UNE LOI TRAVAIL CONTRE TOUS ! TOUS CONTRE LA LOI TRAVAIL !

Publié le par Résistance verte

Loi Travail, accords UNEDIC ou comment gratter encore un coup des milliards sur notre dos !? Les dispositifs de la Loi El Khomri pourront être appliqué par un simple accord d'entreprise, en cas de refus, ce sera la porte !

En réformant le Code du travail, cette loi viendrait légaliser tout un tas de pratiques patronales auxquelles nous sommes déjà confrontés. Les patrons ne s’embarrassent pas de légalité, ils iront toujours plus loin !

Une nécessité pour le système capitaliste

L’objectif de la nouvelle loi dans ce contexte de crise, est de faciliter les profits et la compétitivité des capitalistes dans la lutte implacable qu’ils se livrent tous azimuts, quel qu’en soit le prix pour les salariés (virés plus facilement, payés une misère avec des horaires de merde!)… Dans ce petit jeu, l’État n'est pas un instrument neutre au service de « l'intérêt général » : il pose le cadre et les règles de notre exploitation dans l'intérêt de la classe capitaliste, actionnaires et patrons. De gauche à droite, les politiques mises en place ne sont que des manières de gérer ce système, d'organiser et contrôler la société dans ce rapport d'exploitation.

Les mesures de régression sociale ne sont pas « une mauvaise politique » qu’il faudrait changer aux prochaines élections… elles sont aujourd’hui une nécessité pour le système capitaliste. Pour en sortir, il ne s'agit donc pas de combattre « une gauche sociale-libérale » (pour qu’en 2017 « une vraie gauche » gagne les élections), mais bien de rompre radicalement avec le système capitaliste et l’État.

Notre nécessité : la lutte collective

Dans les boîtes, les salariés sont exploités, écrasés, précarisés. A Pôle Emploi, à la CAF, c'est toujours plus galère de toucher et garder ses allocations. Aujourd'hui, le rapport de force est en faveur des patrons et ils maintiennent l’offensive… Le Code du travail ne fait que transcrire sur le papier ce rapport de force entre nous, qui sommes obligés de travailler, de nous salarier, d'avoir recours aux aides sociales pour vivre, et eux, qui nous embauchent, nous exploitent, nous virent. Ce rapport de force se joue chaque jour dans les entreprises, mais aussi dans la rue : c'est la lutte des classes ! À nous de l'amplifier, de l'aiguiser. Au delà de la défense du code du travail, il s'agit de mettre un coup d'arrêt à l'exploitation de nos existences et au saccage du monde.

Les journées de grève isolées, espacées dans le temps, même avec des manif's monstres, ne suffiront pas. Les possédants et la classe politique n'écoutent que leur portefeuille. À nous d'appuyer là où ça fait mal !

Avec ou sans-papiers, travailleurs, lycéens, étudiants, chômeurs, retraités..., nous pouvons nous organiser ensemble et choisir nos moyens de lutte. Débrayages, grèves, blocages, sabotages, caisses de solidarité, récupération et mise en commun de bouffe, crèches collectives... sont autant d'outils que nous pouvons construire dans des assemblées de lutte ouvertes à toutes et tous.

C'EST A NOUS DE NOUS ORGANISER !
GRÈVE GÉNÉRALE !
BLOQUONS LEUR ÉCONOMIE !

PASSONS A L'OFFENSIVE !

Collectif Exploités Énervés

LA LOI TRAVAIL C'EST

- Les heures sup' seront moins payées : elles pourront n'être majorées que de 10%.

- On pourra nous faire bosser jusqu’à 48h/semaine (voire 60 h) et 44 heures sur 16 semaines sur simple accord d’ entreprise.

- La journée de travail pourra se prolonger sur 12 heures sur simple accord d’ entreprise.

- Les apprentis pourront travailler jusqu'à 10 heures par jour et 40 heures par semaine.

- Suppression des congés payés prévus en cas de décès d'un proche (parents, sœur, frère, …).

- Ces accords d’ entreprise seront des référendums où les salariés se trouveront forcément à la merci des patrons face au chantage à l’emploi.

- Pour licencier, il suffira aux patrons de se plaindre de difficultés ou même d’un manque de compétitivité. Qu'il y ait une commission pour les surveiller ne changera rien du tout ! Des motifs faciles à fournir par les patrons, ce sera le cas partout et tout le temps.

- Lors d’un licenciement, un barème indicatif des indemnités sera fixé. Même si il est indicatif, les juges auront tendance à le suivre. Mis à la porte, on aura plus grand-chose à grappiller. Et ce sera aussi un frein pour les luttes : lors d’une fermeture d’entreprise par exemple, si les montants d’indemnités sont déterminés à l’ avance, pourquoi se mettre en grève ?

- Une fois au chômage, Pôle emploi pourra saisir directement une partie de l’allocation chômage s'il estime qu'il y a un trop perçu, cela sans discussion. Et ce sera au chômeur de saisir un juge pour récupérer son argent si Pôle emploi se trompe.

Collectif Exploités Énervés <exploitesenerves@riseup.net>

DES RÉPRESSIONS POLICIÈRES INADMISSIBLES

Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille…

Alors que les étudiants, les lycéens, les sans-emploi et toute une jeunesse de plus en en plus précarisée manifestent contre la loi « travail », le gouvernement s’entête dans une mauvaise réforme et semble faire le choix de la force contre les libertés publiques.

Le SNESUP-FSU condamne fermement les interventions policières parfois très violentes qui se sont multipliées sur plusieurs campus cette semaine, et à l’occasion de la journée nationale du 17 mars, soutenue par de nombreuses organisations syndicale. Que ce soit l’arrestation d’un étudiant dans les locaux de l’université Lyon 2, le matraquage de lycéens et d’étudiants sur le campus de l’Université de Strasbourg (5 blessés légers) ou encore les charges très violentes de CRS à Tolbiac (plusieurs blessés) suite à une décision du recteur et du ministère après une demande du président de Paris 1, ces interventions disproportionnées témoignent d’une inquiétante collaboration des directions et des présidences d’université avec les forces de l’ordre et le pouvoir politique. Le comportement provocateur des forces de police lors de la manifestation pacifique du 17 mars à Marseille est tout aussi inadmissible.

Le SNESUP-FSU met en garde le gouvernement contre toute tentative de répression et de stigmatisation du légitime mouvement de protestation de la jeunesse, dans les villes comme dans les universités. Il réitère sa demande que les étudiant-e-s mobilisé-e-s contre le projet de loi “Travail” ne soient en aucune manière sanctionné-e-s dans leurs études, et renouvelle son appel aux directions des universités et à l’ensemble des collègues à prendre toutes les dispositions nécessaires (report des contrôles continus, non relevé des absences, etc.). Il demande à la CPU et aux président-e-s d’université de respecter les franchises universitaires ainsi que la liberté d’expression et d’organisation des étudiants et des personnels, dans le cadre des règlements en vigueur.

SNESUP-FSU, 18 mars 2016

POINT DE VUE SUR LE MOUVEMENT CONTRE LA LOI TRAVAIL

Manifestations sauvages, banques défoncées, barricades dans la rue, commissariats attaqués… ces dernières semaines, ni les énormes dispositifs policiers, avec leurs gaz, leurs matraques et leurs flash-balls, ni les organisations politiques de gauche et les syndicats avec leurs services d’ordre, n’ont pu contrôler la rage et la joie de milliers de révolté-e-s. A Paris comme à Nantes, Rennes, Toulouse et dans bien d’autres villes en France, nous avons enfin goûté quelques instants de liberté. Dans cette époque sombre de guerres, de terreur, de misère économique, de nationalisme et de religion, dans cette époque où on nous voudrait tous en rang ou à genoux, le feu de la révolte ne peut que rallumer dans nos cœurs quelques espoirs de rupture radicale avec l’existant.

La « Loi Travail », énième mesure pour intensifier l’exploitation, énième attaque des patrons et du gouvernement contre les intérêts des travailleurs, est seulement la goutte qui a fait déborder le vase. Dans les discours comme dans les pratiques, la question de cette loi a été largement dépassée par tou-te-s celles et ceux qui refusent de négocier avec le pouvoir la longueur de leurs chaînes. L’éventuel retrait de ce projet de loi ne représentera aucune victoire s’il a comme effet la fin des hostilités, le retour à la normalité.

Parce que s’il y a quelque chose à combattre c’est justement cette « normalité » : la normalité d’un patron qui vit sur ton dos, qui s’enrichit de ta sueur, qui t’humilie ; la normalité d’un monde où la possibilité même d’exister est déterminée par la quantité d’argent qu’on a dans les poches, un monde où des millions d’êtres humains crèvent dans la misère la plus totale ou vivent dans l’esclavage ; la normalité du contrôle et de la discipline de nos vies à travers les écoles, les universités, les horaires, les prisons, les hôpitaux psychiatriques, la bureaucratie, les frontières, les caméras de surveillance… ; la normalité des schémas et des modèles de vie qu’ils nous imposent à travers le spectacle et la télé, la pub et la marchandise...

C’est cette normalité que nous voulons rendre impossible.

Nous ne croyons pas au « grand soir » de la révolution, nous ne croyons pas qu’il faille attendre un jour l’humanité serait prête à vivre dans une société parfaite. Nous vivons ici et aujourd’hui et nous n’avons pas d’autre vie que celle que nous sommes en train de vivre. Il ne s’agit pas d’attendre que les conditions soient propices, proposer des programmes, attendre que la plupart des « travailleurs », des « étudiants » ou des « sans papiers » deviennent révolutionnaires. Rompre avec les schémas de cette normalité signifie aussi rompre avec les schémas de la politique, du consensus, de la gestion démocratique. S’efforcer de rendre compréhensibles nos idées et nos actes ne signifie pas se reléguer à l’impuissance, renoncer à agir, se concerter avec ceux qui veulent « mieux gérer » ce système structurellement fondé sur l’oppression et sur la domination. L’attaque du pouvoir ne sera jamais consensuelle, même pas parmi les exploités et les victimes du pouvoir. Mais c’est justement à partir de l’attaque du pouvoir, de ses idées, ses modèles, ses structures et ses personnes, que nous voulons « rencontrer les gens », peu importe si nous sommes étudiants ou travailleurs, chômeurs ou précaires, avec ou sans papiers. C’est à partir d’un terrain d’hostilité partagée contre la domination, contre toutes les dominations, que nous pourrons peut-être un jour construire quelque chose de différent de manière collective.

Nous ne sommes pas une intelligentsia illuminée qui voudrait conscientiser les masses, nous sommes des individus qui subissons la même oppression et qui avons décidé de traduire notre rage en actes. Si nous diffusons nos idées ce n’est pas pour rechercher un consensus, pour gagner des pions, mais parce que nous espérons que les actes de révolte et d’insoumission se multiplient jusqu’à rendre impossible le fonctionnement normal de la société.
Malheureusement, même la révolte risque de se faire intégrer ou canaliser par le pouvoir.

Ces dernières semaines, on s’est retrouvé-e-s très souvent dans la rue à affronter les flics. On est toujours là où ils nous attendent en force, on joue une partition qu’ils ont déjà écrite pour nous, sur un terrain qui ne nous est pas favorable. On suit des manifestations concertées par les syndicats et la préfecture, dans des quartiers bourgeois où la révolte risque d’être moins contagieuse. On accepte la présence de journalistes, photographes et cameramen de tout poil, puis on regarde les vidéos des émeutes sur internet et on s’en exalte. On finit par parler le même langage que le pouvoir, l’exaltation virile de l’affrontement et la spectacularisation de l’émeute.

Pourquoi ne pas essayer de dépasser de telles limites ?

L’intelligence et l’imprévisibilité peuvent être nos meilleurs outils. Apparaître soudainement pour attaquer là où ils ne nous attendent pas puis disparaître rapidement ; bloquer, paralyser, saboter les veines de l’économie, les structures du contrôle, les lieux de travail. Sortir des schémas classiques de la contestation, ses lieux et ses espaces, voilà ce qui pourrait représenter un saut qualitatif dans nos luttes. L’euphorie du ci-nommé « mouvement social » est destinée à mourir si ce dernier n’arrive pas à sortir des rails de la politique. Mais les connaissances qu’on aura accumulées, les idées qu’on aura diffusées, les liens qu’on aura tissés, seront notre meilleur bagage pour poursuivre les hostilités.

Pendant et au-delà du « mouvement social », nous n’arrêterons jamais de suivre nos passions destructrices, poursuivre nos rêves de liberté, semer le chaos de la révolte dans l’ordre de l’autorité.

[Extrait de Tout peut Basculer, journal anarchiste sur Paris]
https://fr-contrainfo.espiv.net/files/2016/04/Tout-peut-basculer.pdf

UNE LOI TRAVAIL CONTRE TOUS ! TOUS CONTRE LA LOI TRAVAIL !
UNE LOI TRAVAIL CONTRE TOUS ! TOUS CONTRE LA LOI TRAVAIL !
UNE LOI TRAVAIL CONTRE TOUS ! TOUS CONTRE LA LOI TRAVAIL !

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