INCIDENTS DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES

Publié le par Résistance verte

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CENTRALE DE CRUAS : L’INQUIÉTUDE.

La CRIIRAD a participé, le 4 décembre 2015, à la réunion de la CLI (Commission Locale d’Information) de la centrale de CRUAS (Ardèche). L’élément marquant est la profonde inquiétude provoquée par les exposés présentés par EDF et par l’ASN sur les incidents qui ont concerné la centrale en 2015.

Le 5 septembre 2015, au cours d’un contrôle, un corps étranger (pièce métallique) de 300 grammes a été découvert à la base du faisceau tubulaire d’un des générateurs de vapeur (GV) du réacteur N°3. Chaque réacteur comporte 3 GV (4 pour les réacteurs les plus puissants). Ce sont des équipements gigantesques, d’une vingtaine de mètres de haut, qui contiennent plusieurs milliers de tubes en forme de U dans lesquels circule l’eau contaminée du circuit primaire, à une température d’environ 320 °C et une pression de 155 bars. De l’eau du circuit secondaire (de l’ordre de 1 800 tonnes par heure et par GV) est amenée au contact de ces tubes échangeurs de chaleur où elle se transforme en vapeur dirigée en salle des machines pour faire tourner les turbines et produire l’électricité. La surface d’échange est de l’ordre de 5 000 m2 par GV.
Les GV, comme les autres éléments du circuit primaire (cuve du réacteur, tuyauteries primaires, pressuriseur, etc..) sont insérés dans l’enceinte de confinement, mais pas le circuit secondaire. Un certain taux de fuite est autorisé entre le circuit primaire et le circuit secondaire. Une partie des substances radioactives contenues dans l’eau du circuit primaire, et en particulier le tritium, se retrouve ainsi dans la vapeur envoyée dans le circuit secondaire.

Mais ce taux de fuite doit être surveillé en permanence, car en cas de rupture franche de tubes dans un GV, il pourrait y avoir ouverture des soupapes de protection contre les surpressions situées en dehors de l’enceinte de confinement et relargage massif de substances radioactives (en particulier gaz rares et iodes radioactifs) dans l’environnement. Un tel événement pourrait être à cinétique très rapide. L’ASN note « c’est l’accident de rupture d’un tube de générateur de vapeur qui justifie l’existence d’une zone « PPI réflexe » et les mesures de restriction d’urbanisme associées » (PPI : Plan Particulier d’Intervention). Autrement dit, avec ce type d’accident, les autorités n’auraient pas le temps de lancer une évacuation. Le préfet devrait demander la mise à l’abri immédiate de la population dans un rayon de 2 (voire 3 km) autour de la centrale.

Le fait qu’un corps étranger de 300 grammes ait été oublié dans un GV pendant plusieurs mois est vraiment inquiétant. Dans cette affaire, EDF estime en effet que l’objet était présent depuis le précédent arrêt du réacteur N°3 en 2014 et que les frottements répétés entre ce corps étranger et le faisceau de tubes ont provoqué une usure importante de deux tubes dont un présentait une perte d’épaisseur de 75 % ! Le corps étranger était « une pièce d’un outillage installé dans les générateurs de vapeur lors des arrêts de réacteur pour, justement, y éviter l’introduction de corps étrangers. Le fait que ni les opérateurs, ni l’encadrement n’aient détecté l’absence de cette pièce à la fin du précédent chantier pose question, comme d’ailleurs le fait que les systèmes de surveillance acoustique mis en œuvre pour détecter des vibrations anormales n’aient rien détecté.

Un autre incident mettant en jeu ce que les spécialistes appellent poétiquement des « corps migrants » concerne l’arrêt de tranche du réacteur N°1. Le 17 juillet 2015 au cours d’une intervention de brossage, une centaine de fils métalliques d’un écouvillon sont tombés dans le fond du pressuriseur. L’ASN note que l’intervention de brossage a été réalisée sans préparation adéquate et sans analyse de risque : les ouvertures du pressuriseur n’avaient pas été équipées de protection adaptées. EDF a déployé des moyens très importants pour récupérer ces fils au fond du pressuriseur et des tuyauteries à proximité. En effet, si ces fils avaient été entraînés ultérieurement dans le circuit primaire, ils auraient pu endommager les assemblages de combustible nucléaire. L’ASN note « il n’y a cependant pas de certitude absolue qu’ils aient tous été trouvés ». Le directeur de la centrale nous a expliqué en séance qu’il a fallu 13 jours de travail pour récupérer la centaine de fils. Or 1 jour d’arrêt supplémentaire du réacteur coûte à EDF, 1 Million d’Euros. Cela fait une bévue à 13 millions d’Euros. La tentation de masquer certaines erreurs est donc probablement très forte.

Le 26 septembre 2015, toujours sur le réacteur N°1, une vanne du circuit d’alimentation de secours des GV ne s’ouvre pas lors d’un essai réalisé à mi puissance, ce qui entraine le « repli du réacteur » et une première intervention pour résoudre le problème. Le 29 septembre, les opérations de redémarrage du réacteur reprennent, mais lors de l’essai, la vanne ne s’ouvre toujours pas, d’où un nouveau repli du réacteur. Une deuxième intervention est réalisée du 29 septembre au 2 octobre, mais suite à une erreur, 2 systèmes de sauvegarde sont rendus indisponibles à l’issue de l’intervention. Le 1er octobre, les opérations de démarrage reprennent malgré cette grave anomalie qui est détectée le 2 octobre. Au total, l’arrêt de tranche aura eu une durée presque deux fois supérieure à celle initialement prévue. L’ASN note « un impact visible sur la fatigue des agents ».

Il faut garder à l’esprit en effet que les opérations effectuées au plus près du circuit primaire se font dans un environnement fortement radioactif, à la fois irradiant et contaminant. Les erreurs se paient donc par un surcroît d’exposition des personnels aux radiations.

Et la liste des incidents est longue : détection d’une fissure sur une tuyauterie du circuit d’injection de sécurité, fuites sur des robinets du fait d’un serrage insuffisant de la boulonnerie, chute d’une pièce sur le couvercle et le fond de la cuve (plusieurs impacts à réparer), détection de déchets radioactifs dans une benne de déchets conventionnels, etc… L’ASN note des « pratiques très éloignées des exigences appliquées dans l’industrie nucléaire depuis une trentaine d’années en matière de qualité » et « une maîtrise insuffisante du risque de contamination ».

De plus, à CRUAS, les GV du réacteur N°1 sont en très mauvais état, l’ASN note à leur propos « un taux de bouchage des tubes proche de la limite autorisée », « des taux de fissuration des tubes importants », « un taux de fuite primaire-secondaire lors de l’épreuve hydraulique relativement élevé, etc. ». Ils auraient dû être remplacés lors de l’arrêt de tranche de 2015. Cela n’a pas été fait. Interrogé en séance par la CRIIRAD sur les raisons de ce report, le directeur de la centrale a simplement indiqué que les nouveaux GV n’étaient pas disponibles au moment de l’arrêt.

Un parc nucléaire vieillissant, des agents et des sous-traitants inquiets et sous pression, des industriels en grande difficulté économique, une perte de savoir-faire et de compétence technique de la part des industriels, etc. La situation actuelle du nucléaire en France est terriblement inquiétante.

Lors de ses vœux à la presse, le 20 janvier 2016, le président de l’ASN, monsieur Pierre-Franck Chevet a d’ailleurs précisé « dans le contexte actuel, les enjeux de la sûreté nucléaire et de la radioprotection sont préoccupants ».
On peut vraiment se demander combien de jours avant la catastrophe nucléaire en France ?

Bruno Chareyron, Crii-Rad, février 2016.

LA CENTRALE DE CATTENOM DOIT ÊTRE FERMÉE IMMÉDIATEMENT

Les Verts allemands ont fait publier un rapport de 70 pages démontrant que la centrale de Moselle n'est pas conforme aux normes internationales.

Un bulletin de soixante-dix pages pointe du doigt les normes de sécurité du site nucléaire. « La conception de la centrale nucléaire de Cattenom répond aux exigences des années 1970 », explique Manfred Mertins, l'expert en ingénierie nucléaire qui a rédigé le rapport. « Les normes de sécurité utilisées à cette époque ne correspondent plus à l'état actuel de la technologie et de la science. » À la suite des accusations du spécialiste, le parti écologiste allemand demande à la France une « fermeture immédiate de Cattenom ». Coïncidence, mercredi matin, une plainte avait été déposée contre X par la ville et le canton de Genève en Suisse concernant la centrale nucléaire française du Bugey (Ain), selon France Info.

LE LUXEMBOURG S'ALLIE À L'ALLEMAGNE

Ça chauffe donc pour les centrales françaises qui inquiètent nos voisins. Selon la députée européenne EELV Michèle Rivasi, une action de pays frontaliers de la France était "en cours de discussion" au sujet de la centrale de Cattenom. De fait, par voie de communiqué, l'eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes a pris le parti des Allemands : « La prolongation de l'exploitation de la centrale est irresponsable. Comment se peut-il que la Commission européenne, après Fukushima et sous la direction d'un Luxembourgeois, puisse être plus favorable à l'énergie nucléaire qu'auparavant ? »

Après la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, la centrale exploitée par EDF s'est pourtant modernisée. Des efforts insuffisants aux yeux de Manfred Mertins, qui explique que ces améliorations ont principalement affecté la gestion opérationnelle de la centrale, comme le système d'alarme ou l'introduction de la technologie numérique. Des mesures insuffisantes en regard des nouvelles normes. Concrètement, en cas d'attaque terroriste ou du détournement d'un avion de ligne, le site ne tiendrait pas. Pour l'expert, il est certain que, si Cattenom se trouvait en Allemagne, elle aurait tout simplement été fermée depuis longtemps.

http://www.lepoint.fr/societe/nucleaire-la-centrale-de-cattenom-doit-etre-fermee-immediatement-03-03-2016-2022590_23.php

INCIDENT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

L'Autorité de sûreté nucléaire a publié un communiqué évoquant un problème de résistance de la tuyauterie dans le circuit de refroidissement du réacteur numéro 2.

Si trois des quatre fuites repérées à l'été dans le circuit de refroidissement du réacteur 2 de la centrale du Bugey avaient rapidement été colmatées par des colliers d'étanchéité, la dernière se montre plus capricieuse. Et EDF avait demandé des analyses complémentaires sur cette fuite, avant de finalement décider de réparer la quatrième fuite en janvier 2016. Mais les premiers résultats d'expertise "des tuyauteries déposées ont montré que l’épaisseur résiduelle des tuyauteries ne leur permettait pas résister à un séisme du niveau du séisme majoré de sécurité", écrit l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire).

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Environnement/Incident-de-niveau-1-a-la-centrale-nucleaire-du-Bugey-pres-de-Lyon

RETOUR SUR L'INCIDENT GRAVE DE FESSENHEIM

Un incident survenu le 9 avril 2014 à la doyenne des centrales françaises s'est avéré plus important qu'annoncé, affirment deux médias allemands.
La centrale de Fessenheim « devrait être fermée le plus vite possible » selon Berlin.

"Cet incident survenu il y a deux ans à la centrale nucléaire de Fessenheim (Est de la France), s’est avéré plus important qu’annoncé, l’un des deux réacteurs n’étant « momentanément plus contrôlable », affirment vendredi deux médias allemands.

L’incident, qui a conduit à « une suite d’échecs techniques et de chaos » durant lesquels le réacteur 1 « n’était momentanément plus contrôlable », s’est produit le 9 avril 2014, indiquent sur leurs sites le journal Süddeutsche Zeitung et la chaîne locale WDR. Selon les deux médias, une fuite d’eau dans le secteur du réacteur 1 de la centrale a pénétré dans une armoire contenant des systèmes électriques et a « mis hors circuit » l’un des deux systèmes de sécurité. (...)

L’utilisation de bore est un procédé rarissime, indique à la Süddeutsche Zeitung l’expert nucléaire Manfred Mertins, qui dit n’avoir « connaissance d’aucun réacteur en Europe occidentale qui ait dû être arrêter avec un ajout de bore ». « Le résultat montre que l’arrêt (...) n’était plus possible, à tel point que d’autres moyens devaient être mis en oeuvre », s’alarme cet ancien expert de l’autorité de contrôle de la sécurité du nucléaire civile en Allemagne, aujourd’hui en retraite, qui parle d’un événement « très sérieux (...) pendant environ 3 minutes, la température du réacteur était hors de contrôle », s’alarme Manfred Mertins, estimant que l’équipe a alors piloté le réacteur quasiment à l’aveugle."

http://www.liberation.fr/planete/2016/03/04/la-centrale-de-fessenheim-devrait-etre-fermee-le-plus-vite-possible-selon-berlin_1437420

NOUVELLE AVARIE À LA CENTRALE DE PALUEL
31 mars 2016

Jeudi à 13h, un générateur de vapeur est tombé de toute sa hauteur dans le bâtiment réacteur de Paluel 2, lors d’une opération de maintenance visant à son remplacement. La « pièce de 22 mètres de haut a basculé sur la dalle en béton du bâtiment réacteur », a précisé EDF sur le site internet de la centrale située en Seine-Maritime. « Trois personnes choquées suite à l’événement ont été prises en charge par les équipes médicales de la centrale. L’une d’entre elle fait l’objet d’examens complémentaires », a indiqué EDF.
Le réacteur de Paluel 2 est à l’arrêt pour maintenance depuis mai 2015 -et donc déchargé de son combustible-, dans le cadre de sa troisième visite décennale, qui doit lui permettre une exploitation pendant dix années supplémentaires. Mais Paluel 2 est surtout la première tranche des réacteurs de 1300 mégawatts (MW) à mener cette troisième visite décennale, inaugurant ainsi le programme de « Grand carénage » d’EDF, évalué à 50 milliards d’euros d’ici 2025. « Sur les 106 modifications programmées, 60 seront réalisées pour la première fois sur le parc nucléaire français », indiquait EDF en mai dernier.

Incendie en juillet

« L’événement n’a aucun impact, ni sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement », indique EDF. Mais selon un élu du personnel, le générateur de vapeur qui a basculé pèse 400 tonnes et a, selon de premiers témoignages, fortement endommagé le béton du bâtiment réacteur. L’incident aurait été causé par les engins de levage (pont roulant ou palonnier) du générateur de vapeur, indique-t-il, cette cause n’étant toutefois pas confirmée à ce stade par EDF. L’Autorité de sûreté nucléaire est sur place, selon EDF. De son côté, la CGT a estimé jeudi soir que cet accident aurait « des conséquences lourdes sur la durée de l’arrêt de tranche ». Le syndicat avait d’ailleurs émis des doutes sur « la capacité de l’entreprise en charge du montage des structure de levage à atteindre la qualité d’ouvrage nécessaire à une entreprise travaillant dans le nucléaire »
Cet accident n’est pas le premier sur le site de Paluel. Début juillet, un incendie s’était déclaré dans la salle des machines de Paluel 2, entraînant déjà des dégâts sur la partie non nucléaire de l’installation et provoquant de premiers retards sur le chantier. Ainsi, le remplacement des quatre générateurs de vapeur devait initialement avoir lieu « d’ici la fin de l’année 2015 », indiquait EDF en août dernier. Un portique de manutention avait été construit à cet effet.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021808574496-nucleaire-nouvelle-avarie-pour-edf-a-la-centrale-de-paluel-1210792.php

« Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe »
Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, déplore le manque de prise de conscience des risques.

http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/03/il-faut-imaginer-qu-un-accident-de-type-fukushima-puisse-survenir-en-europe_1437315

Les centrales nucléaires françaises inquiètent les pays frontaliers

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/03/les-centrales-nucleaires-francaises-inquietent-les-pays-frontaliers_4876180_3244.html

Roots Intention Crew (RIC), Mayde.

https://www.youtube.com/watch?v=D1wzGi0Gm5U

INCIDENTS DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES
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