DES VERS DE TERRE ET DES HOMMES

Publié le par Résistance verte

#verdeterre
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Un livre étonnant publié chez Actes Sud par Marcel B. Bouché, spécialiste mondialement reconnu des Vers de Terre.

Sachez déjà que les Vers de Terre, présents depuis près de 250 millions d’années avant nous, les lombrix ou lombriciens, en creusant des galeries verticales et horizontales (jusqu’à 400 mètres linéaires par mètre carré) malaxent les sous sols remuant environ 270 tonnes de terre par hectare et par an.

Aristote parlait des ”intestins de la terre” et Darwin en 1837 décrivait depuis son jardin la formation de la terre végétale sous l’action digestive des vers de terre. Il dit même qu’on ferait mieux de parler de ”terre animale”.
Leur biomasse est en France 20 fois supérieure à celle des humains.

En troglodytes, ils s’adaptent comme nous aux conditions climatiques et aux saisons. Tous ensemble ils constituent le lombrimix qui correspond aux dépôts de leurs déjections dans et sur le sol autour des galeries qu’ils creusent. Ils migrent de 1 à 2 mètres par mois et en profondeur peuvent descendre à 1,50 mètre à 2 mètres, au maximum à 6 mètres.

Il y a 5 mètres carrés de galerie pour un mètre carré de sol superficiel. Leurs besoins métaboliques sont proportionnels à la température : zéro degré égale zéro besoin. Ils font mieux que labourer et drainer le sol, ils le vitalisent. Ils ingèrent et digèrent des tonnes de matériau à l’hectare.

« Leur principale action physique sur les sols est l’ingestion de matières (sol minéral, litière, humus, micro-organismes..) suivie d’un transit intestinal avec broyage et mélange de ces matières soumises à la digestion, puis déféquées en déjection dans et sur le sol. » Ainsi 221 kilos de sol transitent dans un kilo de vers de terre par an.

Quoique aveugles, ils tiennent compte de la durée du jour, fuyant la lumière, ils régulent comme beaucoup d’animaux et de plantes leur rythme saisonnier d’activité sur la durée du jour.

Paradoxe, ils sont photophobes mais certains émettent de la lumière. Pourquoi cette bioluminescence ? Protection des prédateurs ou signe de reconnaissance pour d’affriolantes rencontres, pense l’auteur. Ils filent en surface 20 à 40 cm en avant, quand ils sont poursuivis par une taupe.

L’Homme, écrit Bouché, ignore souverainement la première masse animale de nos milieux et n’a ni perception sensible ni intelligence des relations entre les humains et les lombriciens … ils subissent les conséquences des actes humains dans les écosystèmes : bouleversements mécaniques du type labour à l’usage des pesticides, non seulement toxiques pour beaucoup d’entre eux, mais créant par effet herbicide un appauvrissement de leur diversité nutritionnelle… Le lombrimix représente près de 1000 Tonnes à l’hectare.

C’est en Guadeloupe que Bouché a trouvé la biomasse lombricienne la plus élevée de France soit 7 tonnes par hectare.
L’ensemble de l’azote ingéré - toutes formes non gazeuses confondues – représente 2300 kilos d’azote par hectare soit près de 10 fois la valeur des apports que font les agriculteurs aux champs.

Ainsi Bouché compare le sol à une gigantesque fromagerie au service des plantes qui travaillent en symphonie avec nos amis les lombriciens, pour mieux nous servir en produits végétaux de qualité.
Les vers de terre sont donc avec les plantes et les micro-organismes, les trois principaux acteurs biologiques des écosystèmes émergés.

DES VERS DE TERRE ET DES HOMMES

Publié dans Environnement, Permaculture

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