commun. A préserver.

Mais à plusieurs reprises, l’ANDRA a menacé cette parcelle. En 2013, elle a agité ses millions et ses promesses d’emploi. « L’ANDRA nous disait qu’elle allait donner du travail aux cinq prochaines générations », témoigne un ancien élu. Lors d’une consultation, la majorité des habitants de Mandres a quand même voté non. Eté 2015, l’agence est revenue à la charge. « A six heures du matin, le nouveau conseil municipal a adopté l’échange du bois à 7 voix contre 4 . » Aux alentours, l’ANDRA s’est constituée un empire foncier – près de 2.000 hectares de forêts - pratique pour favoriser les échanges amiables.

Des associations et des collectifs se sont mobilisés pour dénoncer cette discrète sratégie. Des réunions publiques ont été tenues et un recours administratif déposé pour faire annuler la délibération. Mais le recours n’est pas suspensif et n’empêche pas le début des travaux. Chez les opposants, « on n’est pas dupe. Ce n’est pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire ». L’occupation et le blocage physique semblaient également nécessaires.

« Un acte de sabotage collectif et joyeux »

Depuis dimanche après-midi, une troupe hétéroclite a pris possession de la forêt. On retrouve des jeunes et des moins jeunes, la Confédération paysanne, l’association Bure stop, « Des habitants d’ici et d’ailleurs ». L’ambiance de la journée était chaleureuse mais déterminée.
Au cours de la manifestation, on improvise des chansons entonnées à multiples voix :
« Promenons nous dans les bois tandis que l’Andra n’y est pas »
En même temps que l’on distribue des outils : scies, pinces, tenailles, perceuses... certains se camouflent avec des masques d’animaux, faits maison, d’autres restent à visage découvert.
« Les petits renards, les hiboux, les coucous Aujourd’hui, on occupe tout »
Arrivés dans la forêt, les opposants démontent les grilles et enlèvent les barbelés. Les vigiles fuient. Un gendarme débarque : « Tant que vous ne vous attaquez pas aux personnes on ne chargera pas. » Les opposants le prennent au mot et s’intéressent aux matériels. S’en suit « un acte de sabotage collectif, assumé et joyeux » selon les dires d’un opposant. Chacun voit dans ce geste « une portée politique » légitime face « à l’arrogance de l’Andra et au vol du territoire ». D’après une autre manifestante, « en occupant concrètement la forêt, on reprend la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans. On tente d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est rendu insaisissable ».

« Pour un été d’urgence »

Pour passer la nuit, des agriculteurs bloquent l’accès avec leurs tracteurs. Des tentes sont installées pour la cinquantaine de personnes restant dormir. Une cantine nourrit la troupe. « Le pique-nique se veut interminable », affirme un opposant, « au-delà d’une action ponctuelle, notre occupation est un appel à converger largement vers Bure dès maintenant. Elle marque le prélude d’un été mouvementé ».

Le lieu ne revendique pas une nouvelle Zad (zone à défendre). Le mot ne parle pas ici. Les occupants s’inscrivent dans l’histoire de la lutte locale, en lien avec le combat des habitants. L’occupation en est d’ailleurs le prolongement : « Sous les piliers de la cabane que nous venons de construire, il y a, sédimentée, l’épaisseur de 30 ans de lutte contre la colonisation du territoire par l’Andra », déclare un opposant. Pour l’instant l’occupation reste précaire, l’expulsion possible à tout moment, mais les opposants gardent espoir : « Plus qu’un coup d’éclat, on espère relancer la mobilisation contre le projet de poubelle nucléaire. Pour que la résistance sorte du bois !"

https://www.reporterre.net/Les-opposants-antinucleaires-occupent-une-foret-pour-bloquer-les-travaux-de

A BURE, UN CAMPEMENT CONTRE « LA POUBELLE NUCLÉAIRE »

A l’avant, sous les chapiteaux bariolés réservés aux débats, les discussions s’étiolent sous l’écrasante chaleur vespérale de ce lundi 3 août. A l’arrière, les tentes de camping ont poussé en nombre : durant le week-end, cinq à six cents personnes ont rejoint le « camp antiautoritaire et anticapitaliste » niché derrière un rideau d’arbres, à sept kilomètres de la petite commune de Bure (93 habitants). La galaxie des militants opposés aux « grands projets inutiles », comme ceux de Notre-Dame-des-Landes ou de Sivens, s’est donné rendez-vous là, jusqu’au 10 août.

A l’horizon 2025, 80 000 m3 de colis vitrifiés et bétonnés seraient stockés à 500 mètres de profondeur.

A l’entrée, les attend une liste des tâches à accomplir pour le bon fonctionnement du site alternatif. Quelques gaillards s’affairent justement à l’atelier du moment : la confection de flambeaux pour le cortège qui doit se rendre le soir même jusqu’au laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra).
C’est dans les sous-sols argileux de cette campagne à la population clairsemée et vieillissante, aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, que l’Andra projette de creuser des centaines de kilomètres de galeries afin d’y entreposer les plus dangereux des résidus radioactifs issus de l’industrie nucléaire. En attendant de recevoir l’autorisation de stocker, à l’horizon 2025, 80 000 m3 de colis vitrifiés et bétonnés à 500 mètres de profondeur, l’agence y a déjà installé un laboratoire souterrain de recherche, un restaurant d’entreprise et quelques autres bâtiments modernes, autour d’un rond-point incongru en plein milieu des champs de céréales.
Au bord de la route, des draps peints par des opposants au futur centre industriel de stockage géologique (Cigéo) déclinent sur des modes plus ou moins ironiques et en plusieurs langues le même message : « Non à la poubelle nucléaire ».

Un appréciable sang neuf

Au loin se dressent des éoliennes, immobiles. « Cela fait partie de l’opération de greenwashing, assure Corinne François, de l’association BureStop, basée à Bar-le-Duc. Le groupement d’intérêt public Objectif Meuse annonce qu’il veut faire de ce département une terre d’excellence pour la réduction des émissions de CO2 et l’économie d’énergie, avec beaucoup d’argent pour installer 200 éoliennes, des toits solaires sur les granges… Quel cynisme de choisir de faire propre au-dessus et épouvantable en dessous ! »

Corinne François a rejoint la lutte à ses débuts, il y a vingt ans. Autant dire qu’elle se réjouit de l’animation estivale au campement alternatif : un appréciable sang neuf. Elle a passé sa matinée sous un des chapiteaux pour relater à cette jeune garde les grands moments, les pétitions, les innombrables manifestations, les démarches devant la justice. Et expliquer, en compagnie de représentants d’autres mouvements locaux, comment les pouvoirs publics s’efforcent depuis des années de faire accepter progressivement Cigéo à la population locale moyennant des contreparties économiques, notamment l’installation des archives d’Areva et d’EDF dans le département.

Clou de l’exposé des militants « historiques » : l’affaire de l’article 201, destiné à faire avancer le projet d’enfouissement de déchets nucléaires sans débat au Parlement, glissé in extremis, le 10 juillet, dans le projet de loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques et adopté grâce à la procédure dite du 49-3. L’auditoire, qui compte beaucoup de jeunes, est attentif, mais guère surpris.

« Nous ne nous limitons pas à des bagarres de territoire »

Le campement VMC de Bure – un nom choisi en référence à Vladimir Martynenko, ce conducteur de déneigeuse accusé d’être le responsable de l’accident d’avion qui a coûté la vie au dirigeant de Total Christophe de Margerie – abrite des militants aguerris sur d’autres terrains de lutte : contre le projet d’un Center Parcs à Roybon, la voie ferrée Lyon-Turin, l’exploitation d’une mine d’or dans la Creuse, des lignes électriques à très haute tension dans la Manche…

N’allez cependant pas les prendre pour des « zadistes », cela les agace. « Ce terme ne veut rien dire, c’est une façon de nous traiter d’écervelés », assène Youna, chargée avec d’autres de répondre aux journalistes. « Nous ne nous limitons pas à des bagarres de territoire, renchérit Yann à ses côtés. Nous avons voulu un espace sans drapeau, sans hymne ni rapport marchand pour échanger et structurer nos actions, notamment en vue de la COP21 à Paris [la conférence de l’ONU sur le climat qui se tiendra en décembre]. D’ailleurs nous sommes installés sur un terrain privé, pas sur une zone à défendre [ZAD, tenue par des zadistes]. » De fait, le camp n’a rien de spontané. Préparé depuis près d’un an par un collectif d’une soixantaine de personnes, il prend place sur le terrain d’une ancienne gare achetée par un groupement de militants. « L’Andra a fait grimper les prix par ici, on s’y est mis à des milliers ! », lâche en riant un militant venu de Basse-Normandie, l’autre contrée du retraitement des déchets nucléaires.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/04/un-campement-contre-la-poubelle-nucleaire_4711270_3244.html

URGENCE BURE
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Publié dans Nucléaire

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